Bet.e and Stef, intemporel et semeur de renouveau

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Bet.e retrouve Stef pour un nouvel album intitulé Seeds.

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Qui n'a pas dans sa discothèque Day by Day, l'album phare de Bet.e and Stef ? Depuis sa parution en 2002, l'oeuvre fait un pied de nez aux modes qui passent, traversant avec grâce les époques, les générations, les partys entre amis, les soirées de cocooning et les longues promenades en voiture.

Bonne nouvelle : le duo revient en force avec Seeds et de nouvelles chansons chargées de lumière, d'espoir et de rythmes latins tout aussi intemporels et accrocheurs.

Du studio dans le Mile End où a été enregistré le nouvel opus, la voix d'Élizabeth Provencher retentit au bout du fil, tôt, vers 9 h, avec une énergie d'une telle intensité qu'on ne peut s'empêcher de demander à la belle - coiffée maintenant d'une chevelure rouge pétant - ce qu'elle met dans son café.

« Ça roule ! On fait des entrevues depuis 7 h 30 ce matin ! s'exclame-t-elle en riant. La réception de l'album est formidable, les radios font jouer notre musique, les fans sont heureux et nous, on est tellement contents de présenter et de partager - enfin - du nouveau matériel. »

L'accueil chaleureux du public et des médias s'explique sûrement par le fait que les compositions ont été testées et approuvées dans un « laboratoire de création » auquel ont participé avec bonheur et complicité leurs admirateurs.

Sensualité ouatée

« Depuis deux ans, on présente nos chansons dans de petites salles de 200 places, explique-t-elle. Avec Jay Atwill, qui nous accompagne sur la route, on a arrangé et réarrangé les compositions, cent fois sur le métier, les spectateurs nourrissant de leurs commentaires le processus créatif. »

Guitariste, réalisateur et chanteur australien, Jay Atwill a collaboré notamment à l'album Magnify de Coral Egan et avec Stef (Stéphane Carreau) durant le temps d'arrêt du groupe.

« Il a fait un travail d'orfèvrerie sur l'album, fait-elle valoir. Il sait comment prendre une chanson et l'amener à la meilleure place, en ajoutant une petite pause par-ci ou en coupant une petite mesure par-là. On a beaucoup appris avec lui. »

Ainsi, c'est à trois têtes et six mains que Seeds a été créé, la guitare semi-acoustique de l'un se mêlant aux refrains de l'autre. Il en résulte huit chansons originales en anglais, empreintes d'une sensualité ouatée où rien ne jure, les arrangements finement ciselés flirtant avec des notes de reggae, de soul, de samba, de jazz et de folk.

La bossa nova - leur marque de commerce - se fait plus discrète, pour laisser place à un métissage de rythmes latins toujours ponctué des harmonies vocales si distinctes du duo.

Malgré cette méthode organique, toutes les chansons parlent de Bet.e et Stef et d'histoires personnelles qui ont marqué leurs parcours. Des histoires dans lesquelles tous les coeurs peuvent se reconnaître. La chanson-titre, la première qui est née, est inspirée d'un jardin que le tandem a semé en milieu urbain à Sherbrooke.

« Au fil des ans, le potager a pris de l'ampleur, il a eu un effet de rayonnement dans un quartier plutôt défavorisé. La communauté s'est investie, d'autres jardins ont poussé, même les enfants se sont mis de la partie. »

« Ce fait vécu est devenu une métaphore de l'amour qu'on sème autour de nous et qui donne des fruits, de l'espoir et une forme de liberté, tous des thèmes qui traversent l'album. »

De la liberté, ils ont eu la grande sagesse de s'en accorder en prenant une pause au milieu des années 2000. La séparation s'échelonnant sur 10 ans sera salutaire pour les deux artistes qui étaient allés au bout de leurs ressources physiques et mentales.

« Après le succès de Day by Day, vendu à 200 000 exemplaires, [la maison de disques] Universal nous a offert un contrat international d'un demi-million de dollars, ce qui nous engageait à produire cinq autres albums, se souvient-elle. On travaillait sans arrêt depuis près de 13 ans, on était complètement épuisés malgré notre jeune vingtaine. Était-ce de la sagesse ? Se quitter relevait plutôt d'un instinct de survie viscéral, le groupe était sur le point d'imploser. »

Ils en ont donc profité pour se ressourcer sur les plans humain et artistique, Stéphane fondant une famille, Élizabeth redécouvrant les joies du plein air, chacun d'eux explorant diverses avenues musicales en créant son propre matériel.

Aujourd'hui dans la quarantaine, ils reprennent les rênes de la formation, avec cette fois dans leurs bagages 20 ans d'expérience, une bonne dose de jugement, de la sérénité, un respect mutuel accentué ainsi qu'une plus grande appréciation de leur métier.

Comptabilité, photographie, relations de presse, marketing, production, création, réalisation, arrangements, graphisme et diffusion sont autant de tâches qu'ils accomplissent en personne, question de mieux assurer leur avenir, la machine Universal étant néanmoins derrière eux.

« J'ai même adressé une à une les enveloppes contenant les albums vendus à l'avance », rigole-t-elle. « Bien que l'industrie ait connu des bouleversements importants, nous avons maintenant toutes les compétences nécessaires pour assurer notre pérennité. Pour l'instant, nous concentrons nos actions au Québec ; percer le marché international viendra au moment opportun. On savoure chaque seconde de renouer avec le public, surtout quand on voit dans la salle les enfants de ceux qui nous suivaient il y a 20 ans. Il n'y a pas de plus beau cadeau », ajoute Elizabeth Provencher, l'émotion dans la voix.

Pour y aller

Où ? Cabaret la Basoche

Quand ? Les 22 et 23 mai à 20 h

Renseignements : www.ovation.qc.ca

Où ? Café aux 4 jeudis

Quand ? Mercredi 10 juin dès 17 h

Renseignements : (entrée libre) (819) 771-9557

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