Le pétillant cocktail de Pink Martini

Le groupe Pink Martini sera à Ottawa le 29 juin.... (Courtoisie)

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Le groupe Pink Martini sera à Ottawa le 29 juin.

Courtoisie

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Dans ses rêves les plus fous, jamais Thomas Lauderdale n'aurait pu imaginer le succès international et toujours grandissant que connaît Pink Martini.

«Même si j'avais planifié notre parcours, nous n'y serions pas arrivés», souligne le fondateur et pianiste de la formation. Je dois le reconnaître, nous avons été chanceux en début de carrière. Nous étions au bon moment, à la bonne place.» Trop humble ou lucide? Chose certaine, le talent et une belle folie y sont aussi pour quelque chose dans cette immense réussite.

Joint la semaine dernière à Portland en Oregon, là où le groupe a vu le jour, le musicien poursuivra frénétiquement sur sa lancée. «Il y a des musiciens extraordinaires qui n'arrivent pas à trouver leur public, ajoute-t-il. Leur talent n'est pas en cause ici, les opportunités ne se sont tout simplement pas présentées. Si je fondais Pink Martini en 2015, ce serait un échec. L'offre est tellement grande partout sur la planète que, si on n'est pas branché avec les bonnes personnes, c'est pratiquement impossible de percer. Tout ce qui compte aujourd'hui, c'est la petite histoire personnelle et la célébrité.» Lucide, donc...

De ces coups de chance, il y en a trois qui ont contribué à mettre les douze musiciens sur la mappemonde. En 1997, un film «absolument terrible», au dire de M. Lauderdale et dans lequel a joué la chanteuse China Forbes, s'est retrouvé au Festival de Cannes.

«J'ai supplié China de m'amener avec elle, moi qui rêvais depuis toujours de participer à cette grande fête du cinéma. Elle a chanté à la réception de l'équipe et, ensuite, nous avons fait des prestations ici et là. Notre musique étant cinématographique et internationale, elle se prêtait bien à l'événement.»

L'année suivante, Pink Martini vidait une partie de son pécule pour se rendre par ses moyens en sol cannois. Quatre réceptions mondaines plus tard, le groupe signait une entente avec Naïve Records, une maison de disque parisienne qui allait lui ouvrir les portes du marché européen en distribuant son premier album, Sympathique.

Avant même de percer dans son Amérique natale, l'ensemble obtenait la consécration à l'étranger. Et puis, il y a eu les cafés Starbucks, la chaîne mettant en vedette l'album dans ses points de vente, une chance inouïe selon M. Lauderdale.

Et pour compléter le trio, Pink Martini s'est produit avec l'Orchestre philharmonique de Los Angeles au Hollywood Bowl, le plus grand amphithéâtre naturel des Etats-Unis, d'où l'émergence de collaborations avec des formations, des orchestres et des artistes de partout au monde, qui ne cessent de se multiplier depuis 20 ans.

Composé de chansons originales et de reprises, le répertoire de l'ensemble s'abreuve à diverses sources, que ce soit la musique rétro, latino, le jazz et le classique, dans des textes chantés dans une quinzaine de langues, peut-être même plus encore. Dix albums témoignent de cette diversité qui joue d'ailleurs un rôle central dans sa capacité à se renouveler et à séduire les publics de tous âges et horizons.

Dénicher des trésors cachés

«Le répertoire international n'a pas de fond, s'exclame en riant ce diplômé de Harvard en histoire et en littérature. Partout où nous allons, il y a des antennes qui nous aiguillent sur des incontournables des années 1940 et 1950, que ce soit des journalistes ou des spécialistes.»

«Même le public s'y met. Un jour, je faisais la file dans un commerce à Paris et un homme m'a reconnu. Il m'a fait découvrir la chanson Nature Boy d'Eden Ahbez, popularisée par Nat King Cole. Vous connaissez ?» ajoutera-t-il en se mettant au piano pour interpréter cet air célèbre.

«Ce compositeur hippie campait et vivait sous la lettre L du panneau Hollywood qui domine Los Angeles, raconte-t-il avec passion. En 1960, il a enregistré Eden's Island, qui est mon album favori de tous les temps. C'est aussi, ça, Pink Martini, un voyage dans le temps, à travers les langues, les cultures et la musique. Chacun d'entre nous, on fouille les bibliothèques, les disquaires et tout ce qui est à notre portée pour dénicher des trésors cachés.»

Lorsqu'on lui demande quelle est sa plus grande fierté, sa réponse ne se fera pas tarder. «Je suis étonné de voir à quel point Pink Martini est toujours aussi populaire à une époque où la musique pop et électronique domine l'industrie, fait-il valoir. Nous sommes si différents avec notre musique rétro. Nous avons le bonheur de vivre de notre art, de parcourir le monde pendant 150 jours par année. Ça peut vous sembler banal, mais nous avons tous une maison. Et pour un musicien, c'est pas peu dire.» Humble et lucide, donc...

Pour y aller

OÙ? Au parc de la Confédération

QUAND? Lundi 29 juin, 20h30

RENSEIGNEMENTS: www.ottawajazzfestival.com

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