Zachary, le militant

Zachary Richard... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Zachary Richard

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« J'ai toujours senti une grande solidarité avec les Franco-Ontariens, souligne Zachary Richard. Tout comme en Louisiane, ils sont confrontés aux défis de vivre en milieu minoritaire. Participer au festival et pouvoir célébrer, manifester et revendiquer cette identité me réjouit. Ce rassemblement est en quelque sorte une forme de résistance musicale et culturelle qui se fait dans le plus grand plaisir et bonheur. »

Pour ce militant d'action, de coeur et de poésie, les événements publics et institutionnels comme les festivals sont essentiels pour transmettre aux prochaines générations un sentiment d'appartenance à leur culture.

« Notre existence dépend du bon vouloir de nos voisins. Mais il faut rester ferme sur la question linguistique. Le Festival de musique acadienne et créole en Louisiane, tout comme le Franco, sont une preuve 'publique' de cette fierté identitaire. C'est impressionnant pour un jeune de 10 ans de se retrouver parmi des milliers de festivaliers animés par le même désir. Ça marque et pour nous, en Louisiane, c'est une recette gagnante. »

Selon l'auteur-compositeur-interprète, la musique et l'art sont des disciplines qui devraient être davantage enseignées dans les écoles, l'éducation étant devenue trop unidimensionnelle, très américanisée, où la quête de l'emploi et l'argent sont les « valeurs » qui priment par-dessus tout.

« L'éducation doit exister pour accomplir l'humanité, pour créer de bons citoyens engagés qui ont des vies riches, renchérit-il. La culture fait partie de cette richesse-là - que ce soit la musique, la peinture et la littérature, peu importe, elle enrichit toute la société. L'apprentissage de la musique a une influence directe sur la capacité de déduction et l'intelligence de l'enfant, les preuves à cet effet sont nombreuses. Redonnons à la musique le sérieux qu'elle mérite, qu'elle n'est pas que synonyme de fête, de bière et de lendemains de veille difficiles. Elle permet aussi d'apprivoiser une autre culture, elle encourage cette notion de tolérance et d'ouverture. »

CHANGER LE MONDE À PETIT PAS

D'aussi loin qu'il se souvienne, Zachary Richard baigne dans le militantisme, son père ayant fait partie du Club Rotary dont la devise est « servir d'abord ». Sa poésie, sa chanson et sa vision sociale ont été forgées à la même époque, en 1968, inspirées par cette notion que - tous ensemble - on peut changer le monde, on peut agir et améliorer le sort de l'humanité. Est-il essoufflé parfois ou est-il toujours aussi convaincu de la nécessité de l'engagement ?

« Pour moi, le militantisme, c'est comme une drogue, dit-il en riant. Je sais que ça me fait du mal à l'occasion, j'ai des frustrations, mais je suis accroché. Je ne me lève pas le matin en me disant que je vais sauver le monde. J'agis par amour. Pour l'environnement, la culture française et l'égalité sociale. Je ne vis pas dans une tourmente socio-politico-psychodramatique. J'admire des personnes, comme David Suzuki et Steven Guilbeault, qui sont beaucoup plus engagées que moi. J'aimerais bien avoir la baguette magique pour solutionner tous les problèmes de la Terre mais pour moi, la vie n'est pas faite ainsi. Il y a des hauts et des bas, on fait notre chemin comme on peut en essayant de répandre le plus de bonheur possible autour de soi. Mon engagement social est un projet de partage dans lequel je me réalise et m'amuse. »

Zachary Richard prépare un deuxième album - de hip-hop - avec son petit-fils Émile, aujourd'hui grand de ses 15 ans. L'aimer sans condition et le soutenir dans ces folies d'adolescent tout en lui donnant quelques balises pour éviter les « pires conneries » - il avoue parler en connaissance de cause - constitue la meilleure façon de l'accompagner dans ce dur passage vers l'âge adulte.

« J'ai espoir dans l'amour et dans la vie, conclut-il. Quand l'être humain se couche le soir dans son lit, confronté à ses démons et au quotidien, il lui reste l'amour. S'il y a une chose qui va nous sauver, c'est le don de soi. C'est la seule chose qui a vraiment un impact immédiat et positif sur la vie. »

Pour y aller

Où : Parc Major's Hill

Quand : samedi 13 juin

Renseignements : www.ffo.ca

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