L'humour mutin et l'air latin de Janie

La chanteuse Janie lance son nouvel album.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La chanteuse Janie lance son nouvel album.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La chanteuse jazz Janie a lancé mercredi son nouveau disque, L'Eden est un bazar, à La Nouvelle Scène.

Un disque autoproduit mais réalisé par Denis Normandeau, couronné de multiple prix, et joué par des musiciens d'imposant calibre, dont l'Ottavien Mark Ferguson, qui signe les arrangements des cuivres.

Après avoir «magouillé Jean de la Fontaine» en adaptant ses «Fables de A à Jazz», en 2015, la Franco-Ontarienne continue de s'amuser à «brasser le statu quo», en s'attaquant cette fois au mythe biblique. «J'ai voulu montrer à quel point toute la notion de Paradis, c'est de la foutaise, parce que, même si on l'avait, on n'en voudrait pas», s'esclaffe Janie - Janie Renée Myner de son nom complet. «Et puis je maintiens que si Ève et Adam ont croqué la pomme, c'est parce que la secrétaire de Dieu était en vacances. Si Dieu est bon et gentil... quel mal y a-t-il à croquer dans un fruit?» 

Bref, elle n'a rien perdu de l'esprit pince-sans-rire empaqueté dans ses Valises, nom de son précédent album, paru en 2012, qui lui a ouvert les portes du monde. La chanteuse de Vankleek Hill est désormais globe-trotteuse, passant le plus clair de son temps à tourner en Europe et en Martinique, où elle a trouvé un public attentif à son jazz métissé de musique du monde.

Ses textes s'inscrivent, eux, dans une tradition plus 'chanson française'. Loin des lounges feutrés, ses chansons grattent la veine comique, laquelle culmine dans Les mémés Versace. «Je m'amuse beaucoup avec les sémantiques. J'aime détourner les mots», reconnaît cette - gentille - «petite cynique» auto-proclamée. Son humour a séduit de 70 radios internationales - en France, en Belgique, en Suisse, au Maroc, au Chili et dans les Caraïbes - fait-elle valoir. 

C'est toutefois moins l'humour que le «mélange de jazz et de francophonie» qui fait que ses chansons sont moins perméables au Canada, où le jazz est systématiquement associé à l'anglais, se désole-t-elle. «J'aimerais tourner plus, ici, mais ce n'est pas dans la culture...» 

«Il est temps que ça change!» rit-elle, et ses yeux se mettent à pétiller en évoquant Claude Nougaro et Henri Salvador, ses maîtres. 

«Mais j'ai espoir» poursuit-elle en évoquant la poignée de grandes voix anglophones qui se sont mises à jazzer dans l'autre solitude, ces dernières années: Jill Barber, Stacey Kent, Emilie-Claire Barlow. 

«Je suis donc à la bonne place. Et je suis le real deal!» ironise Janie.

Mais elle reconnaît du même souffle que jazzer en français, «ça tient du défi en partant. À cause des syncopes de la langue. L'accent tonique des mots fait en sorte que c'est plus facile en anglais.» 

Mais, trop «amoureuse des longs mots et de beaux mots», elle refuse de céder à la facilité. 

Du moins quand elle écrit pour elle-même. Car Janie prête aussi sa plume à d'autres - aux Chiclettes et à France Maisonneuve, entre autres - et le fait parfois en anglais.

Latin et polyrythmique

Si le coeur de son travail reste franco, l'enrobage évolue librement, et son jazz hybride a progressivement évolué, depuis Les Valises, à mesure que Janie s'est mise à maîtriser certains secrets du jazz latin. «Ah! Si j'avais pu naître brésilienne!» soupire cette inconditionnelle de bossa.

De passage dans un grand salon de musique Caribéenne, le Carimex Martinique, en 2014, Janie fait chavirer la foule. On la reprogramme aussitôt sur la grande scène, puis on la nomme ambassadrice officielle du Carimex. 

Elle retournera plus tard sur l'île, cette fois pour se former sérieusement à la polyrythmie, sous la tutelle de deux maîtres percussionnistes.

L'Eden est un bazar demeure à ses yeux «un album de voyages, même si cette fois, je voyage dans ma tête», visitant au gré de ses humeurs le Paris des goguettes, l'Espagne de Don Quichotte ou l'Amérique du Sud ou celle des Big Bands.

En avril, Janie ira «tâter le terrain» en Allemagne, où l'on est «friand de jazz chanté dans un autre langue». 

Elle promet toutefois d'être de retour par chez nous cet été, pour les festivals.

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