La passion contagieuse de Chilly Gonzales

Chilly Gonzales... (Courtoisie)

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Chilly Gonzales

Courtoisie

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«Je suis un homme de mon temps.» Une expression qu'on entendra souvent au cours de l'entrevue. Un homme de génie, de savoir et de conviction, faut-il ajouter. Mais avant tout, de musique. Sa religion. Le flamboyant Chilly Gonzales s'installera seul au piano, dimanche, dans le cadre du festival Musique et autres mondes.

Mise en garde: sa passion est contagieuse.

«J'ai envie de partager et d'inclure les gens dans ma musique, s'élance avec fougue le musicien avant même que soit posée la question en entier. La musique est pour moi une dépendance positive, elle m'a sauvé la vie. Elle m'a donné une place dans la société.»

Le ton était donné, par téléphone, en direct de Cologne en Allemagne, là où il habite.

Jason Charles Beck, alias Chilly Gonzales, est né en 1972 à Montréal. C'est là que tout a commencé, avec son grand-père qui lui enseignait la musique classique, les pauses étant comblées de musique pop et de vidéoclips sur MTV.

«Mon frère était bien meilleur musicien que moi, se souvient-il. Jeune, j'ai souffert de ça, je vivais dans son ombre, je n'arrivais pas à m'exprimer musicalement. Quand il est parti de la maison, ça m'a libéré. À 16-17 ans, j'ai compris que mon rêve, c'était de vivre de la musique.»

Les années de recherche

Le verbomoteur a notamment suivi une formation classique à l'Université McGill, dont il garde un souvenir un peu douloureux. «J'étais un étudiant très doué, mais peu assidu. J'errais d'un cours à l'autre, sans trop savoir... je me cherchais.»

Durant les années 1990, il fonde le groupe Son, une formation de rock alternatif, et signe en 1995 un contrat avec Warner Music Canada pour trois albums, dont Thriller qui connaîtra un certain succès. La suite s'avère un échec.

«Quand on a reçu une formation classique, on oublie parfois ce qui est important musicalement pour le reste du monde. On reste pris dans un univers théorique, loin des émotions. Dans mon cas, c'était du jazz compliqué, fusion, ou de la musique rock soit disant virtuose, comme du Faith No More. Je savais bien que ça ne pouvait pas durer, ça n'intéresse personne. Mais secrètement, j'ai voulu montrer que j'étais un bon musicien.»

En 1999, Chilly Gonzales déménage à Berlin, où il découvre le rap. Pourquoi ne pas s'éclater? Trois albums suivront, tout comme de nombreuses collaborations, à titre de producteur, avec des artistes comme Feist, Katherine, Peaches et Jane Birkin.

«Il faut être obsédé, fasciné par le monde artistique d'une personne pour vouloir travailler avec elle. Je cherche des gens qui font ce que je ne peux pas faire. Comment Philippe Katrine réussit-il à écrire un chef-d'oeuvre sur une serviette de table en 45 secondes? J'ai besoin de comprendre ces choses-là. C'est pourquoi je suis un homme de mon temps», affirme celui dont la pièce Never Stop a accompagné la campagne inaugurale du iPad en 2009.

Être de son temps signifie aussi pour lui de partager son savoir, de façon moderne, en publiant entre autres Re-Introductions Etudes, un livre de partitions pour piano facile à apprendre, ou encore, en donnant des ateliers de maître par vidéo dans lesquels il fait le rapprochement - en habile vulgarisateur - entre la musique pop de Taylor Swift, Lionel Ritchie ou Nicki Minaj... et la musique classique.

Bien qu'il vienne tout juste de faire paraître Chambers, un album pour piano et quatuor à cordes, Chilly Gonzales s'amène en solitaire à Ottawa.

«Le concert s'est ajouté au calendrier tout récemment, donc le Kaiser Quartett n'était pas disponible. Je n'ai pas joué en solo depuis septembre dernier, donc ça me manque. Ça va exploser, je vous le jure, ce sera un concert atomique.»

Tenez-vous-le pour dit!

27 heures 3 minutes et 44 secondes

Mai 2009, au Ciné 13 Théâtre, situé sur la butte Montmartre à Paris, Chilly Gonzales bat le record mondial du plus long concert de l'histoire, établi à 26 heures et 12 minutes par l'Indien Prasanna Gudi.

Ses mains au piano, il le pulvérise de près d'une heure en inscrivant au chronomètre la marque de 27 heures 3 minutes et 44 secondes dans un concert-performance réunissant quelque 300 morceaux, de When Doves Cry de Prince à Hit the Road Jack de Ray Charles, en passant ses propres compositions et des oeuvres classiques.

«De l'ego, affirme-t-il catégoriquement, laissant filer un long silence. Voilà ce que ça prend pour se lancer dans une aventure pareille. Je ne me sentais pas bien à l'époque, je m'auto-sabotais. Je venais de faire l'album Soft Power qui témoignait de mon incapacité à communiquer directement ma musique. J'ai voulu reprendre le contrôle de ma carrière. J'ai pensé que cette performance pouvait me traumatiser positivement et m'aider à trouver ma spécialité. Je me suis demandé: qu'est-ce que je peux faire que les autres ne peuvent pas accomplir? J'ai voulu être moi-même. Et oui, ç'a changé ma vie.»

Ensuite, il fonde son propre label, Gentle Threat, et ajoute Chilly à son nom Gonzales, question de mieux définir son image. «Depuis 2009, je ne sens plus le besoin de convaincre, de multiplier les rôles de producteur, de chanteur - ce qui ne m'a pas réussi - ou autres. J'ai essayé un peu de tout, ici et là, mais je ne suis pas un hit maker, ni une pop star. Là où j'excelle, c'est au piano et avec ma grande gueule. Et quelques collaborations qui me permettent de montrer ma vision de la musique.»

Pour y aller

QUAND? Dimanche 12 juillet, 19h30

OÙ? Église Dominion-Chalmers

RENSEIGNEMENTS: musicandbeyond.ca

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