Robin Haché, l'Acadie sans son folklore

Joey Robin Haché a fait ses premiers pas... (Courtoisie, Annie France Noël)

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Joey Robin Haché a fait ses premiers pas sur scène au sein de différentes formations punks.

Courtoisie, Annie France Noël

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La récente vague venue d'Acadie qui arrose de sa fraîcheur la scène musicale francophone canadienne n'a pas fini d'éclabousser.

Dans le sillon de Lisa LeBlanc, Radio Radio, Marie-Jo Thério, Joseph Edgar, les Hay Babies et les Hôtesses d'Hilaire, Joey Robin Haché, jouissant d'une enviable réputation, pourrait bien devenir le nouvel Acadien à se tailler une place privilégiée dans le paysage québécois.

Pas insensible au charme du jeune homme (27 ans) originaire de Nigadoo, petit village collé sur la Baie des Chaleurs, le Centre national des arts a invité l'auteur-compositeur-interprète à la Quatrième Salle, samedi.

Il s'agira d'«une première mondiale», souligne Joey Robin Haché, qui ne s'était jamais produit dans la région d'Ottawa-Gatineau. Et une double, puisqu'il vient tester la formule duo, lui qui évoluait jusqu'ici au sein d'un quatuor. 

Haché a fait ses premiers pas sur scène au sein de différentes formations punks. 

Quelques années plus tard, en 2012, à l'issue de quatre années d'études universitaires en arts plastiques, il se rend compte que peindre l'intéresse moins que composer. Et délaisse ses toiles «trop lettes» pour se consacrer à ses autres talents: la poésie, la guitare et l'harmonica.

«J'ai deux bons musiciens avec moi, on aime le sol trash, on aime sacrer et on aime boire.» Il rebaptise ses gars Les Tavarnaks, et se lance dans une «lignée folk-trash» inspirée de Lisa LeBlanc, qui commence à avoir le vent dans les voiles. 

«Lisa LeBlanc et son banjo déglingué ont permis un genre de "rupture musicale" en Acadie, partage Haché. Les artistes acadiens ont subitement réalisé qu'ils pouvaient faire voyager le Nouveau-Brunswick autrement qu'en véhiculant son folklore et ses clichés, à coups d'archets et de rigodons, ou en rajoutant des couplets aux complaintes sur la Déportation.» 

Ainsi, «pendant deux ans, j'ai suivi cette lignée folk-trash, qui correspondait bien à mes aspirations punk de jeunesse».  Cette période de «chansons malpropres» s'est concrétisée par «deux minialbums et un ep» auto-produits mais très bien reçus. 

«La poussière est retombée» vers 2014. Le musicien se sent enfin suffisamment «mature» pour faire ce qu'il avait «toujours voulu: revenir à quelque chose de plus contemplatif, de plus posé, un folk-rock plus ambiant». C'est donc Haché le fan de Sigur Rós et de musique planante qui signe Repaver l'âme, disque marquant ses véritables débuts professionnels - signés par l'étiquette acadienne Le Grenier.

S'il revendique les influences de David Marin, Louis-Jean Cormier, Francis Faubert et Richard Desjardins - ou celle de Dédé Fortin à l'époque où Haché «vociférait» davantage - l'Acadien se déclare avant tout de «l'école de la poésie».

Haché, grand amateur de Gerald Leblanc et de Gaston Miron, cisèle ses mots et ses images. Pas de chiac dans ses tournures. Son coin de pays, au nord de la province, n'y a jamais été exposé, dit-il simplement.

Samedi, le duo promet de contraster les vagues mollo par des vibrations plus rock. Haché en profitera pour tester de nouvelles chansons, en prévision de son deuxième disque, qu'il prévoit de faire paraître à l'automne.

Pour y aller

Quand? Samedi 20 février, 19h30

Où? Centre national des arts

Renseignements: 1-888-991-2787 ou Ticketmaster.ca

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