Florent Vollant et le rêve d'être ensemble

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C'est accompagné d'André Lachance que Florent Vollant montera sur la scène du CNA samedi.

Courtoisie

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On a peu souvent la chance de voir Florent Vollant en personne dans la région d'Ottawa-Gatineau. «Je vais où la musique m'amène», mais «pas assez dans ce coin-là», convient le chanteur innu, qui ne cesse pourtant de tourner. «J'aime voyager. Je marche et je vais à la rencontre des gens; j'adore ces rencontres.»

Depuis la sortie de son dernier album, Puamuna, Florent Vollant a arpenté la Côte-Nord, sa terre d'adoption, arpenté le Nord québécois (Schefferville et la baie James) et fait le tour de la Gaspésie, autant de territoires lui rappelant «les grandes immensités» qu'il aime tant. Mais il vient «trop peu souvent en Outaouais», reconnaît-il, avant de creuser ses souvenirs pour établir que son dernier passage remonte à Bal de neige, par une soirée venteuse, «il y a trop longtemps». C'était en 2008.

Le Centre national des arts (CNA), toujours ouvert au multiculturalisme canadien, a eu la bonne idée de mettre fin à ce silence en invitant le grand ambassadeur de la musique innue à se produire samedi 30 janvier. La prestation s'inscrit dans le cadre d'une série d'initiatives du CNA nourrissant le thème de la réconciliation avec les premiers peuples.

Aucune coïncidence ici, puisque l'échange fraternel sont au coeur de la démarche, tout à la fois artistique et spirituelle, de Florent Vollant, qui cherche la relation avec le public, voire la communion. Lorsqu'il monte sur scène, ce n'est jamais machinalement: le geste relève au contraire du «rituel» pour lui.

C'est à la Quatrième Salle, accompagné du guitariste André Lachance, ami fidèle ayant qui l'avait suivi sur la tournée de Katak et qui avait collaboré à l'album Eku Mamu, que Florent Vollant viendra offrir «quelque chose de très intime» en interprétant ses chansons.

Et ses rêves. Car Puamuna signifie «rêves» en innu.

«Je proviens d'une culture pour qui la musique est spirituelle, pas juste un divertissement. Chez nous, la musique traditionnelle est toujours inspirée d'un rêve», aime-t-il rappeler. Pour les Innus, «chanter c'est prier. Tu apprends ça très jeune et tu grandis dans cet esprit-là.»

Le rêve étant «la volonté de l'Esprit», le rêveur visité par une musique «a le devoir de la communiquer». Ainsi est né Puamuna. «Je ne fais pas nécessairement du chant traditionnel, mais je m'inspire de la méthode, souligne-t-il. Je reste à l'écoute.» Pour mieux retransmettre une musique à cheval entre le sacré et profane.

Chanter, «c'est prier et raconter», poursuit Florent Vollant. C'est pourquoi, en spectacle, il prend soin de raconter les siens. Il introduit, traduit (le disque ne contient qu'une seule chanson en français, Tout est lié, que lui a offerte Richard Séguin) ou contextualise ses chansons. Pas tant pour expliquer que pour «guider». Vers quoi? «Quelque chose à partager.»

«Je raconte le Labrador, ma terre natale. Je raconte les déplacements, le nomade.» Il témoigne de ce que peut être la vie en société dans cette «immensité où quand il fait beau, il fait -40 °C». Il évoque les «amis». Ceux venus de loin pour partager sa culture. Ou ceux, musiciens, envers qui il ressent gratitude et loyauté. «J'ai eu la chance de pouvoir travailler avec de très bons guitaristes, très inspirants.» N'ayant jamais étudié la musique, il a «appris sur la route», et de ces «professeurs».

«Je raconte mes rêves, aussi.» Ces derniers temps, un rêve récurrent hante ses nuits: «Je lévite... et je pars. Je m'envole, mais ce n'est pas moi qui mène; je ne décide ni de la direction ni de la vitesse; c'est plutôt comme un dérapage contrôlé. Je flye, mais je n'ai pas peur - alors qu'avant, j'avais des vertiges. C'est hallucinant! Et je ne veux pas me réveiller...»

Pas plus que les aînés qu'il a interrogés, le chanteur ne sait pas comment interpréter ce rêve. Mais son voyage onirique lui semble «chamanique». Un bref silence, puis il ajoute: «et je m'appelle Vollant».

L'ex-voix de Kashtin est un «grand rêveur». «Même éveillé. Probablement plus encore, éveillé», pouffe-t-il. «Je rêve d'un immense makusham [l'équivalent innu du pow-wow] qui ferait le tour de la terre. Une grande célébration, où tout le monde est invité à partager, à communier avec le chant et le rythme.»

Sa musique ne s'adresse pas juste aux oreilles, mais à tout le corps. «Mon intention, c'est faire danser. Je suis là pour proposer. Et tenir le rythme.» Et il espère chaque soir que le concert «se transforme en petit makusham».

Pour y aller

Où? Centre national des arts

Quand? Samedi 30 janvier, 19h30

Renseignements: nac-cna.ca; TicketMaster.ca; 1-888-991-2787

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