Susie Arioli, l'extase jazz

«Ces images de chanteuses en longue robe face... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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«Ces images de chanteuses en longue robe face au piano, ça me fait chier!» tonne Susie Arioli, s'excusant presque aussitôt.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est un autoportrait à la chevelure fougueuse que Susie Arioli donne à la pochette de son dernier album.

Spring est aussi le titre de son nouveau spectacle, un octuor swinguant sur les planches: la chanteuse jazz s'est entourée d'un «mini Big Band» pour la dorloter, dit-elle. La salle Odyssée est l'une de leurs premières dates de tournée, le 3 mars. 

Sa voix est depuis toujours son principal instrument, capable de donner des ailes à une partition. D'album en album, elle a engrangé chansons légères et sujets plus nostalgiques, comme autant de messages personnels contre la morosité. Elle s'est longtemps laissé accompagner par la guitare de Jordan Officer. Son huitième et dernier album sorti en 2015 marque une rupture de ton dans sa discographie. Place aux cuivres! À l'énergie collective! Et même au piano, que Susie Arioli a longtemps boudé, trop cliché pour une chanteuse jazz, juge-t-elle.

«Ces images de chanteuses en longue robe face au piano, ça me fait chier!» tonne Susie Arioli, s'excusant presque aussitôt. «Disons que ça me fait de la peine, je suis tellement écoeurée que les chanteuses de jazz doivent jouer aux séductrices.» 

Épanouie

Et parce que cet album riche de 12 morceaux en contient quatre qu'elle signe elle-même, Susie Arioli confie «pousser ses paramètres» plus avant, qu'il s'agisse d'assurer elle-même les illustrations du disque, de se produire sur scène avec des musiciens qu'elle ne connaissait pas ou de rayer certaines chansons de son répertoire, «des tounes que je chantais depuis 20 ans. Je les remplace par d'autres en attendant de les réinterpréter dans quelques années avec plus de joie.»

Franc-parler sans demi ton, français charmant régulièrement ponctué de «you know», Susie Arioli a le don d'une femme épanouie qui sait doser ses effets sans trop en faire. 

Si «improvisation», «swing» et «liberté» sont des termes qui ont défini le jazz, l'artiste a surtout gardé le second. «Je n'ai aucun mépris pour la répétition et je ne cherche pas la nouveauté à tout prix», assure celle que l'on surnommait, à une époque, Mademoiselle Swing de Montréal.

Elle continue d'ailleurs d'apposer sa touche personnelle sur plusieurs standards du jazz et de s'entourer de talents: sur Spring, elle renoue avec le célèbre producteur John Snyder - récipiendaire d'un Grammy pour son travail avec Etta James - et réunit des jazzmen chevronnés. Autour du leader Don Thompson, responsable des arrangements, la section rythmique comprend Terry Clarke, Neil Swainson et Reg Schwager, et leurs acolytes aux vents: Phil Dwyer, Andy Ballantyne, Shirantha Beddage, Kevin Turcotte et Kelsley Grant. 

Du jazz d'hiver à haute teneur printanière.

Pour y aller

Quand? Le 3 mars, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ou salleodyssee.ca

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