L'effet Garth Brooks n'a pas d'âge

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Garth Brooks a rencontré la presse, vendredi, quelques heures avant le premier de ses quatre spectacles en trois jours à Ottawa.

Etienne Ranger, LeDroit

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«Plusieurs de mes chansons sont plus vieilles que 48% des personnes qui assistent à mon spectacle depuis le début de la tournée. C'est aussi flatteur que totalement incroyable!» a clamé haut et fort le chanteur Garth Brooks, pendant une conférence de presse qui s'est tenue, vendredi, quelques heures avant le premier de ses quatre spectacles en trois jours au Centre Canadian Tire d'Ottawa.

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Accompagné par sa conjointe Trisha Yearwood, Garth Brooks s'est dit «privilégié» que ses fans d'hier soient toujours au rendez-vous.

Étienne Ranger, LeDroit

Se pointant devant la quinzaine de journalistes, animateurs de radio, caméramans et photographes présents (dont certains l'ont d'ailleurs applaudi à son arrivée, du rarement vu), le principal intéressé est apparu décontracté, arborant un pull à capuchon, des bottes de construction et une casquette. Et mâchant sa gomme «comme un adolescent qui n'a pas de manière. J'ai complètement oublié de la jeter avant d'entrer», a-t-il fait valoir d'un ton désolé, cherchant une manière élégante de s'en débarrasser et soulevant les rires dans la salle de presse.

Pour l'occasion, Garth Brooks était accompagné de sa conjointe, l'interprète country Trisha Yearwood, qui foule les planches avec lui depuis le début de sa tournée mondiale. Une tournée qui attire les foules partout où ils passent et a déjà franchi le cap des deux millions de billets vendus, depuis le coup d'envoi donné à Chicago le 4 septembre 2014.

«On devait y donner un spectacle. On s'est retrouvé à y en faire 11. C'était complètement dingue et on a dû revoir toute notre planification pour la suite», a-t-il mentionné. 

L'exercice était rendu d'autant plus nécessaire que les supplémentaires s'accumulent partout où il passe, comme c'est le cas à Ottawa.

L'Américain s'est dit «privilégié» que ses fans d'hier soient toujours au rendez-vous et qu'il aient «visiblement bien élevé» leur progéniture, a-t-il ajouté en riant.

«Quand j'ai arrêté de tourner et d'enregistrer, il y a 15 ans, j'ai dit aux gens que je serais de retour un jour. Je n'avais toutefois pas prévu que leurs enfants auraient 20 ans quand je reprendrais la route! Encore moins qu'ils sauraient les paroles de mes chansons par coeur!»

Il y a un peu moins de deux ans, Garth Brooks mettait fin à son silence sur disque, en lançant un neuvième album studio, Man Against Machine, certifié platine pour le million d'exemplaires vendus aux États-Unis depuis sa sortie. Parallèlement, il entreprenait une tournée mondiale en compagnie de Trisha Yearwood.

L'amour de la musique...

«Tu me demandes comment ma relation avec la musique a évolué avec le temps? Au début, je chantais et grattais la guitare pour séduire les filles, ce qui n'est pas très original, j'en conviens, même si ç'a l'avantage d'être la vérité. Après, la musique m'a menée vers cette femme, si bien qu'aujourd'hui, je fais de la musique pour la garder, elle», a-t-il répondu dans un large sourire à la journaliste du Droit en pointant sa conjointe à quelques pas.

«Ce n'est donc plus un outil, mais quelque chose qui fait partie intrinsèque de moi, qui me définit», a-t-il renchéri, lors d'un court tête-à-tête (deux minutes, top chrono), coordonné comme sur un tapis rouge.

Dernier d'une famille de six («ma mère a eu son premier enfant à 17 ans»), Garth Brooks a donc grandi en écoutant Aretha Franklin, Janis Joplin, les Eagles, Billy Joel. Il a passé son enfance et une partie de son adolescence à «absorber» toute cette musique.

«Mais le premier artiste que j'ai découvert par moi-même, c'est George Strait. Je venais de découvrir le country. Ç'a changé ma vie.»

... et des droits d'auteur

Au cours des 30 minutes de la séance de questions-réponses à laquelle le couple s'est prêté avec générosité et humour, Garth Brooks n'a pas hésité à faire valoir un point de vue très critique sur les moyens de diffusion de la musique et du respect des droits d'auteur.

«Tant que je serai détenteur de mes bandes originales, personne, pas même iTunes qui est d'abord là pour faire vendre des téléphones intelligents, ne viendra me dire comment et combien je suis supposé vendre ma musique», a décrété fermement le quinquagénaire, qui a contourné le problème en créant sa propre plateforme numérique, GhostTunes, il y a moins de deux ans.

«Quand nous avons tous les deux commencé dans le métier, partir en tournée était 'la' façon pour un artiste de vraiment gagner sa vie à faire de la musique, a enchaîné Trisha Yearwood. Aujourd'hui, tout a changé: avec ce qu'ils réclament, les gérants et maisons de disques obligent les jeunes qui débutent à exiger des prix exorbitants pour leurs billets pour faire un peu d'argent...»

D'ici à dimanche soir, ce sont plus de 60 000 spectateurs qui assisteront à l'une ou l'autre des quatre prestations prévues à l'horaire de Garth Brooks et Trisha Yearwood dans la capitale.

La vedette country n'était pas revenue dans la région depuis ses prestations des 2 et 3 septembre 1996. À cette époque, le Centre Canadian Tire s'appelait le Palladium et près de 40 000 personnes s'étaient alors déplacées pour le voir.

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