La langue déliée de Philippe Brach

Philippe Brach... (Courtoisie)

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Philippe Brach

Courtoisie

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Il est fou, Brach! Sur disque comme sur scène. Et tout autant en entrevue.

Pas besoin de poser des questions à Philippe Brach, formé en cinéma et rompu au théâtre d'impro: sa langue se délie, s'envole, sa pensée mitraille et digresse au rythme frénétique imposé par son «déficit d'attention». Et ses vérités fusent, toujours franches, parfois incroyablement crues, dans des élans syntaxiques de toute beauté, ponctués de sacres sales.

On a fait le test par téléphone. En donnant à cette «tête folle» autoproclamée carte blanche pour improviser ses propres questions-réponses. En sautant avec lui du coq à l'âne. 

Ou, plus précisément, en sautant des Beatles (qu'il gratouillait à la guitare, bien tranquille sur le toit de son appartement, lorsque la sonnerie du téléphone l'a interrompu) à Louis-Jean Cormier (réalisateur de son dernier disque, Portraits de famine, et collaborateur que le fougueux Brach a délibérément choisi «pas dans la même stalle que moi, pour ne pas engraisser mes faux-plis»)... en passant par:

  • le Japon, dont il est récemment revenu avec l'idée de porter un kimono sur scène et l'envie de débuter son prochain album par un martèlement de tambours kodo
  • le Septième Art: «J'écoute très peu de musique, mon esprit est trop crinqué pour suivre une ligne mélodique. Mais voir des films, ça va: le cinéma stimule tous mes sens en même temps», révèle Brach. Cinéphile boulimique, il soigne les images de ses textes autant que la facture visuelle de ses vidéoclips, qu'il confie à des réalisateurs québécois; le prochain, Alice, sera signé par Chloé Robichaud;
  • sa grande subtilité: «Personne n'a remarqué que les personnages sur la pochette, c'était quatre fois moi, maquillé et déguisé. Même mon père m'a demandé pourquoi j'avais choisi cette photo avec de parfaits inconnus»; 
  • son prochain disque: «Ce sera un album altruiste, que mes fans vont moins aimer. Je suis comme une grosse plaie ouverte; en ce moment, on dirait que tout ce que j'entends, ce qui me nourrit, c'est la guerre. Alors, ça va parler de nature et de guerre. Ça sera pas jojo!»;
  • et le macaroni aux tomates, qu'il préférera toujours à un couvert 5 étoiles. 
On l'a aussi laissé s'épancher sur des sujets que les artistes hésitent à aborder, et sur lesquels il aimerait qu'on l'interroge davantage, à commencer par ses convictions souverainistes. Ou le fait que les substances illégales qui tapissent son oeuvre choquent moins que certains mots, sexuellement explicites, certes, mais légaux, qu'il a pu employer au détour d'un vers.

Oh, le propos était publiable (à 98%). Mais «résumable» en 500 mots...? 

Notre capital de sympathie pour la double «Révélation 2015» (Radio-Canada, puis l'ADISQ) n'a fait qu'augmenter au fil de la conversation. Le public, lui, pourra tester son charisme samedi, quand lui et ses trois musiciens investiront le Centre national des arts, franchissant la rivière des Outaouais pour la première fois.

Pour y aller

Quand? Le 23 avril, 19h30

Où? Centre national des arts

Renseignements: 1-888-991-2787 ou www.ticketmaster.ca

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