Roxanne à c(h)oeur ouvert

Il y a 10 ans, Roxanne Potvin décrochait une nomination pour le Juno de l'album... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Il y a 10 ans, Roxanne Potvin décrochait une nomination pour le Juno de l'album blues, dès sa toute première offrande, The Way It Feels. L'auteure-compositrice-interprète confirme aujourd'hui avec sa quatrième galette en carrière, For Dreaming, son virage pop teintée de folk, de c(h)oeur et d'influences intemporelles allant des Beatles à Beck, en passant par les Beach Boys et Bahamas.

Roxanne Potvin se prête au jeu de l'entrevue d'une voix aussi lumineuse et sereine que les mélodies de For Dreaming.

«J'ai passé tous les jours de l'été dernier à écrire, à mon réveil. C'est quand même une chance incroyable, de pouvoir faire ça... J'étais très inspirée, bien dans ma tête et dans mon coeur. C'est peut-être ça qui transparaît à travers mes nouvelles pièces», se réjouit l'artiste de 33 ans.

«Je me rends compte que la musique que je préfère écouter, celle à laquelle je reviens tout le temps, c'est la musique qui me fait du bien. Et plus ça va, plus c'est le genre de musique que j'aspire à créer moi aussi...»

L'écriture avant tout

Elle travaille fort pour y parvenir, participant à des ateliers et formations, parcourant des ouvrages sur les mécanismes dramatiques, etc. 

«Ce qui m'a toujours tenu le plus à coeur, ç'a toujours été d'écrire de meilleures chansons. Je n'ai pas nécessairement développé mes qualités de chanteuse avec le temps, parce que là n'est pas l'essentiel pour moi. Tous mes apprentissages sont dans le but d'améliorer mon écriture, parce que je pourrais arrêter de faire des spectacles demain, mais jamais je ne cesserai d'écrire!»

Ainsi, elle chante les ruptures libératrices (I Thought I'd Miss You), le besoin de toujours aller de l'avant (The March) ou encore la personne aimée qu'on épie parfois pendant son sommeil (In Your Sleep).

«Je souhaitais que la personne qui écoute l'album ressente ce que je raconte, comme si, dans le cas d'In Your Sleep, elle se retrouvait elle aussi couchée dans un lit à regarder celui ou celle qui est étendu(e) à ses côtés. En fait, je voulais inscrire chaque chanson dans un moment précis, dans une conversation avec soi-même à laquelle tout le monde peut s'identifier.»

Ses mots, elle les a ensuite déposés dans des écrins feutrés, fondamentalement intimistes. Ça s'ensoleille ou prend des airs de carrousel (la très belle chanson titre) autant que ça froisse les draps ou que ça s'ouvre sur l'horizon (Prairie Sunrise).

Musicalement, Roxanne Potvin ne cache pas avoir toujours été attirée par les arrangements simples et efficaces des Beatles. «Ils demeurent ma référence première!» clame celle dont la chambre d'adolescente ressemblait «à un véritable musée» en hommage aux Fab Four.

Et quand son approche «vieille école» se mâtine de touches de synthétiseurs, c'est parce que son côté «fan finie de Beck embarque», mentionne-t-elle en rigolant.

À cette base Beatles-Beck, elle a additionné les influences de deux autres «B»: les Beach Boys et Bahamas. Les premiers (qu'elle s'est mise à écouter en boucle en octobre dernier, à la suite d'un voyage dans l'Ouest) lui ont inspiré les choeurs de plusieurs titres. Le disque Bahamas is Afie du second «a déclenché [s]on désir de faire un album très intimiste».

«Il y a aussi Kurt Vile et son Smoke Ring For My Halo pour les atmosphères planantes», cite l'auteure-compositrice-interprète, qui a puisé à toutes ces sources pour ciseler les mélodies de For Dreaming.

À deux mains dans la production

La musicienne ne considère pas son plus récent effort comme un aboutissement en tant que tel, même s'il marque une première pour elle: Roxanne Potvin a «été en charge du disque, du début à la fin».

«C'est peut-être là que réside le plus gros changement par rapport à mes précédents albums. J'ai eu les deux mains dans celui-ci de l'écriture au financement, des maquettes aux ultimes séances de mixage. Il n'y a pas une note sur ce disque que je n'ai pas choisie», souligne fièrement celle qui est retournée sur les bancs d'école pour devenir ingénieure de son au cours des dernières années.

Elle a toutefois pu compter sur la collaboration d'Antoine Gratton pour certains arrangements, incluant les partitions de cor, basson et clarinette basse qu'on peut entre autres entendre sur Figuring It Out et Ni toi non plus (seul titre en français du lot).

«J'étais en plein dans mon trip Beach Boys et j'avais envie de tout ça, justement, sans avoir osé encore aller jusque-là dans mes arrangements!»

Roxanne Potvin viendra présenter For Dreaming au Black Sheep Inn, à Wakefield, entourée de trois musiciens (ses éternels complices Christine Bougie, Benjamin Rolloo et Mark McIntyre) et des choristes Joanna Mohammed et Marla Walters.

 «Je ne peux pas y échapper, puisque j'ai des choeurs sur plusieurs chansons!» lance gaiement la chanteuse, qui a «bien hâte» de renouer avec le public de la région qui l'a vu naître comme artiste.

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