Un pow-wow au-delà des traditions

Cris Derksen et Kristi Lane Sinclair seront de... (Courtoisie)

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Cris Derksen et Kristi Lane Sinclair seront de passage au Club Saw mercredi soir.

Courtoisie

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Depuis cinq ans, le Red Ride Tour s'efforce de faire tomber les idées préconçues qui persistent à ne percevoir de l'art autochtone que son masque traditionnel.

Cette vitrine itinérante offre des spectacles à géométrie variable en donnant le micro à des artistes issus des Premières nations versés dans une musique résolument contemporaine, qui explorent tant le hip-hop que le folk, le grunge ou la musique classique.

Leur culture aborigène peut leur servir d'inspiration ou de couleur, mais s'abreuver à cette source n'est pas un objectif en soi.

«L'idée, c'est surtout de montrer des choses nouvelles. Notre but est plutôt de montrer que ce qui se fait au Canada, en terme de musique indigène, n'est plus nécessairement synonyme de "musique traditionnelle"», explique au téléphone la cofondatrice de cette tournée, Cris Derksen.

Cette Albertaine d'origine crie n'aime guère les carcans de genre. Violoncelliste sanctionnée d'une formation en musique classique, elle s'amuse sur scène à concevoir toutes sortes d'effets sonores et de textures électroniques - créés live, pédales au pied - afin de tisser une tapisserie d'ambiances très modernes où s'entremêlent ses racines traditionnelles.

Cette forme musicale, qu'elle a baptisé «pow-wow orchestral» et lui sert de «pont entre les deux cultures» sera au coeur de son prochain album, dont la sortie est prévue le 7 août à Toronto.

Au Club Saw, mercredi soir, Mme Derksen s'arrête en compagnie de Kristi Lane Sinclair, sa complice cofondatrice du Red Ride Tour.

Guitariste partageant des origines haida et crie, Mme Sinclair est considérée comme un des piliers de cette «nouvelle vague» autochtone, elle qui explore le classique avec autant d'aise que le grunge ou le folk. Sur son plus récent album, Dark Matter, paru il y a quelques semaines, les sonorités s'entrechoquent fougueusement ou s'abandonnent à de riches étreintes.

Les deux musiciennes partageront la scène avec leur complice d'un soir, la violoniste Laura Ortman. Celle-ci a fondé le Coast Orchestra, en plus d'avoir fait sa marque au sein de Stars Like Fleas, groupe où se télescopent jazz et textures électroniques.

D'année en année, le Red Ride Tour a pris de l'ampleur. Une quinzaine de musiciens ont participé à cette cinquième édition. L'opération «n'est pas encore assez rentable» pour payer le cachet d'artistes renommé, convient Cris Derksen, mais le bluesman Derek Miller, ontarien de Six nations deux fois junoïsé s'est greffé au coeur du projet.

Dans chaque ville où il s'arrête, le Red Ride Tour donne aussi l'occasion à des artistes locaux de se produire en première partie. DJ Bear, du collectif ottavien A Tribe Called Red, à la source du révolutionnaire «pow-wow électro» a déjà participé à la tournée.

Après avoir offert une quinzaine de dates à travers le pays, la petite troupe s'apprête à mettre fin à la portion canadienne de leur voyage. Après un détour par Montréal, jeudi (seul arrêt en territoire québecois), le Red Ride partira à la conquête de l'Amérique, en commençant par Brooklyn et Seattle.

Pour y aller

QUAND? Mercredi 3 juin, 21h

OÙ? Club Saw (67, rue Nicholas)

RENSEIGNEMENTS: 613-236-6181 ; www.redridetour.com

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