Le pari risqué de la simplicité

Maxime Landry a composé avec les pépins techniques,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Maxime Landry a composé avec les pépins techniques, jeudi soir à Gatineau.

Etienne Ranger, LeDroit

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Maxime Landry avait Rendez-vous avec quelque 500 personnes, rassemblées au parterre à la Maison de la culture de Gatineau jeudi soir.

Une soirée qui a logé à l'enseigne de l'intimité sans flafla et de l'esprit du party de famille. Avec tout ce que ça peut comporter d'éclats de rire partagés, de blagues parfois un tantinet salées, d'anecdotes et de confidences, mais aussi de légers moments de malaise et de silences à donner quelques sueurs froides, surtout quand le principal intéressé doit composer avec une guitare pour le moins capricieuse.

Au point de devoir emprunter, le temps de quelques chansons, tantôt celles de sa complice Amélie Veille (incluant sa petite «papoose», qui l'a fait sentir «pas mal viril!»), tantôt celle de Carl Prévost, non sans provoquer au détour le fou rire de la multi-instrumentiste Ariane Ouellet... comme celui de la salle.

«Mon Dieu que vous êtes patients... et indulgents!» a d'ailleurs tenu à souligner l'ex-académicien, visiblement touché par l'écoute respectueuse et la gentillesse des gens.

Pour ce spectacle découlant de son disque 3e Rue Sud (récemment couronné du Félix de l'album de country), le Beauceron a misé sur la sobriété.

Pas de décor, ni de mise en scène. Des éclairages minimalistes. Il y avait donc lui, sa guitare (qu'il a passé la soirée à accorder; qu'il a fini par carrément mettre de côté), sa voix (qui, elle, ne l'a heureusement pas laissé tomber) et ses trois comparses musiciens, aussi solides que solidaires (quoique n'hésitant pas à se moquer non plus, par moments) quand un pépin technique survenait.

Il y avait également un répertoire résolument country, fondamentalement mélancolique.

Maxime Landry a donc livré ses plus récents titres, de Quelque chose de Tennessee à Requiem d'un soir d'orage, tout en renouant entre autres avec Paulo et Fuir le bonheur, tirées de Vox Pop, ou encore Les Amours filantes, de L'avenir entre nous, de même que l'incontournable Cache-cache.

Dans ses pots-pourris aux effluves de nostalgie assumée, il a aussi fait la part belle aux chansons de Julie Daraîche (dont Aimer, souffrir, pardonner, oublier et Que la lune est belle ce soir), du soldat Lebrun, de Marcel Martel (Hello Central), de Johnny Cash, ainsi que de Patrick Norman (Souvenir d'un vieillard, qu'il a terminé a cappella). Il a fait de même pendant Si Dieu existe, qui lui a d'ailleurs valu une ovation chaleureuse.

À double tranchant

Opter pour une telle simplicité, aussi volontaire soit-elle, s'avère néanmoins un pari risqué, voire un couteau à double tranchant.

Ainsi, Maxime Landry et sa joyeuse bande avaient beau prendre un évident plaisir à chanter (les harmonies résultant du mariage de sa voix avec celles des deux femmes étaient franchement agréables à entendre) et à jouer de la musique ensemble, ils avaient tout de même l'air un peu perdus sur la scène de la salle Odyssée. Elle paraissait un brin trop vaste pour le quatuor.

Et s'ils ont tous les quatre travaillé fort pour créer une atmosphère conviviale et faire des gens présents leurs choristes, ces derniers ont été passablement discrets... sauf sur Partons, la mer est belle et Mille après mille, fredonnées avec coeur. À l'instar d'Un coin du ciel, servie en guise de «dernière pour la route», au grand plaisir de tous.

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