L'amour retrouvé de Half Moon Run

Après une ascensions fulgurante, Half Moon Run a... (Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Après une ascensions fulgurante, Half Moon Run a frôlé le «point du rupture» l'an dernier.

Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Trois ans après le plébiscité Dark Eyes et 300 spectacles présentés de part et d'autre de l'Atlantique, Half Moon Run revient avec le très attendu Sun Leads Me On. Qui a bien failli ne pas voir le jour. «Il nous a fallu retomber amoureux de la musique pour réussir à créer ce deuxième album», confie l'Ottavien Devon Portielje.

Joint à bord du bus de tournée du groupe «quelque part entre Londres et Dublin», où Half Moon Run montait sur scène vendredi, le chanteur, guitariste et percussionniste ne cache pas que la formation, après une ascensions fulgurante, a frôlé le «point du rupture» l'an dernier.

«Nous étions carrément au bout du rouleau, quand nous avons mis un terme à la tournée dans la foulée de Dark Eyes, explique Devon Portielje. Si Sun Leads Me On existe, aujourd'hui, c'est parce que nous avons réussi à retrouver la flamme, cette place en chacun de nous où la musique naît.»

Cet endroit a concrètement pris la forme d'un chalet californien. Là, les quatre Montréalais d'adoption (incluant les Britannico-Colombiens d'origine Connor Molander, Dylan Phillips et le petit nouveau, Isaac Simonds) se sont retrouvés, face à eux-mêmes. Et à leurs instruments.

Jammer pendant des heures...

Et comme au moment de concevoir Dark Eyes, alors qu'ils ne se connaissaient pas encore vraiment (il faut rappeler qu'Half Moon Run s'est formé autour... d'une annonce placée sur Craiglist en octobre 2009), ils ont donc joué. Et joué encore.

«Il nous arrivait de jammer pendant des heures sans nous parler», raconte l'Ottavien. 

Turn Your Love s'avère d'ailleurs  le résultat (probant) d'une telle session, où, pendant plus de deux heures, ils se sont tout simplement laissé transporter par l'émotion et l'énergie du moment, par «la vibe» qu'ils ressentaient ensemble.

... en quête des moments d'abandon

C'est justement pour de tels moments d'abandon que Devon Portielje aime tant faire de la musique. 

«Ces instants où j'ai l'impression d'exister seulement par la musique me permettent de croire que ce que je fais a de l'importance, que ça vaut quelque chose, tant pour moi que pour les gens qui l'écoutent. Je sais déjà que, sur scène, des pièces plus explosives comme The Debt ou Consider Yourself vont m'amener là.»

Ce qui ne l'empêche pas d'apprécier la part plus introspective et intimiste de Hands in the Garden, par exemple. Cette dernière, avec ses effluves organiques, correspond parfaitement à «l'état chill» dans lequel le groupe était au moment de sa création.

«Chaque chanson a sa personnalité propre. On suit donc chacune, comme un parent suit son enfant qui fait ses premiers pas, genre. On ne force rien, on se laisse mener là où la musique va. C'est peut-être pour ça qu'on peut difficilement nous coller une étiquette, nous cantonner à un seul style: nos pièces sont des amalgames de qui nous sommes et de comment nous nous sentons quand nous les composons et écrivons.»

Avec pour résultat que, justement, Sun Leads Me On n'est pas wune banale resucée de Dark Eyes, mais bien un disque ouvrant au groupe de nouveaux horizons. 

«On connaît trop bien les dangers de se laisser influencer ou diriger par ce que les autres pourraient penser de notre musique ou voudraient nous entendre chanter. C'est un poison, de penser à ça, quand tu crées», fait valoir Devon Portielje.

Le nouvel album témoigne ainsi, à sa manière, des hauts et des bas de la vie sur la route «qui n'est pas aussi glamour que certains voudraient le croire», et rend compte de tout ce que le quatuor a vu, entendu et vécu pendant cette période. Il concrétise non seulement le chemin parcouru, mais aussi l'ennui, les doutes, l'espoir, le plaisir de faire de la musique.

«Une tournée, c'est bien sûr une façon extraordinaire de voir le monde, d'entrer en contact avec le public et de devenir un meilleur musicien et chanteur. Mais ça te confronte aussi sur tous les plans, par rapport à ce que tu sais et aimes, ou pas, de toi, de la musique, des gens», raconte Devon Portielje.

Quand on lui demande quelle leçon il retient des dernières années, le quasi trentenaire hésite à peine, à l'autre bout du fil: «J'ai appris à quoi tient le bonheur», répond-il.

«Bon, je ne prétends pas savoir encore tout à fait ce qu'est le bonheur, renchérit-il en riant doucement, mais je m'approche du moins d'une définition qui me convient, je crois. Et puis, j'accepte mieux de lâcher prise. Ça aide, souvent, à se sentir mieux...»

Devon Portielje a également appris qu'il lui fallait, à l'instar de ses complices, doser sa dépense d'énergie sur scène. 

«Une chose est certaine: on ne finira pas notre prochaine tournée aussi brûlés que la dernière fois!» promet celui qui, avant sa bande, sera de retour dans la capitale, le 19 décembre prochain.

Sans surprise, la prestation de Half Moon Run ce soir-là au Ritual Nightclub affiche déjà complet.

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