Ottawa est country

Le chanteur country Garth Brooks a pris possession... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Le chanteur country Garth Brooks a pris possession du Centre Canadian Tire pour trois jours.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CRITIQUE / Vous savez l'expression «faire communion»? Vendredi, Garth Brooks et ses 17 000 admirateurs en étaient l'incarnation même au Centre Canadian Tire.

Depuis le début de sa tournée en septembre 2014, le chanteur country fait salle comble partout sur son passage. Et pour cause. Celui qui ne cesse de fracasser des records, celui qui est adulé partout dans le monde, respire l'authenticité, l'humilité. Comme cet ami que l'on voudrait tous avoir.

Déjà 18h, une heure avant le spectacle, l'amphithéâtre était déjà presque plein.

Dans la catégorie «anecdote savoureuse»: faire la rencontre au parterre d'un jeune couple venu de Trois-Rivières pour voir son idole de toujours. Alors que Sophie et François étaient assis tout en haut, avec les pigeons, un membre de l'équipe de tournée est venu leur offrir des billets dans la deuxième rangée en avant, là où l'on peut voir si les bottes de Garth Brooks sont bien cirées. À 10 semaines de donner naissance à un héritier, la mère, resplendissante, n'en finissait plus de trembler de joie.

Et soudain, les lumières s'éteignent. Hurlements. À en faire sauter les tympans. Littéralement. Sur l'écran géant, le décompte. 45 secondes, 44, 43... Le décor se déploie. Une orbite géante apparaît. Les lumières s'allument. On peut voir son ombre. Ça crie, ça s'époumone, ça jubile. Jusqu'à ce qu'il arrive là, en chair et en os.

À ce stade-ci, les spectateurs ne se sont plus jamais rassis sur leur siège. Les bras grands ouverts, comme pour prendre toute la mesure de cette grosse boule d'amour que lui envoie la foule, Garth Brooks a entamé Man Against The Machine.

Sur scène, des musiciens chevronnés, ses fidèles complices depuis plus de 20 ans. Guitares, violons, claviers, choristes et un batteur qui lui, a pris place dans cette orbite gigantesque qui pendant toute la soirée a brillé de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Avec eux, un cameraman qui capte chacun de leurs mouvements et, surtout, nous montre un Garth Brooks en pleine forme, occupant la scène avec l'énergie du désespoir.

«Bonsoir Ottawa!» s'écrie-t-il, les rugissements de ses admirateurs faisant trembler les murs du Centre Canadian Tire. «Vous savez, quand je vais voir mes artistes préférés en concert, je veux entendre leurs classiques. Et c'est ce que je vais vous offrir ce soir. Et moi, je veux vous entendre chanter encore plus fort que moi.»

Message reçu.

Partout où l'on posait son regard, des milliers et milliers de lèvres l'ont accompagné pendant deux heures et demi, sans arrêt. Les classiques parmi les classiques, il les a livrés avec passion. The River, Two Pina Colada, Papa Love Mama, Ain't Going Down, Unanswered Prayers se sont succédés,

«Les musiciens, on écrit des chansons country, des chansons d'amour, des chansons rock. Elles nous accompagnent tout au long de notre vie. On les aime comme nos enfants. Vous aussi vous avez grandi avec elles. Pour tous ceux qui ont fait des kilomètres pour venir ici, j'espère que celle-là, vous serez contents de l'entendre», a-t-il lancé avant d'entamer The Thunder Rolls.

Moment fort du spectacle, l'arrivée sur scène de Trisha Yearwood pour chanter avec lui In Another's Eyes, leur voix s'unissant pour laisser s'exprimer leur amour et leur complicité palpable.  

«Wow! Vous chantez votre vie, vous êtes extraordinaires», s'est-elle exclamée, après avoir interprété American Girl. «Quel plaisir de revenir ici à Ottawa, après 20 ans d'absence.»

Celle qui fut à ses débuts la choriste de Garth Brooks a enchaîné avec How Do I Live Without You, les amoureux s'enlaçant, dansant tendrement sur les paroles de cette chanson écrite pour le film Con Air (1997). Ont suivi Prize Fighter, un hommage aux femmes atteintes du cancer du sein, puis Broken, son tour de chant se terminant avec She's in Love With The Boy, les couples se volant ici et là un baiser, des images sur écran qui ont ravi la foule complètement survoltée.

Pour un dernier tour de piste, Garth Brooks nous a livré Shameless, Callin Baton Rouge, et bien sûr, If Tomorrow Never Comes. La fin approchant, des larmes ont coulé. De joie. De tristesse. Mais surtout, de bonheur.

Un bonheur immense d'avoir été en symbiose parfaite, toutes générations confondues, avec un artiste grande classe.

L'effet Garth Brooks, un phénomène sans âge

Garth Brooks a rencontré la presse, vendredi, quelques... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

Agrandir

Garth Brooks a rencontré la presse, vendredi, quelques heures avant le premier de ses quatre spectacles en trois jours à Ottawa.

Etienne Ranger, LeDroit

«Plusieurs de mes chansons sont plus vieilles que 48% des personnes qui assistent à mon spectacle depuis le début de la tournée. C'est aussi flatteur que totalement incroyable!» a clamé haut et fort le chanteur Garth Brooks, pendant une conférence de presse qui s'est tenue, vendredi, quelques heures avant le premier de ses quatre spectacles en trois jours au Centre Canadian Tire d'Ottawa.

Se pointant devant la quinzaine de journalistes, animateurs de radio, caméramans et photographes présents (dont certains l'ont d'ailleurs applaudi à son arrivée, du rarement vu), le principal intéressé est apparu décontracté, arborant un pull à capuchon, des bottes de construction et une casquette. Et mâchant sa gomme «comme un adolescent qui n'a pas de manière. J'ai complètement oublié de la jeter avant d'entrer», a-t-il fait valoir d'un ton désolé, cherchant une manière élégante de s'en débarrasser et soulevant les rires dans la salle de presse.

Pour l'occasion, Garth Brooks était accompagné de sa conjointe, l'interprète country Trisha Yearwood, qui foule les planches avec lui depuis le début de sa tournée mondiale. Une tournée qui attire les foules partout où ils passent et a déjà franchi le cap des deux millions de billets vendus, depuis le coup d'envoi donné à Chicago le 4 septembre 2014.

«On devait y donner un spectacle. On s'est retrouvé à y en faire 11. C'était complètement dingue et on a dû revoir toute notre planification pour la suite», a-t-il mentionné. 

L'exercice était rendu d'autant plus nécessaire que les supplémentaires s'accumulent partout où il passe, comme c'est le cas à Ottawa.

L'Américain s'est dit «privilégié» que ses fans d'hier soient toujours au rendez-vous et qu'il aient «visiblement bien élevé» leur progéniture, a-t-il ajouté en riant.

«Quand j'ai arrêté de tourner et d'enregistrer, il y a 15 ans, j'ai dit aux gens que je serais de retour un jour. Je n'avais toutefois pas prévu que leurs enfants auraient 20 ans quand je reprendrais la route! Encore moins qu'ils sauraient les paroles de mes chansons par coeur!»

Accompagné par sa conjointe Trisha Yearwood, Garth Brooks... (Étienne Ranger, LeDroit) - image 4.0

Agrandir

Accompagné par sa conjointe Trisha Yearwood, Garth Brooks s'est dit «privilégié» que ses fans d'hier soient toujours au rendez-vous.

Étienne Ranger, LeDroit

Il y a un peu moins de deux ans, Garth Brooks mettait fin à son silence sur disque, en lançant un neuvième album studio, Man Against Machine, certifié platine pour le million d'exemplaires vendus aux États-Unis depuis sa sortie. Parallèlement, il entreprenait une tournée mondiale en compagnie de Trisha Yearwood.

L'amour de la musique...

«Tu me demandes comment ma relation avec la musique a évolué avec le temps? Au début, je chantais et grattais la guitare pour séduire les filles, ce qui n'est pas très original, j'en conviens, même si ç'a l'avantage d'être la vérité. Après, la musique m'a menée vers cette femme, si bien qu'aujourd'hui, je fais de la musique pour la garder, elle», a-t-il répondu dans un large sourire à la journaliste du Droit en pointant sa conjointe à quelques pas.

«Ce n'est donc plus un outil, mais quelque chose qui fait partie intrinsèque de moi, qui me définit», a-t-il renchéri, lors d'un court tête-à-tête (deux minutes, top chrono), coordonné comme sur un tapis rouge.

Dernier d'une famille de six («ma mère a eu son premier enfant à 17 ans»), Garth Brooks a donc grandi en écoutant Aretha Franklin, Janis Joplin, les Eagles, Billy Joel. Il a passé son enfance et une partie de son adolescence à «absorber» toute cette musique.

«Mais le premier artiste que j'ai découvert par moi-même, c'est George Strait. Je venais de découvrir le country. Ç'a changé ma vie.»

... et des droits d'auteur

Au cours des 30 minutes de la séance de questions-réponses à laquelle le couple s'est prêté avec générosité et humour, Garth Brooks n'a pas hésité à faire valoir un point de vue très critique sur les moyens de diffusion de la musique et du respect des droits d'auteur.

«Tant que je serai détenteur de mes bandes originales, personne, pas même iTunes qui est d'abord là pour faire vendre des téléphones intelligents, ne viendra me dire comment et combien je suis supposé vendre ma musique», a décrété fermement le quinquagénaire, qui a contourné le problème en créant sa propre plateforme numérique, GhostTunes, il y a moins de deux ans.

«Quand nous avons tous les deux commencé dans le métier, partir en tournée était 'la' façon pour un artiste de vraiment gagner sa vie à faire de la musique, a enchaîné Trisha Yearwood. Aujourd'hui, tout a changé: avec ce qu'ils réclament, les gérants et maisons de disques obligent les jeunes qui débutent à exiger des prix exorbitants pour leurs billets pour faire un peu d'argent...»

D'ici à dimanche soir, ce sont plus de 60 000 spectateurs qui assisteront à l'une ou l'autre des quatre prestations prévues à l'horaire de Garth Brooks et Trisha Yearwood dans la capitale.

La vedette country n'était pas revenue dans la région depuis ses prestations des 2 et 3 septembre 1996.

À cette époque, le Centre Canadian Tire s'appelait le Palladium et près de 40 000 personnes s'étaient alors déplacées pour le voir.

- Valérie Lessard, LeDroit

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer