Peindre et partager le feu

Lee Harvey Osmond, c'est l'alter ego ténébreux de... (Courtoisie)

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Lee Harvey Osmond, c'est l'alter ego ténébreux de Tom Wilson, qui fut leader de la formation Junkhouse.

Courtoisie

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Frappant le parc Lansdowne dès mercredi soir, la première édition du Cityfolk consacrera la journée de jeudi à un répertoire plus francophile (Lisa Leblanc, Les Soeurs Boulay et Scarlett Jane), mais réserve de bien belles surprises jusqu'à dimanche, à travers une programmation du tonnerre.

Et plus particulièrement vendredi, quand se succéderont Patrick Watson, Elle King, Van Morrison et, tard en soirée, un des joyaux du folk contemporain canadien: Lee Harvey Osmond, qui préfère son folk «acide», jazzé-bluesé et caverneux.

Lee Harvey Osmond, c'est l'alter ego ténébreux de Tom Wilson, qui fut leader de la formation Junkhouse, qui a signé quelques albums solo, et sévit en parallèle au sein du «supergroupe» country Blackie and the Rodeo King.

Quand Wilson veut «se ressourcer», il peint. C'est sa façon de méditer, dit-il. «J'ai commencé la peinture la deuxième fois que j'ai arrêté de boire.» Et quand il veut faire de la musique «en toute simplicité», mais «avec intégrité» et profondeur, l'Ontarien (d'Hamilton) devient l'hirsute Lee Harvey Osmond.

L'avatar «me donne l'opportunité de faire la musique comme j'ai toujours voulu en faire, c'est-à-dire en m'entourant de gens qui cherchent à performer sans ego. C'est assez difficile, dans ce milieu où l'on voit plein de gens qui se pètent les bretelles, ou qui ne rêvent que d'écrire des hits. J'ai longtemps contribué à ce monde-là. Il n'y a rien de plus ennuyeux», lâche-t-il. Une référence à peine voilée à son époque Junkhouse, couronnée par cinq albums et un prix Juno.

Après un tel aveu, Wilson ne semblera même pas immodeste en affirmant, posé, que «Lee Harvey est à mon sens le seul groupe de folk qu'il reste dans ce pays». C'est que «Lee chante ce qui se passe autour de son feu de camp... et tente de l'apporter jusqu'au tien», explique-t-il de sa grosse voix râpeuse. Un pont entre les communautés. «On ne réinvente rien [...] mais c'est l'essence du storytelling, l'art de raconter ou du moins de peindre une image qui te permette de mieux comprendre comment vivent les gens autour de mon feu», poursuit-il.

«Lee Harvey parle de maladie mentale, de droit du sol aborigène, d'addiction à la drogue et du lit qui devient brûlant quand on a le coeur brisé... Il n'y a rien, ici, qui puisse devenir un hit», illustre le baryton.

«J'ai fichu plusieurs carrières musicales en l'air à cause de la drogue et l'alcool», reconnaît Tom Wilson. L'objectif, à présent: «rester sobre». Et «aller se coucher avec le sentiment d'avoir apporté quelque chose au monde, de l'avoir amélioré».

Pour ce projet, il s'entoure de gens comme Michael Timmins, le fondateur des Cowboys Junkies, devenu son réalisateur. Le groupe a lancé cet été un troisième disque, le magistral Beautiful Scars - qui, comme les deux précédents, a rapidement décroché une nomination au prix Polaris. Dans l'esprit du Kind of Blue de Miles Davis, source d'inspiration majeure, dit-il, Lee Harvey explore des ambiances claires-obscures car il préfère chevaucher les «tons mineurs», plutôt que de s'imposer une «gymnastique mélodique». «Ç'a l'air sombre, mais les textes sont très positifs: ils traitent souvent d'amour» et de paix.

Le placide Wilson se perçoit comme un «mec joyeux», quoique «sévèrement marqué par ses cicatrices». «Et depuis la sortie de l'album, je les accepte et les arbore encore davantage.» Surtout depuis qu'il a levé un voile sur son «adoption». «J'ai toujours cru que j'étais de souche irlandaise... je viens de découvrir que je suis Mohawk, du côté Kahnawake.»

Cette révélation au sujet de ses origines le frappe particulièrement lorsqu'il songe à quel point le rapport à la terre ancestrale, les Premières nations et l'esprit de communauté au sens large, nourrissaient son oeuvre musicale. Ou au fait que ses peintures témoignent d'une esthétique très proche de l'art tribal.

Pour y aller

Quand? Du 16 au 20 septembre

Où? Parc Lansdowne

Renseignements: 613-230-8234; www.cityfolkfestival.com

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