Gregory Charles, héros musical

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Gregory Charles a charmé ses fans, jeudi soir, au Théâtre du Casino. L'homme orchestre en a encore mis plein les oreilles aux spectateurs.

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Vintage, le plus récent spectacle interactif signé Gregory Charles et sa bande de fous furieux mélomanes, est tout simplement mystifiant.

Impressionnante, cette capacité d'improvisation tous azimuts. Car Vintage est un véritable «show dont vous êtes le héros», les spectateurs étant invités à faire savoir quelles chansons ils désirent entendre, en pitonnant sur leurs téléphones intelligents.

Et la mémoire que nécessite cet exercice sans filet est tout aussi extraordinaire.

L'homme-orchestre a déboulé sur scène sur la rythmique soul-funk d'un Everything's Gonna Be Alright énergique, avant de prévenir l'assistance: «Le programme, c'est vous qui le faites. Si c'est platte, ça va essentiellement être de votre faute!»

Il s'est excusé par avance de ses gesticulations à venir - seul moyen pour le directeur musical qu'il est de prévenir ses six musiciens des mouvements qu'il imposera aux morceaux.

Dire qu'ils sont sur le qui-vive pendant deux heures est un euphémisme. On s'attend presque à ce que de la fumée leur sorte par les oreilles, tellement ça va vite. Et pourtant, ils resteront parfaitement flegmatiques.

Le public du Théâtre du Casino du Lac-Leamy (où la bande s'est installée pour trois soirs) en a eu pour son sac à souhait, jeudi, face à ces sept pères Noël. On est passé du coq à l'âne, zigzaguant entre l'anglais et le français. Voire l'italien, le temps d'interpréter Nessun Dorma. Oui, celui de l'opéra Turandot. L'ovation debout était méritée. Quelle aisance! Et quel coffre!

L'orchestre fait un grand voyage à travers le temps (schizophrénique, pas chronologique), toutes époques musicales confondues.

La soirée a commencé sans préambule avec Beds Are Burning de Midnight Oil et Vertigo de U2... Gregory Charles s'est trémoussé sur Rollin' On The River qui déferlait comme un torrent.

Un peu plus tard, on (le public ne se gêne pas pour chanter; après tout, c'est «sa» toune...) a dansé à Naziland, on a frappé (des mains) avec Pag, hurlé qu'on était né pour être wild, ricané avec Jean Leloup (1990), sautillé sur Lollipop de Mika, pleuré avec Elton John, dans un moment de tendresse pianistique.

En quelques minutes, la salle était réchauffée. Une auditrice propose It's a Man's World. «Tu ferais ma soirée», ajoute-t-elle. Le hamster de Gregory Charles court dans sa tête pour trouver la tonalité. trois secondes plus tard, les premières notes fusent. Et c'est parti pour deux minutes de bonheur JamesBrownien.

Certains spectateurs s'emparent de la tribune pour partager leur admiration. Profitent de l'accès privilégié au chanteur pour blaguer, rebondir sur ce qu'il a dit plus tôt, ou lui demander de souhaiter «Bonne fête!» à un proche. Il obtempère à chaque fois.

On a aussi rigolé avec Le Frigidaire de Tex Lecor, «gigolé» avec David Lee Roth, déprimé avec Creep de Radiohead et transpiré sur Bohemian Rhapsody. Et rien, jamais, ne fait sourciller les musiciens. «Je veux de la flûte», commande Gregory Charles en plein milieu de California Dreaming. Son saxophoniste, Richard Beaudet, s'exécute au quart de tour.

Le chef d'orchestre ajoute parfois des contraintes. Découvrant à l'écran qu'on lui demande Hotel California des Eagles ainsi que la chanson thème des Débrouillards, il tente par exemple de lier les deux.

Gregory Charles blague beaucoup, en profite parfois pour partager une anecdote sur la chanson demandé. «La chanson a été écrite en 1958 dans les toilettes [...] en deux minutes», indique-t-il, au sujet d'Only You des Platters.

Et tout ça, juste en première partie!

Pour y aller

Où? Théâtre du Casino du Lac Leamy

Quand? Vendredi et samedi, 20h

Renseignements: 1-888-978-6471 ou www.reservatech.net

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