Blé, «épi» après?

Les deux têtes de Blé, Thierry Doucet et... (Martin Roy, LeDroit)

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Les deux têtes de Blé, Thierry Doucet et Miro Belzil

Martin Roy, LeDroit

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Les deux têtes de Blé, Miro Belzil et Thierry Doucet, la «Blémania» leur est tombé dessus sans crier gare, en 2013, aussitôt qu'ils eurent posté sur la Toile, «pour s'amuser et sans aucune attente», quelques vidéoclips à saveur humoristique.

Aussi fulgurant qu'inattendu, le succès des morceaux Je te montrerai (désormais 420 000 visionnements sur YouTube) puis Avion papier (300 000 clics), a incité le duo à augmenter la cadence. Mais aussi à lancer précipitamment un album - et à commettre «de nombreuses erreurs» au passage, convient Miro Belzil, qui compose l'essentiel des chansons de l'épi.

«On a été propulsés dans ce milieu tellement rapidement qu'on écrivait des textes [machinalement], sans trop se poser de question. On s'est retrouvé sur la glace sans préparation, alors on a fait ce qu'on pouvait: on prenait des sujets un peu drôles, et on en faisait aussitôt des chansons...» Mais «c'était pour les autres» et «on finissait par ne pas être fiers à 100% de ce qu'on proposait», reconnaît-il.

«Quand on arrivait en show, on avait l'impression que les chansons ne nous ressemblaient déjà plus», parce que dans sa course, le duo en avait déjà composées plusieurs autres. Deux ans plus tard, c'en est fini, de la pression indue. Et Blé ne garrochera plus d'extraits pondus à la va-vite, promet le musicien.

«Oui, on a senti cette pression d'essayer de composer quelque chose d'aussi catchy, avec le même potentiel [commercial]. Et puis au bout d'un moment on s'est dit qu'on allait laisser faire cela, qu'on allait plutôt essayer de créer un album qui nous représente davantage. Cet album, c'est nous! Que le monde l'aime ou pas... il reflète notre évolution musicale. On l'assume tellement qu'il n'y a plus vraiment de pression.»

Le duo cumulerait quelque 300 000 fans sur les réseaux sociaux. Sous l'angle de la fiction littéraire, MM. Belzil et Doucet sont même devenus les protagonistes d'une série de livre signés Patrice Cazeault. Pourtant, «c'est l'extrait Avion papier, qui a connu un succès phénoménal», bien plus que ses auteurs, tempère Miro Belzil, selon qui «Blé ne sonne pas de cloche aux gens; il faut leur fredonner la mélodie d'Avion Papier pour qu'ils fassent le lien». «Avec notre deuxième album [Pluie de grêle, paru vendredi 6 novembre], on voulait cette fois mettre de l'avant le groupe, que le grand public ne connaît pas nécessairement.»

Pluie de grêle surprend par son romantisme pop-rock. Blé refuse de continuer à empiéter sur les plates-bandes humoristiques des Trois Accords ou de 3 gars Su'l sofa. Ce deuxième album les montre sous un jour nouveau: «moins drôles» et peut-être même «plus matures», indique le compositeur du duo. Son comparse se démarque quant à lui dans la création vidéo. «Il a aussi le côté fonceur que je n'ai pas vraiment.»

Les deux garçons sont entrés dans la jeune vingtaine. Aussi leurs nouvelles chansons abordent des thèmes «plus personnels», esquissent «des expériences vécues», effleurent quelques «histoires d'amour passionnelles», reflétant au passage les «questions existentielles et les remises en question» qui vont de pair avec cette tranche d'âge, indique le musicien.  

Si l'humour semblait constituer l'essence même du groupe, c'était presque accidentel, lié à l'urgence de produire, laisse entendre Miro Belzil. Il trouverait dommage qu'on le perçoive «comme un humoriste plutôt que comme un musicien», lui qui s'est mis au violoncelle à l'âge de trois ans, avant de jeter son dévolu sur la guitare et plusieurs autres instruments. 

«Absurde» et «légèreté»

Mais s'il reconnaît la «bifurcation» que constitue cette nouvelle approche, Miro Belzil refuse d'y voir une «trahison», car Blé «ne se prend pas au sérieux», continuant de proposer des textes «très imagés», où règne «l'absurde» et une bonne dose de «légèreté», explique-t-il en illustrant son propos par la chanson Trop high, mettant en scène un gars trop gelé pour aborder et complimenter la belle inconnue qui lui a tapé dans l'oeil, et le deuil qu'il doit faire. «On ne se tape pas sur les cuisses, mais ça reste un peu rigolo sur les bords.» 

Pour mettre sur pied ces mélodies, Miro Belzil a pu compter sur la complicité de leur nouveau réalisateur, Jay Lefebvre (Simple Plan, Eva Avila, Roch Voisine), venu se substituer à Luc Tellier derrière la console. «Luc est un réalisateur hors-pair et versatile, mais on avait besoin de tester une autre recette.»

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