Branchés sur l'esprit des Fêtes

Trois sons, trois manières de se mettre au diapason de l'esprit des Fêtes. (123RF/bowie15)

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Le Droit

Trois sons, trois manières de se mettre au diapason de l'esprit des Fêtes.

André Varin, l'amoureux de Noël

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André Varin

Patrick Woodbury, LeDroit

Dès que tombent les premiers flocons, André Varin retrouve une énergie juvénile: rien ne le met autant en joie que Noël. 

Comme «un vrai gamin», le guitariste buck­inghamois plonge sans réserve dans cet esprit des Fêtes, qui le ramène aux partys de famille de sa jeunesse, quand les notes de musique virevoltaient autour de lui, tandis que son père, son grand-père et ses oncles, tous musiciens, rivalisaient d'adresse à travers de frénétiques mélodies folk.

La nostalgie le pousse à ressortir très tôt ses volumineuses boîtes de décoration, et à se ruer sur son sapin. Voire ses «deux sapins: l'un qui reste dedans, l'autre pour dehors», car il se livre désormais à d'amicales compétitions de déco avec sa blonde et complice de scène, la violoniste Marie-Claude Gagnon, «aussi dingue de Noël» que lui. «Je suis super-quétaine: j'adore les couleurs, les grelots et quand ça brille. La maison est méconnaissable.» 

Avec Mme Gagnon, il a fondé FolkoFolie. Nom sous lequel le duo a lancé non pas un mais deux disques, jeudi, en l'église Notre-Dame de l'Île. Ils étaient entourés de six autres musiciens, puisés parmi de vieux complices de scène ou de studio. 

Le premier disque, un éponyme, se consacre au répertoire folklorique traditionnel. Le second, Vivement Noël, plonge goulûment dans ce répertoire. En s'y limitant. Plus question de mélanger les genres, contrairement à Le Coeur aux Fêtes volumes 1 et 2, deux albums du Temps des Fêtes qu'André Varin a signés lorsqu'il était la voix de Châkidor. C'était, commercialement, une erreur stratégique que de mêler les chansons à répondre et les airs cajuns au répertoire de Noël, estime-t-il a posteriori. Intitulé Fêtes en folie, leur spectacle réunissait toutefois le contenu des deux disques.

Parenthèse pour afficionados: André Varin a mis l'an dernier un terme au duo qu'il a formé pendant quinze ans avec la violoniste Valérie Pichon. «Notre 'châ' est mort, définitivement», clarifie le musicien sur une note d'amertume - mais heureux d'avoir pu se reposer un peu, car Châkidor était constamment en tournée autour du globe. 

La pause aura toutefois été de courte durée, puisque le duo s'apprête à visiter l'Ontario dans les prochaines semaines (avec Vivement Noël), puis l'Alberta en février-mars (pour mousser l'autre disque). Et il a déjà reçu une proposition pour se produire en France en décembre 2016.

Avec sa nouvelle partenaire, il poursuit son exploration d'une musique folk-trad aux horizons très ouverts. Le nouveau duo «peut parfois sonner comme Châkidor», convient le guitariste, «mais c'était inévitable» puisque «le violon reste prédominant» et qu'il est l'auteur-compositeur et l'arrangeur des deux formations.

André Varin a pris plaisir à s'approprier certains classiques de Noël, mais il a surtout pris soin de glisser des airs moins connus, de «petites découvertes», dit-il en mentionnant Christmas in Killarney, jolie ritournelle venue d'Irlande, Christmas For Cowboys, d'inspiration western mais réarrangé, ou encore Marsh­mallow World, un clin d'oeil aux crooners qu'il adore.

- Yves Bergeras

Maryse Letarte, le souci de l'originalité

Trois sons, trois manières de se mettre au diapason de l'esprit... (Courtoisie) - image 5.0

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Courtoisie

Parallèlement aux standards repassés à la moulinette, certains albums originaux de Noël parviennent à se frayer une place sous le sapin.

C'est le cas de Maryse Letarte, qui livre un nouvel opus tout en douceur, interprété d'une voix pâle où prennent corps des chansons molletonneuses. Initialement, ses compositions n'avaient pas été pensées pour former un album de Noël. Puis c'est parti comme une traînée de poudre: «J'ai écrit une chanson sur ce thème, puis deux, et j'ai suivi la thématique de l'hiver et des Fêtes», partage-t-elle en entrevue. 

Fidèle au genre, La Parade cultive musicalement deux vertus: innocence et émerveillement. La carte postale de Noël devient carte musicale, vibrante et nostalgique. «L'enfant qui dort rêve ravi / à l'abri d'une frénésie», chante Maryse Letarte sur Boom Boom

L'artiste a en effet quelque chose de l'enfance dans ses manières de chanteuses, jetant des détours, des surprises dans ses morceaux, y racontant des histoires vivement coloriées et pleines d'onomatopées. 

Lauréate du prix SOCAN du Festival international de la chanson de Granby en 1992, elle est la voix québécoise qui a su conquérir des marchés non-francophones avec son premier album de Noël, Des pas dans la neige, grâce auquel elle s'est fait connaître en 2008. 

Histoire d'une réussite à rebours de la tendance actuelle où le traditionnel disque de Noël peut apparaître comme une solution facile pour certaines vedettes de la chanson pressées par des contrats à respecter.   

Maryse Letarte, elle, a choisi de prendre son temps pour ficeler un opus qu'elle réalise et sur lequel elle signe les arrangements, la musique et les paroles. Plus de deux ans pour faire rouler cette Parade qui est aussi un pied-de-nez aux mélodies classiques resucées. Les clochettes, cuivres et violons de circonstance y trouvent leur place, certes, mais dans un tout autre esprit festif.  

La musicienne multi-instrumentiste et pianiste de formation y assume (presque) tous les rôles. Elle perçoit la réalisation comme un espace de création stimulant et inattendu: «Je considère la musique comme un tout, souligne-t-elle. Un travail d'artisan sur lequel j'aime avoir le contrôle du début à la fin.»      

Cette liberté lui a même permis d'enregistrer chez elle et chez sa mère notamment, où se trouve encore son piano d'enfance au sous-sol, «une antiquité difficilement accordable». 

«Un soir, ma fille de quatre ans et demi s'est assise au piano, elle voulait faire comme maman, raconte-t-elle. Avec son intelligence de petite fille, elle a essayé de rejouer les notes qu'elle avait déjà entendues. Je l'ai enregistrée pour mes archives personnelles.» 

Moment inoubliable pour la jeune mère qui intégrera les balbutiements pianistiques de sa fille à La Parade. Preuve que le disque de Noël peut aussi se transformer en album de famille. Ou tout simplement se déployer comme une caresse musicale pour mieux nous garder des frimas de l'hiver.

- Maud Cucchi

Claire Pelletier, la chanteuse exploratrice

Claire Pelletier est partie à la reconquête de... (Yan Doublet, Archives Le Soleil) - image 7.0

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Claire Pelletier est partie à la reconquête de chansons oubliées du patrimoine de la Nativité.

Yan Doublet, Archives Le Soleil

Claire Pelletier est une exploratrice à contre-courant. Se plaisant à remonter le cours du temps, l'interprète part à la reconquête de chansons oubliées du patrimoine de la Nativité. Un répertoire en français d'une autre époque, voire en latin ou en langues huronne et bretonne, que cette passionnée d'Histoire et d'histoires revisite avec bonheur pour mieux le partager. Sur disque comme sur scène. 

«À la maison, il y avait toujours un Cahier de la bonne chanson qui traînait, se souvient Claire Pelletier. Maman aimait chanter et on le faisait souvent, toute la famille ensemble.»

Ainsi, quand est venu le temps pour elle d'envisager un spectacle en solo, à la fin des années 1970, ce n'est pas vers les Vigneault et consorts qu'elle s'est tournée. Nenni! Elle a porté son regard plus loin encore, allant fouiller dans les archives de l'université Laval pour trouver un répertoire qui lui permettrait de se différencier des autres. Et lui inspirerait des voyages aux quatre coins de la chanson d'hier et d'ailleurs.

Le premier Noël, lancé en 2007, relève de cette même volonté «de [s]e cultiver», d'un «devoir de mémoire». Et si les pièces gravées aujourd'hui sur son tout nouveau Noël Nau ont un caractère religieux, ledit caractère transcende la religion pour «toucher au sacré», soutient Mme Pelletier.

Ici, la chanteuse renoue avec le côté celte de son album de matériel original Galileo (2000) en livrant en langue bretonne Kanamn Nouel. Là, elle se met en bouche un phrasé et un vocabulaire «un brin déstabilisants lors des premières interprétations» de Boutons notre habit le plus biau, par exemple. 

Elle goûte aussi pleinement la poésie de la Renaissance - pour laquelle elle avoue sans gêne éprouver un net penchant - en faisant sien un texte du peintre, calligraphe et poète Nicolas Denisot du Perche, «un ami de Pierre de Ronsard, dont j'avais visité les jardins de roses peu de temps avant de tomber sur ce texte! raconte la principale intéressée. En plus, ce Nicolas Denisot vient de la région du Perche d'où provient la lignée des Pelletier! Le lien était là: je ne pouvais tout simplement pas passer à côté.»

Pour les besoins de Noël Nau, Claire Pelletier et son complice Pierre Duchesne ont opté pour des arrangements plus folk, «plus tournés vers l'intérieur». «On ne voulait pas répéter Le premier Noël, qui était plus orchestré, mais bien le compléter. C'est pour ça qu'on a ressorti nos guitares, entre autres.»

Lors du spectacle du 10 décembre, secteur Aylmer, l'interprète sera justement entourée de Pierre Duchesne (basse, guitares, etc.), de Jean-Sébastien Fournier (claviers, piano) et Shawn Sasyniuk (batterie, percussions et caisse claire).

- Valérie Lessard

Pour y aller

Quand? Le 10 décembre, 20h

Où? Galeries Aylmer

Renseignements: 613-612-4614 ou www.go-tix.com

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