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Andie Duquette, le plaisir de faire rocker le français

Andie Duquette dû faire preuve de persévérance avant... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Andie Duquette dû faire preuve de persévérance avant de présenter Ton problème au public.

Patrick Woodbury, LeDroit

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«Il y a 22 ans de travail derrière cet album», décrète d'emblée Andie Duquette. Car si l'auteure-compositrice-interprète de 27 ans n'a rien perdu du «plaisir de chanter» qui l'animait déjà à cinq ans, elle a toutefois dû faire preuve de persévérance avant de présenter Ton problème au public.

Son passage à La Voix, au sein de l'équipe de Marc Dupré en 2013, a beau lui avoir offert une visibilité hors du commun, il ne lui a pas pour autant pavé la voie d'or pour la suite des choses. Avec pour résultat qu'elle a elle-même produit son album, sur sa propre étiquette.

«Ça me rend d'autant plus fière de ce qui s'y retrouve», fait-elle valoir, attablée dans un café de Gatineau.

Fière, donc, du graphisme de la pochette autant que des 10 chansons dont elle cosigne les textes et mélodies, entre autres avec son conjoint, le guitariste, arrangeur et directeur artistique Bryan Levesque.

Fière, surtout, de rocker en français.

«J'ai toujours aimé le français, même si ce n'est pas simple de faire du rock dans cette langue, étant donné la percussion des mots, leur phonétique et le piétage des phrases. Et puis, ça sonne souvent trop facile, du rock en français...» reconnaît celle qui tenait pourtant mordicus à prendre la parole dans sa langue maternelle.

«Bien des gens ont essayé de nous convaincre que ce serait trop difficile, mais j'y tenais vraiment!»

Andie Duquette avoue avoir «picossé en masse» pour trouver les bons mots, le bon ton, à mi-chemin entre le joual («Je n'allais pas commencer à donner du toé pis moé alors que je ne parle pas comme ça dans la vraie vie!») et un français international qui ne lui convenait pas plus. Force est de reconnaître qu'elle a su trouver un entre-deux qui lui ressemble.

«Les femmes veulent montrer qu'elles sont fortes. C'est justement ça que je voulais faire entendre, dans mes chansons: qu'il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds, rester debout et dire ce qu'on a à dire.»

Trouver sa voie

Au cours de sa carrière, Andie Duquette a chanté autant dans les bars «devant deux personnes» que devant des centaines de passants, sur la rue Crescent, lors des festivités entourant le Grand Prix de F1 de Montréal.

Avec son groupe, elle a longtemps interprété des reprises, tâtant le disco autant que le dance de ses cordes vocales polyvalentes. Lorsqu'elle est passée au rock, elle a toutefois compris qu'elle venait de trouver «sa» voix.

«Plus jeune, j'ai pris beaucoup de cours de chant classique et pop. J'étais 'proprette', dans mes interprétations; ma voix était toujours bien placée. Mais c'était comme si je n'avais pas de personnalité...»

Il y a huit ans, elle a pris part au spectacle I Love Rock'n'Roll avec Marie-Chantal Toupin, entre autres. «J'ai eu l'impression de me trouver: chanter du rock me procurait plus de plaisir sur scène que tout le reste!»

En s'inscrivant ensuite à La Voix, Andie Duquette a eu envie de montrer le visage d'une voix que plusieurs avaient déjà entendue sans la (re) connaître, qui dans une publicité, qui en écoutant les disques ou DVD des émissions jeunesse La Boîte à lunch et Caillou.

«Pour moi, c'était la façon de sortir de l'ombre.»

Elle ne regrette absolument rien. «L'expérience a été vraiment concluante pour moi. Quand j'ai vu les gens apprécier qui j'étais, mon énergie, j'ai compris que j'étais prête pour une carrière solo, alors que j'avais toujours été une fille de gang jusque-là.»

Après l'émission, Andie Duquette a accompagné son coach Marc Dupré dans ses tournées. «C'était sa manière de non seulement me donner de l'emploi, évoque-t-elle avec lucidité, mais aussi de me garder vivante aux yeux et aux oreilles du public, en attendant que je puisse concrétiser mon disque.»

Pour y parvenir, elle n'a pourtant compté que sur elle-même, son conjoint et le réalisateur John Nathaniel. «Jérôme Couture [finaliste de La Voix en 2013] m'a souvent répété que personne ne voudrait jamais cet album autant que moi. J'ai compris que je devais prendre mon avenir en mains, bûcher et m'impliquer à chacune des étapes de la production. C'est prenant et drainant, mais ça procure aussi une liberté incroyable!» clame-t-elle.

Munie de cette «carte de visite», l'artiste aspire maintenant à remonter sur scène. «Dans l'esprit et l'énergie du disque, on vise les festivals, l'été prochain.»

Puis, pour l'automne 2016, elle envisage déjà la possibilité de proposer aux diffuseurs une version épurée et acoustique du spectacle dans l'espoir de tourner dans des petites salles.

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