Denses dissonances signées Règlement 17

Règlement 17 s'est «recentré sur l'Ontario». Pas question... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Règlement 17 s'est «recentré sur l'Ontario». Pas question cependant de se débarrasser de sa voix québécoise, souligne le cofondateur du groupe, Daniel Sauvé.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Peu de formations musicales issues de l'Ontario francophone peuvent se targuer de brasser autant d'air que Règlement 17.

La bande lancera Résistance Évolution, au Ritual Nightcub d'Ottawa, mardi à 17h.

Fondé en 2009, R17 ébouriffe les tympans depuis son premier disque éponyme paru en 2012. On y entendait déjà la voix de la Québécoise Cathy Vallières. À l'époque, les trois autres musiciens de R17 venaient aussi de la Belle Province, où résidait le cofondateur de R17, Daniel Sauvé.

Cathy Vallières et lui sont les deux seuls rescapés de cette période du groupe, qui s'est depuis «complètement réinventé».

L'enregistrement du premier disque avait «brûlé» le guitariste, qui en avait assuré la réalisation, et «tirait littéralement le projet». «Ça m'a physiquement mis à terre», reconnaît-il. La formation implose dans la foulée d'un lancement «organisé à la va-vite», dont le peu d'écho aura eu raison de la motivation des troupes. S'ensuit «une grosse période de questionnement», se souvient Daniel Sauvé.

Le guitariste d'Ottawa Kevin Daoust (Roch Voisine, Véronic DiCaire, Hey, Wow!) amorcera la relance de Règlement 17, en acceptant de réintégrer le groupe qu'il avait cofondé, mais qu'il avait vite dû abandonner faute de temps. R17 incorpore ensuite progressivement les rockeurs du trio ontarien L'Île du Stylo: Patrick Pharand (au violon), Xavier Bélanger (basse, entre autres) et Eric Pitre (batterie), un ancien d'AkoufèN.

Recentré sur l'Ontario

Le sextet s'est donc «recentré sur l'Ontario». Pas question cependant de se débarrasser de sa voix québécoise, souligne Daniel Sauvé.

«J'aime le fait qu'il y ait un membre du Québec. Le nom du band fait référence à une époque où on s'appelait tous des Canadiens français, et où la notion de frontière était moins présente».

MM. Daoust et Bélanger forment «l'aile prog'-rock». Le fait d'être amateur de trad' (et champion de claquettes) n'empêche pas Patrick Pharand d'être «branché punk-rock et post-hardcore», tandis qu'Eric Pitre a un faible pour la musique des années 1990, surtout quand «ça tape fort»; «Cathy trippe sur Incubus et tout ce que fait Mike Patton», indique Daniel Sauvé, qui met quant à lui Tool et Nine Inch Nails sur son piédestal.

Requinqué, et fort de ses multiples influences, mais tout en essayant de conserver «une certaine continuité», Règlement 17 s'est attelé à travailler dans la densité. Puriste, Daniel Sauvé, parle d'un son «électro-rock - et non métal, même si on va parfois chercher certains éléments du métal moderne».

À part Délivrance, plus dépouillée «afin de jouer avec les extrêmes», les morceaux sont ultra-produits. «C'est un mur de son. On parle de 60 ou 80 pistes audio pour chaque chanson», estime le musicien, ravi de «l'énergie et l'intensité» des nouvelles compositions.

La réalisation a été confiée à François Labelle (le fils du musicien Chuck Labelle), qui a installé ses pénates - et son studio mobile - chez Daniel Sauvé pendant plusieurs mois.

«Je voulais créer des images sonores, mais pas au pastel. On est donc allé jouer dans les dissonances, dans des affaires plus 'difficiles' à écouter. Le refrain de Sordide, par exemple, est très dissonant de la mélodie vocale.»

Les tensions entre les guitares et la voix «créent un petit malaise», indique le pilier du groupe, qui «trouve ça vraiment intéressant quand la musique sort le monde de sa zone de confort».

La critique: «Résistance Évolution», de Règlement 17 ***

Règlement 17 signe un deuxième album aux sonorités très proches du métal, bien que le sextuor franco-ontarien mené par Daniel Sauvé et Kevin Daoust préfère revendiquer l'étiquette «électro-rock».

La densité, pesante mais mélodique, et les saturations de Résistance Évolution devraient combler les fans de Within Temptation et autres Nightwish, grâce à sa voix féminine (la Québécoise Cathy Vallières) au premier plan et, pas loin derrière, le violon de Patrick Pharand, aux cordes tendues, virevoltantes.

Fidèle à son nom (référence historique à l'opposition francophone au tristement célèbre Règlement XVII) et à sa réputation, R17 joue les agitateurs, dans un flot ininterrompu de paroles contestataires ou existentialistes, où il sera question de prison Sordide, de bouffe toxique (Semence de panique) et de Révolution.

L'énergie est idéaliste, juvénile, tourmentée, et le disque généreux: 14 compositions, dont le duo Par des enfants, fouetté par le rappeur ottavien Le R.

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