Renée Martel et Patrick Norman, complices

Renée Martel et Patrick Norman ont choisi de... (Courtoisie)

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Renée Martel et Patrick Norman ont choisi de produire un album ensemble, pour la toute première fois de leur carrière

Courtoisie

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Comme plongée dans une faille spatio-temporelle, la semaine musicale «parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître», tous les regards tendus vers Juliette Greco, 89 ans, qui vient de suspendre sa tournée jusqu'à l'automne après un accident vasculaire cérébral (AVC). La semaine nous a aussi réservé quelques bonnes surprises: quatre icônes disparues de la chanson française, Dalida, Claude François, Sacha Distel et Mike Brant, remonteront sur scène en hologrammes à partir de janvier 2017.

Renée Martel et Patrick Norman sont, eux, bien actifs, et toujours pourfendeurs de la cacochymie dans l'univers de la musique country. Au seuil des 70 ans, ils ont choisi de produire un album ensemble pour la toute première fois de leur carrière. Créé en début d'année, sorti le 15 avril avec la promesse de sillonner le Québec (un arrêt est prévu à la salle Odyssée le 23 novembre), ce disque s'intitule tout bonnement Nous.

En entrevue téléphonique avec LeDroit, ces deux parangons du country québécois suggèrent qu'il n'y avait pas meilleur titre pour exprimer la complicité qui les unit depuis des décennies. À tour de rôle, ils brasseront en entrevue un florilège de souvenirs communs couvrant une bonne moitié du 20e siècle. 

«En 1974, Patrick chantait dans un restaurant, je l'ai découvert à ce moment-là», partage Renée Martel qui, depuis, est devenue une amie proche du chanteur. «J'ai toujours été la première personne qu'elle appelait pour annoncer les bonnes comme les mauvaises nouvelles», confirme Patrick Norman. Qui furent nombreuses et sans pitié... 

Une première question - «Si vous deviez vous présenter à un jeune qui ne vous connaît pas?» - et déjà un silence éloquent donne une vague idée de la réponse. «J'ai eu une vie remplie de toutes sortes de choses et d'émotions, rétorque pudiquement Renée Martel. Mais je sais que la scène, je m'y sens bien, je suis faite pour ça!».  

Même sa biographe Danielle Laurin convenait que la réalité dépassait la fiction à la sortie des mémoires de la chanteuse, en 2014. L'écriture Du besoin de comprendre a dû composer entre alcoolémie, tentatives de suicide, viol, suicide du conjoint et cancer du foie de son sujet. On a beau avoir la peau dure, vient un âge où l'irrévocabilité de la destinée est de plus en plus difficile à encaisser. Contre vents et marées, Renée Martel conserve précieusement son meilleur antidote: «les histoires d'amitié qui durent».

Pas étonnant, donc, que ce disque résulte de son initiative.

«Renée a été malade pendant plusieurs années, rappelle Patrick Norman. Elle espérait pouvoir chanter avec moi quand elle irait mieux mais je ne croyais pas qu'on en ferait un album. Ces chansons nous ressemblent tellement!»

Il ne s'agira pas de reprendre leurs classiques, dit-il, mais de préférer des compositions originales commandées à quelques illustres plumes de la country québécoise: Bourbon Gautier, Robert Laurin (l'auteur de Quand on est en amour) et Nelson Minville. Renée Martel signe également une adaptation francophone de Juste un instant composée par Albert Babin, disparu quelques semaines avant la sortie de l'album.  

Il a beau chanter «la peur de vieillir nous affole un peu» sur le titre Tant de tendresse, Patrick Norman entretient une tout autre philosophie: «Je n'ai plus peur, je suis déjà rendu vieux, badine-t-il. De toute façon, on ne vieillit pas en musique, c'est intemporel et énergisant». 

Et quand on lui demande combien de disques il compte à son actif, il rétorque, songeur: «31?» avant de se tourner vers Renée Martel, qu'il ne manque pas de taquiner affectueusement. Et de nous transmettre la réponse de sa complice: «42 ou 43». Battu! 

Saura-ton le fin mot de leur histoire? Le secret de leur longévité? «Jamais amants, toujours amis!» désamorce Patrick Norman. On se disait bien...

Critique de l'album «Nous», de Renée Martel et Patrick Norman **1/2

Classés officieusement au patrimoine québécois de la musique country, Patrick Norman et Renée Martel s'encanaillent gentiment sur ce premier album en duo intitulé sans chichi Nous.

L'un et l'autre, qui ont presque le même âge - un peu moins de 70 ans - tracent leur route sans se presser, le tempo de ces 11 chansons ne risquant pas la surchauffe. Il conviendrait d'écouter l'album en se balançant doucement dans une chaise berçante, une tisane à la main.

Scindé en deux grands thèmes éternels sur des airs country à la bonne franquette, le parcours musical conjugue amour et amitié au présent et au passé. D'un côté, Amis pour la vie, de l'autre l'amour, «ce phare immense qui nous guidera, qui nous sauvera» (On est là). Et voilà les deux coeurs greffés hardiment dans Amis d'amour!

Renée Martel et Patrick Norman ne craignent pas la boulimie de bons sentiments. On n'est plus sérieux quand on n'a plus 17 ans...

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