Safia Nolin entre l'angoisse et la lumière

Safia Nolin... (Courtoisie)

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Safia Nolin

Courtoisie

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Déjà passablement «anxieuse dans la vie», sujette, «depuis longtemps», à «des crises de panique, partout, sauf quand [elle] monte sur scène», Safia Nolin est carrément angoissée, ces temps-ci. Pas à l'idée de monter sur les planches du Centre national des Arts (CNA), samedi. Non, ce qui la chamboule, c'est la perspective de prendre pour la première fois l'avion. Sa «phobie».

Lorsqu'on a joint la jeune chanteuse au téléphone, mardi, elle essayait désespérément de se faire prescrire des calmants. «J'en n'ai rien à f... des somnifères», lance-t-elle - moins à notre attention qu'à celle de l'intraitable médecin qu'elle vient de consulter.

Safia Nolin est attendue en Europe dans les prochaines semaines. Une mini-tournée, histoire de tâter le pouls des amateurs de musique folk-pop en France et en Belgique. D'évaluer si son premier disque, Limoilou, réalisé par Philippe Brault et paru en septembre, peut provoquer là-bas la même effervescence. Une douzaine de dates seulement, mais qui ne se refusent pas, entre autres car elle assurera les premières parties de Lou Doillon.

Safia Nolin s'était préparée mentalement. S'était résignée. Mais les récents attentats terroristes à Paris puis l'état d'alerte à Bruxelles ont réveillé ses inquiétudes.

Une heure à peine avant notre appel, une prise d'otage à Roubaix. Safia ne l'ignore pas, elle qui vit «ploguée sur le Net», branchée sur Facebook, Instagram et les nouvelles via son téléphone. Au moment de notre conversation, on ignore qu'il s'agit d'un braquage et non d'un acte terroriste. N'empêche que cette atmosphère de «troisième guerre mondiale en ville» la terrorise.

C'est le pire moment pour essayer de se faire connaître! C'est trop intense! Ça empire tous les jours. J'ai peur d'y aller...» lâche-t-elle avant de se ressaisir: «Non, j'ai hâte! C'est pour ça que je veux des pilules!»

Visiter Ottawa ne l'inquiète pas. Prendre le contrôle du fil Twitter du CNA non plus. L'institution lui a donné carte blanche pour s'épancher en commentaires ou photos, samedi après-midi et en soirée. «Ça ne me stresse pas... mais eux, ça devrait les stresser», blague-t-elle.

Elle est ravie d'être la tête d'affiche de la Quatrième Salle. Lors de son dernier passage à Ottawa, en juillet, elle a joué avant les Hay Babies, au Ritual Nightclub.

Malgré ses craintes, partagées comme un livre ouvert (ou un disque ouvert, car les ambiances cafardeuses de Limoilou font largement état d'un long passage à vide), la chanteuse goûte enfin à «la lumière au bout du tunnel».

«Quand j'ai écrit le disque, j'étais perdue. Je n'avais pas de sources de joie et pas de projet à court ou long terme. Aujourd'hui, c'est tout le contraire», se réjouit celle qui a récemment partagé la scène avec Ariane Moffatt, Pierre Lapointe, Richard Desjardins et Les Soeurs Boulay. Parmi les prochains: Louis-Jean Cormier et Philippe Brach. Jusqu'ici, tout va bien...

Pour y aller

Où? Centre national des Arts

Quand? Samedi 28 novembre, 19h30

Renseignements: 1-888-991-2787 ou www.ticketmaster.ca

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