La renaissance d'Eko

François Larivière, Geneviève Morasse et Jérémy Flynn lançaient... (Martin Lalande, collaboration spéciale)

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François Larivière, Geneviève Morasse et Jérémy Flynn lançaient mardi soir Maintenir le cap, le petit dernier du groupe. Un événement qui entraînera Eko dans sa deuxième vie.

Martin Lalande, collaboration spéciale

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Après 10 ans d'existence et pas mal d'expérience scénique en Outaouais - mais aussi dans la foulée d'une crise créative qui a failli faire avorter l'aventure -, la formation gatinoise Eko a finalement lancé mardi soir son tout premier album au cabaret La Basoche. Ou du moins, le premier qui compte.

Un spectacle donné à guichets fermés, preuve que la fanbase d'Eko était encore là, fidèle et patiente.

Le passage à vide qu'a connu Eko - anciennement Eko! - lui a coûté plus que son point d'exclamation: le quatuor vient de perdre un joueur. Dans la foulée de l'enregistrement de ce disque rock-folk baptisé Maintenir le cap, Eko a dû se défaire d'un des quatre membres fondateurs, le bassiste Xavier Lalande Devine, précise le percussionniste Jérémy Flynn.

Fondé en 2006 «juste pour le plaisir, et sans réelles attentes» par quatre jeunes de 13 à 15 ans qui voulaient saisir l'opportunité de monter sur scène lors du Gala hommage de la Ville de Gatineau, Eko! s'est longtemps cantonné aux reprises. Le quatuor redéployait son énergie sur les succès des Cowboys fringants et de Mes Aïeux, leurs chouchous, et ceux d'un répertoire francophone trempé dans le folklore, afin de profiter au maximum du coup d'archet de Geneviève Morasse.

Jouissant d'un succès régional instantané, le groupe (complété par François Larivière aux guitares) gravit rapidement les échelons - concours de la relève 2007, Gatineau prend la scène 2010, Festival de montgolfières en 2010 et Festival de l'Outaouais Émergent en 2012. La popularité d'Eko! première époque lui permet de se passer longtemps de compositions originales, la bande préférant peaufiner les harmonies vocales, servies à quatre voix, qui font sa réputation, se souvient Jérémy Flynn. «On a fait deux fois la première partie des Cowboys: on vivait vraiment un rêve.»

«Après cinq ans, on a commencé à travailler sur des compositions, parce qu'on voulait avoir notre propre identité, pour pouvoir passer à l'étape suivante» et notamment s'inscrire à des concours. La démarche débouchera d'ailleurs sur le véritable premier minialbum d'Eko - cinq chansons qui ont dû se contenter d'une sortie numérique sur MySpace, et que Jérémy Flynn préfère ne pas inclure dans la discographie du groupe.

«C'était bien le fun au début, mais on n'a jamais cessé de tourner, et c'était difficile de se renouveler. Puis, en 2011, on a frappé un mur.» Ou plutôt une vitrine: celle des Francouvertes. «On a pratiquement eu que des commentaires négatifs» de la part des juges qui avaient écouté leur disque, dévoile le batteur. «On s'est fait ramasser. Et on avait pas l'habitude de ça, ici...»

Sur scène aussi, l'euphorie a fait place à une pointe d'amertume: on continue de les inviter, mais pour leurs reprises, pas pour entendre leur matériel. «On roulait avec le même spectacle depuis cinq ans, et on était écoeurés.»

Eko périclite doucement jusqu'en 2014. Durant cette «période creuse», Flynn partage la scène avec Alain Barbeau ou Joanie Michaud.

«nouvelle identité»

Paradoxalement, c'est lorsque Geneviève Morasse et François Larivière quittent pour aller étudier à Montréal que les quatre musiciens vont retrouver le plaisir de jouer ensemble, en se retrouvant une fois par semaine pour jammer ou créer, sans la sempiternelle pression d'un show imminent. Larivière, leur principal auteur-compositeur, «a retrouvé le feu», et ces sessions hebdomadaires réveillent leurs ambitions initiales. Sauf que «cette fois, on veut faire un album, pas un simple recueil de chansons». Une approche conceptuelle a dicté l'élaboration du disque.

Le bassiste - et fondateur - d'Eko! a récemment lâché ses chums, faute de temps à consacrer à la deuxième vie du groupe. Il a toutefois participé à l'enregistrement de Maintenir le cap, dont le nom résonne comme un mantra pour les trois membres rescapés.

Eko continue de s'appuyer sur des harmonies vocales sophistiquées, mais affirme une «nouvelle identité» sonore.

Libéré de toute contrainte trad', le groupe revendique désormais une approche plus rock-folk, ou pop-folk, greffant des ambiances intimistes sur les «textes très personnels de François», bien souvent écrits de nuit.

«On a conservé notre signature et notre synergie [mais] il y a zéro guitare électrique, et juste un peu de distorsion pour le violon; c'est d'essence très acoustique», note Jérémy Flynn, autre «oiseau de nuit» qui a écrit deux morceaux.

Le trio était accompagné mardi de Vincent Compagna à la basse et à la contrebasse et par le pianiste de l'album, Nathan Van Heuverzwin, que la violoniste a rencontré dans le cadre de ses études en jazz à Montréal.

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