Le guitariste et son orchestre

Steve Hill déménagera son «orchestre» au Centre des... (Courtoisie)

Agrandir

Steve Hill déménagera son «orchestre» au Centre des arts Shenkman.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le bluesman Steve Hill débarque au Centre des arts Shenkman vendredi soir, pour défendre sa série Solo Recordings, dont le volume 3 vient de paraître. Le guitariste sera donc seul, mais fera du bruit comme quatre, car Hill manie la guitare et les percussions en même temps qu'il chante ou souffle dans son harmonica... et ne sort de nouvel album «solo» que lorsqu'il est convaincu d'avoir suffisamment perfectionné son art

Les trophées qu'il récolte (quatre Maple Blues et un prix Memphis en 2014, pour le Solo Recordings volume 1; trois Maple et un Juno pour le volume 2) sont un bon indice du sérieux qu'il met à l'exercice. 

La série - qui représente le tiers des neuf albums studio qu'il a enregistrés en 25 ans - a complètement relancé sa carrière.

L'histoire commence par une addiction. Hill «collectionne» de façon compulsive les guitares et les amplis. En 2011: «un vieil ami que j'appelle mon pusher de guitares a voulu me vendre une Gibson ES 225, qui était parfaite pour le blues et que j'adorais.»

Le musicien n'ayant pas assez d'argent pour se payer sa 'dose', l'ami le convainc de faire un spectacle solo à Drummondville en échange de la Gibson. «La réaction du public a été super bonne et j'ai eu énormément de plaisir à me retrouver seul sur scène, ce que je n'avais pas fait depuis l'âge de 18, 20 ans.»

Trois semaines plus tard, Hill sort Whiplash Love, Cet «excellent album, sur lequel j'avais travaillé très fort», s'avère un échec commercial cuisant. Hill prend ses distances de sa maison de disque et, contraint par une «situation financière pas confortable», entame une odyssée solo sur les petites scènes «amies» à travers la province. «Je n'avais pas de gros cachets, mais au moins je pouvais survivre...» 

Il enregistre dans son studio un petit album, Alone, Hungry and Mean, qu'il étoffera et commercialisera l'année suivante sous le nom de Solo Recordings. Titre auquel il greffe Volume 1, au cas où lui viendrait l'envie de poursuivre l'exercice «dix ou quinze ans plus tard». 

Et c'est ainsi que l'artiste «retrouve le succès, après plusieurs années de vaches maigres». 

«Je n'aurais jamais pu penser que ça allait marcher autant. [...] En 2015, j'ai fait pour la première fois plus de shows hors-Québec qu'au Québec.»

Hill est perfectionniste. «Au début, c'était assez rudimentaire, je faisais juste taper du pied sur le plancher.»

À mesure que l'aisance se fait sentir, il se complique la tâche. Il se glisse une pédale de hi hat (double cymbale) sous le pied. Ajoute une caisse claire et une grosse caisse. S'accroche un harmonica au cou. Modifie ses guitares «pour avoir un son de basse en même temps». Et patente un système lui permettant d'accrocher une baguette au bout du manche de sa guitare.

«Le volume 3 est une coche au dessus de ce je faisais avant.» Son jeu s'est énormément affiné, en particulier à la guitare acoustique, mais aussi à la batterie et au ruine-babines, affirme l'homme-orchestre.

Il constate aussi une progression vocale. «J'ai arrêté de fumer il y a plus d'un an: ç'a vraiment fait du bien à ma voix. Elle est un peu plus claire. [...] Et j'ai regagné des notes dans les aigus», comme l'illustre la chanson Dangerous, explique celui qui consommait «un à deux paquets par jour».

Ce volume 3 a été enregistré en cinq jours, pour lui insuffler une énergie live. «Mais c'est beaucoup de préparation.» Un an de studio, à «croire que j'enregistrais, alors que j'étais seulement en pré-production», à peaufiner les textes et les arrangements. «Pour certaines chansons, j'avais 15 heures d'enregistrement...»

Malgré l'étiquette qu'on persiste à coller au musicien, «ce n'est vraiment pas un album de blues traditionnel», rappelle Steve Hill, qui s'est toujours plu à mêler les inspirations rock et country autant que blues.

Pour y aller:

Quand: Le 11 mars, 20 h

Où: Centre des arts Shenkman

Renseignements: 613-590-2700; shenkman.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer