L'hommage en musique d'Élage Diouf

L'auteur-compositeur-interprète Élage Diouf revient avec une deuxième offrande, Melokáane.... (Courtoisie)

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L'auteur-compositeur-interprète Élage Diouf revient avec une deuxième offrande, Melokáane.

Courtoisie

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Après avoir souhaité la bienvenue dans son univers musical agréablement métissé avec Aksil (lancé en 2010 et couronné d'un Félix et d'un Juno dans la foulée), l'auteur-compositeur-interprète Élage Diouf revient avec une deuxième offrande, Melokáane. À 40 ans, cap franchi cet été, l'heure est au bilan de parcours de vie pour le musicien et chanteur d'origine sénégalaise: le sien comme celui d'autres personnes, croisées ou admirées.

«Melokáane signifie, en wolof, une mise à jour du chemin parcouru, explique Élage Diouf. Comme si on regardait dans le miroir au moment présent, et qu'il nous renvoyait l'image de qui nous sommes, de ce que nous avons contribué à la société, de nos gestes et paroles.»

On ne s'étonne pas, dès lors, qu'il lève son chapeau à deux figures légendaires de la lutte africaine: les regrettés Nelson Mandela et Thomas Sankara, que d'aucuns qualifiaient de «Che africain» assassiné lors d'un coup d'état au Burkina Faso en 1987, et dont les recherches pour retrouver le corps ont débuté en mai dernier, quelque 25 ans après les faits. Il revisite aussi Secret World de Peter Gabriel, pièce qu'il aurait aimé composer, confie-t-il sans gêne.

«Plus qu'un album engagé, je dirais que Melokáane est un hommage. Un hommage à Mandela, Sankara et Gabriel, mais aussi aux immigrés déportés, aux immigrants qui tentent de se refaire une vie en arrivant dans leur pays d'adoption», souligne celui qui vit à Montréal depuis plus de 15 ans maintenant.

Cela n'empêche pourtant pas Élage Diouf de dénoncer le mépris et la peur que plusieurs éprouvent face à la spiritualité des autres, «alors que les livres saints prônent tous la paix» (Misal), ou de constater un bris de confiance dans les relations humaines, par manque d'intégrité et de respect (Badola). Il ne se prive pas non plus de se faire espiègle (Sai Sai), ni de donner envie de faire la fête ici et maintenant (Tay).

«Ce sont d'abord et avant tout les expériences de vie qui m'ont inspiré!»

Se faire comprendre par la musique

L'artiste est bien conscient que peu de gens comprennent ce qu'il chante dans sa langue maternelle, le wolof. Pour lui, tout passe donc par la musique.

«Les mélodies et les rythmiques sont la base de tout, pour moi, autant quand je fais de la musique que lorsque j'en écoute, mentionne-t-il. J'aime le blues et la musique celtique même si je ne comprends pas toujours les textes en anglais.»

Or, une mélodie ou un «groove bien tourné» peut l'habiter longtemps, le faire voyager et lui faire ressentir bien des émotions. «C'est donc ce que j'essaie de faire moi aussi: raconter des histoires de la vie quotidienne grâce à des musiques qui marient toutes mes influences.»

Et s'ouvrent sur le monde, des chaloupants effluves bluesés de la guitare de Jordan Officer à la voix de Johnny Reid, en passant par un piano aux réjouissants accents latins et les incontournables percussions (dont Élage Diouf continue à jouer avec bonheur). «Je fais des ponts dans ma manière de m'exprimer par ma voix et les instruments dont je m'entoure.»

Le quarantenaire se réjouit d'ailleurs que dans son pays natal, les gens qui découvrent sa musique ne le perçoivent pas comme un compositeur de musique sénégalaise. «Je ne cherche pas à faire de la musique africaine ou d'un style en particulier: tout ce que je veux faire, c'est de la bonne musique!» clame-t-il.

Melokáane atterrira dans les bacs des disquaires vendredi prochain, le 28 août.

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