Fred Pellerin étrenne ses chansons à Gatineau

Fred Pellerin et son complice Jeannot Bournival ont... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Fred Pellerin et son complice Jeannot Bournival ont joué devant une salle pleine à Gatineau, mardi soir.

Etienne Ranger, LeDroit

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On était ravi de pouvoir - enfin - partir à la rencontre de Fred-Pellerin-le-chanteur, mardi, à la Maison de la culture de Gatineau. Une première. Certes, on a déjà eu la chance de voir et revoir le conteur sur les planches, mais le chanteur, lui, n'avait jusque là jamais osé partir en tournée.

Il aura fallu qu'il réussisse à vendre 400 000 albums pour que Pellerin, voix porteuse de pénombres et de silences, gribouilleur de «chansons qui se chuchotent», dit-il, se convainque de venir partager sa voix d'antiquaille jusque dans nos villages.

En commençant, par Gatineau, maudite bourgade chanceuse!

Cette toute première tournée, on était nombreux à l'attendre. D'ailleurs, les deux arrêts à la salle Odyssée, mardi et mercredi soir, sont annoncés à guichets fermés depuis des lustres. Nombreux à avoir été ensorcelés par les trois disques à son nom (les deux plus récents sont certifiés platine; le premier a été adoubé double platine) ou celui qu'il a signé en duo avec son frère Nicolas (certification or). Et, autant plaider coupable, nous-mêmes étions très partial, derrière notre masque de critique, nous qui bavions en réalité d'allégresse avant même les premiers accords de guitare.

Ou de piano, plutôt. Car c'est Jeannot Bournival, autre orfèvre caxtonien, grand complice de studio et réalisateur attitré de Pellerin, qui a entamé la soirée, présentant quelques-unes des pièces instrumentales qui composent Page 36, son album tout nouveau tout chaud. Bournival, qui est aussi directeur musical de cette tournée, passe sans coup férir d'un instrument à l'autre (piano, banjo, clarinette, flûtes, vibraphone, poubelle métallique percussive, etc.). Et bien que Pellerin parle d'humble «petite tournette», la scène, jonchée d'instruments, est une petite caverne d'Ali Baba.

«Bienvenue à St-Élie de chanson!» a lancé Pellerin à l'issue d'un monologue d'introduction conté-chantouillé. Impossible d'enlever le raconteux qui sommeille en lui: jamais avare d'anecdotes, Pellerin, ponctuera tout son spectacle de traits d'humour et de poésie.

Répertoire varié

La soirée a logiquement commencé par Plus tard qu'on pense, chanson repiquée à René Richard Cyr, qui donne son nom à la tournée. Mais Pellerin a rapidement puisé dans ses disques précédents pour poser le décor (C'est un monde) et les fondations (Au commencement du monde) de son spectacle.

Les musiciens - Alexis Dumais (piano et violon) et Daniel Lacoste (guitares) complètent le quatuor - économisent leurs mouvements, pour mieux laisser bruisser l'émotion. Le moindre demi-silence, la moindre inflexion de voix ou note en points de suspension, devient un voyage. Des éclairages tamisés et quelques effets de chandelle habillent sobrement, et adéquatement, les ambiances claires obscures du répertoire.

Clopin-clopant, le temps d'une promenade équestre, Pellerin nous a amené Là-bas. Habilement présenté par la voix off de Manu Trudel, a «débarqué» Roland le jalousé, dans un bain d'harmonica.

Pellerin, qui emprunte essentiellement les mots et mélodies des autres, a malicieusement commis quelques «vols qualifiés», notamment chez Tom Waits (J'espère de pas tomber en amour avec toi), David Portelance, Gérald Joly et Éloi Painchaud/Jorane (L'hymne de La guerre des tuques 3D).

Rendu au clin d'oeil à Gilles Vigneault - Le grand cerf-volant, dans une envolée magnifique de puissance et de fragilité - le public, déjà conquis, était carrément médusé.

Trop concentrée ou trop émue, comme suspendue à chacune des respirations de Pellerin, la foule n'a pas saisi mardi soir l'invitation à reprendre en choeur le refrain de cette vieille «Mère-chanson» «née dans la misère», et dont on dit qu'elle est «la première chanson à répondre», a-t-il imaginé. Cette complainte - dont il est l'auteur - reste immense, même dans la version «vivante» d'hier, aux bercements plus rythmés. Elle s'est fait pardonner en applaudissant de plus en plus chaleureusement chaque nouvelle ritournelle

Après une séquence musicale plus comique (Bang! Bang!; Le musée du jamais vu), la bande a conclu dans la tendresse (Il faut que tu saches,) ce «déviergement heureux». Mais comme on ne voulait pas le laisser partir, il a profité du rappel pour interpréter Silence et Mille après mille, parfaitement servies par son grain de voix poussiéreux.

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