Les leçons de Pandaléon

Pandaléon a littéralement pris possession du Studio, où il... (Martin Roy, LeDroit)

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Pandaléon a littéralement pris possession du Studio, où il s'était installé dans les jours précédant la première de son nouveau spectacle, samedi soir.

Martin Roy, LeDroit

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CRITIQUE / Les trois auteurs, compositeurs et interprètes de Pandaléon ont bien fait leurs devoirs.

Après être retournés entre les murs de leur école primaire de Saint-Bernardin pour créer leur album Atone, les Franco-Ontariens ont profité au maximum de la récente «résidence» offerte par le Centre national des arts dans le cadre de CNA présente pour en transposer le complexe et foisonnant univers sonore sur scène. Le trio a littéralement pris possession du Studio, où il s'était installé dans les jours précédant l'avant-première de son nouveau spectacle, samedi soir. Et en a fait un lieu d'expérimentations pour le moins concluantes, à partir principalement, pour ne pas dire seulement, d'Atone, justement.

La musique de la formation décolle dans des sphères riches et saturées; vibre fort, prenant d'assaut les oreilles, puis les corps des spectateurs. Les éclairages, particulièrement soignés et réfléchis (au point qu'ils ont conçu un effet vitrail sur Fibre de mère pour rappeler leurs bricolages scolaires, par exemple), participent au découpage des «espaces» d'expression des trois artistes. Les quelques projections en noir et blanc, pour la plupart abstraites, ajoutent également à l'expérience.

Les trois gars ont beau ne pas bouger sur scène (si ce n'est le guitariste Marc-André Labelle), ils l'habitent totalement, tantôt créant de très habiles fondus enchaînés entre deux pièces, tantôt marquant une pause entre les différentes tableaux.

Fred Levac aux commandes  

Dans la salle parfois plongée dans le noir, les boutons rouges et jaunes des claviers et consoles de Frédéric Levac donnent une impression de salle de contrôle de vaisseau spatial. Il ne fait d'ailleurs nul doute que c'est lui qui est aux commandes du groupe.

D'abord, parce qu'il est le seul à s'adresser à la foule (dans de rares interventions qui, bien que naturelles, gagneront à être étoffées) et qu'il chante. À ce chapitre, sa voix s'avère notablement plus audible que sur disque sur une majorité de titres, permettant de mieux apprécier la poésie allumée des textes - reléguée au second plan sur les albums, regrette-t-on, et ce, même si on peut comprendre que, pour Pandaléon, les ambiances musicales priment.

Ensuite, et surtout, parce que Fred Levac joue de ses machines et micros (et de leurs multiples fonctions) pour bidouiller des boucles vocales et électros, en triturer les sons et sonorités pour, du coup, savamment texturer les atmosphères planantes développées par la formation est-ontarienne.

Ce qui n'enlève absolument rien à la présence de ses complices Marc-André Labelle (intense, voire presque en transe par moments, mais toujours en contrôle de ses guitares suintantes de notes distorsionnées et amplifiées à l'envi) et Jean-Philippe Levac, solide derrière sa batterie. D'ailleurs, quand son frère et le guitariste entrent dans leur bulle, cheveux en ombres chinoises rythmant leurs «jams», c'est le batteur qui maintient le cap et le contact visuel, tête haute et air concentré derrière son instrument.

La symbiose entre les trois amis devient presque palpable, quand ils partent de la sorte en orbite, entraînant le public avec eux.

Cela dit, demeure un bémol, à cette soirée autrement grandement appréciée: le trio semble avoir peaufiné un 75 minutes de musique sans entracte plus destiné aux festivals (Pandaléon participera entre autres au prochain Bluesfest, à Ottawa, et au Festival d'été de Québec, au cours de la période estivale) qu'aux salles intérieures. Avec pour résultat que la durée de la prestation de samedi soir, trop courte aux yeux de certains, en a laissé plus d'un sur sa faim.

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