Pandaléon retourne à l'école

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Le groupe Pandaléon a ouvert au Droit les portes de son nouveau studio... aménagé dans l'école primaire du petit village de Saint-Bernardin, dans l'Est ontarien, qui était désaffectée depuis une douzaine d'années. C'est dans cette installation temporaire que le trio rock-ambiant a, durant «un mois intense», enregistré son prochain album dont la sortie est prévue pour février.

Le lieu à présent décrépit n'a pas été choisi par hasard. Les deux frangins du trio - Fred et Jean-Philippe Levac, respectivement aux claviers et à la batterie - ont frotté leurs culottes sur les bancs de cette école. C'est peu de dire qu'elle remue leurs émotions, en plus de réveiller leur créativité - et celle du guitariste Marc-André Labelle, qui complète le groupe.

C'est d'ailleurs sur la petite scène du gymnase aménagé au sous-sol, au plafond désormais recouvert de moisissures, que les jeunes écoliers montèrent sur les planches pour la première fois de leur vie, entre deux séances de ballon-chasseur. Un concours de talent, se remémore Fred Levac, qui se revoit cogner sur une air batterie tandis qu'un acolyte entonnait en lipsynch très approximatif la chanson Sophie, des Respectables. Les souvenirs déboulent à cette évocation. «Te souviens-tu de la petite radio avec les CD qui skippaient, Pou?» «On a vraiment passé de beaux moments ici», opine l'autre.

«On avait hâte de revenir. Quand on est rentré dedans [en juillet], on avait comme des fantômes qui nous chatouillaient les épaules», lance Fred Levac. Les trois larrons - qui refusent de s'éloigner de leurs racines rurales, mais qui se sentent un peu à l'étroit dans La Piaule, leur studio-maison - avaient même songé à racheter l'école. «Trop compliqué» et beaucoup trop cher à retaper, avoue Fred Levac, en s'estimant «chanceux» que le Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien ait accepté de leur prêter l'édifice, le temps d'enregistrer ce disque qui, sans surprise, respirera la nostalgie.

«Les textes parlent beaucoup du passé, de tout ce qui a fait en sorte qu'on est devenus qui on est aujourd'hui.» La chanson Amiante, par exemple, traite directement de l'école, dont les murs en contiennent. Pour boucler la boucle, la plupart des chansons ont été coécrites avec le poète Éric Charlebois... qui leur a enseigné le français, au secondaire.

Exit les vieux pupitres. La plus grande des cinq salles de classe est paquetée d'équipement: amplificateurs et micros de toutes sortes, une dizaine de guitares bien rangées, deux batteries et assez de tambours pour en monter deux autres. Oui, ils montent la garde, la nuit. Ou profitent du calme nocturne pour enregistrer, épaulés par leur fidèle ingénieur de son, l'Ottavien Nicolas Séguin, qui a coréalisé l'album en leur compagnie.

Une école... et un labo

Un arc-en-ciel géant domine la fresque qui orne l'un des murs du hall d'entrée, à présent reconverti en dortoir; l'humoriste Katie Levac - la soeur du tandem - a peint une partie de cette murale, lâche le claviériste au passage.

Lâchés lousse dans l'école, les trois «trippeux de son» autoproclamés ont laissé libre cours à leur imagination, en se servant de leur environnement comme d'une matière première pour construire les ambiances de l'album.

«C'est une école, mais c'est surtout un labo, pour nous», commente Marc-André Labelle. «On a beaucoup expérimenté, exploré les distances entre les micros et les sources, joué avec les sons, les placements [...] On a utilisé, physiquement et concrètement, l'école comme instrument» en testant l'acoustique et la réverbération de chaque pièce», explique Fred Levac.

On sursaute quand un puissant "klang! klang!" métallique retentit. «Des sons comme ça, il y en a dans l'album», poursuit-il en continuant de tambouriner sur un casier en métal qui prend la poussière dans un couloir. «C'est agressif, mais ça nous rappelle des souvenirs d'enfance...»

L'album s'est nourri de ces «éléments électro-acoustiques» captés ici et là: «tous ces bruits que tu entends quand tu es en classe», voix dont l'écho se faufile le long des couloirs, bourdonnements de mouches, bruits de pas ou de respiration, et même la cloche signalant la fin de la récréation, énumère son comparse.

Les membres de Pandaléon sont heureux comme des enfants. «On est des gars de vibe, avant tout. On cherche les moments magiques. À La Piaule, c'était devenu un peu banal. Ici, on avait à nouveau les mains moites», sourit le claviériste.

«Il y a une énergie live qui s'est installée», se réjouissent les musiciens, qui, pour ce nouvel opus, promettent un son plus rock, voire grunge, mais la même authenticité. «C'est facile, aujourd'hui, de sonner "immense", avec un minimum d'équipement. Mais nous on veut que ça reste pur. De l'amour et du feel. Et de vraies takes. On est de vrais humains qui jouons sur de vrais instruments, et on veut que ça s'entende. »

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