L'esprit de famille de Kevin Bazinet

Désormais mieux outillé, Kevin Bazinet n'hésite pas à... (Michel Tremblay, Archives Le Quotidien)

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Désormais mieux outillé, Kevin Bazinet n'hésite pas à jaser sur scène, et assume même son «petit côté gaffeux».

Michel Tremblay, Archives Le Quotidien

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Kevin Bazinet, qui foulera les planches de la Maison de la culture de Gatineau mercredi et jeudi, a enfin l'esprit zen. Les problèmes d'anxiété qui l'ont longtemps grignoté, au point de les coucher sur papier - sur Insecure et Sans limites, notamment - sont «de plus en plus loin».

Grâce au succès de sa toute première tournée, presqu'aussi immédiat que celui rencontré par son premier album, Talk To Me, certifié disque d'or trois mois seulement après sa parution en septembre dernier, et grâce à La Voix, le grand gagnant de l'édition 2015 de l'émission a retrouvé la confiance qui lui a longtemps fait défaut.

Joli début de parcours solo, pour le jeune homme, qui se sait «chanceux de l'appui du public», lui qui commence même à envisager la certification platine de son Talk To Me, malgré «la difficulté de vendre des disques, aujourd'hui, avec la multiplication des applications et des plate-formes» en ligne. 

À 24 ans, le chanteur n'en est pas à ses premiers pas sur scène: il tournait en milieu scolaire avant même d'avoir atteint la majorité. L'influence de deux parents musiciens n'a pas nui: durant son enfance, ils «avaient un band, se promenaient un peu partout et nous emmenaient avec eux. [...] On a toujours chanté en famille».

Le clan est à ce point important, pour le cadet des Bazinet qu'il n'a jamais envisagé cette première tournée autrement qu'en famille.

Son frère aîné, Bobby Bazini, a lui-même connu un parcours pas moins fulgurant, et obtenu un disque d'or dès son premier opus. Mais il n'y a aucune compétition, promet-il: «c'est plus une fierté qu'une compétition, le fait de savoir qu'on peut réussir tous les deux dans ce métier où ce n'est pas facile de se faire une place. On célèbre ça ensemble!» 

Le jeune homme ne se déplace pas sans sa blonde, Alicia Moffett - elle aussi issue de la cuvée 2015 de La Voix - qui a participé à l'élaboration du disque et qui, quand elle ne chante pas Surrendered en duo avec lui, s'occupe des choeurs. Et un lien d'amitié très fort le lie à son directeur de tournée, Dave Ferrara (que Kevin Bazinet a emprunté à son ex-coach Marc Dupré). Une garde rapprochée rassurante, que complètent ses quatre musiciens: Olivier Campeau (batterie) Vincent Gendron (guitares), Gabriel Desjardins (claviers) et Styve Boduc (basse), qui se sont greffés au projet après La Voix.

Party de famille

«Je voulais un party de famille. Le plus important, c'est que les gens puisse sentir la chaleur dans le show, la connexion.» 

C'est pourquoi il aime aussi convier des membres de sa famille sur scène. Père et mère compris. «J'essaie de partager avec mes parents ce qu'ils ont partagé avec moi quand j'étais jeune. [...] On fait en duo des chansons que ma mère me chantait, comme Reviens-moi de Dany Bédar ou Hallelujah, qu'on continue de chanter à Noël, en famille, avec mes deux petits frères», Jessy, entraperçu à LaVoix, et Gabriel, le benjamin. 

«Jessy était très nerveux. Il n'a que 22 ans, et il a longtemps eu des problèmes de dyslexie. Son but [à La Voix], c'était juste de se prouver qu'il était capable de faire l'audition, pas de faire tourner les fauteuils des juges. [...] Et ç'a été très bénéfique car il a reçu beaucoup d'encouragements, après. Mais je te promets qu'on n'a pas entendu 30% de son talent....», soutient Kevin Bazinet. S'il n'a pas encore réussi à convaincre son frangin de le rejoindre sur scène, il n'a pas abdiqué: «Jessy se pratique. Il a failli monter sur scène. Il va finir par le faire...»

Cette angoisse handicapante, Kevin est bien placé pour la comprendre. «Mes émotions m'affectent plus que d'autres et j'ai l'impression que ça va m'accompagner tout au long de ma vie.» 

Au point qu'il a souhaité apporter son anxiété sur scène: «J'en parle ouvertement dans mon spectacle».

Aujourd'hui, toutefois, «je sais mieux la gérer et m'en servir pour mettre de la sensibilité dans ma musique. La sincérité que je transporte dans ma voix quand je chante, c'est, je crois, ce que les gens ont retenu de moi. Et je pense que ça vient du fait que je suis quelqu'un de très sensible, très près de mes émotions.» Son anxiété provient de la même source. «Aujourd'hui, j'essaie de m'en servir positivement. Reste que le côté négatif est de plus en plus loin derrière, et j'en suis très content.» 

«Petit côté gaffeux»

Sa nouvelle «confiance en soi», il ne cache pas la devoir aux Productions Déferlantes et aux Productions J. Au début, «j'ai dû me botter les fesses pour combattre mes peurs: ce sont de tellement grosses machines...» Mais finalement, ce soutien équipe, «me rassurait et ç'a fait en sorte que j'ai pu prendre des risques [artistiques] encore plus grands», estime-t-il à présent.

Désormais mieux outillé, il n'hésite pas à jaser sur scène, et assume même son «petit côté gaffeux, que le public apprécie bien». Mais s'il aime voir les gens rire, il aime encore plus leur tirer des larmes, en s'installant au piano.

Outre ses compositions originales, servies «telles quelles ou en versions acoustiques», il reprendra les succès qui ont bercé sa jeunesse, empruntés à Bob Marley, Michael Jackson, Ray Charles, Elvis ou Jerry Lee Lewis.

Pour y aller

Quand? Les 20 et 21 avril, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ou www.odyssee.ca

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