Patrick Watson, le coeur en apesanteur

C'est entouré de Mishka Stein, Robbie Kuster et... (Courtoisie)

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C'est entouré de Mishka Stein, Robbie Kuster et Joe Grass que Patrick Watson a conçu Love Songs For Robots.

Courtoisie

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Avec Love Songs For Robots, Patrick Watson signe non seulement une «déclaration d'amour à la science-fiction», mais aussi ce qu'il considère son album le plus personnel à ce jour.

De son propre aveu, l'auteur-compositeur-interprète de 35 ans a récemment traversé une «année de reconstruction», au cours de laquelle il s'est parfois retrouvé «sur le pilote automatique». «Et ce n'est pas une sensation super agréable... J'ai dû apprendre à lâcher prise», confie-t-il.

On ne s'étonne pas, dès lors, que Love Songs For Robots propulse l'auditeur en état d'apesanteur.

«C'est carrément une invitation à se laisser aller à flotter, à repartir à zéro», confirme Patrick Watson, à l'autre bout du fil.

Et à nous rappeler de ne pas oublier l'humain en soi, dans une société où la technologie prend de plus en plus de place?

«Ce n'est pas ma job de dire ça!» se défend bien l'artiste, un sourire dans la voix.

«Mais je ne te cacherai pas que c'est ce que, moi, je n'ai pas voulu oublier pendant cette année...», renchérit-il d'un ton plus sérieux, après une courte pause.

Patrick Watson s'est donc naturellement tourné vers la musique, qui «n'a jamais rien eu de mécanique pour [lui]», afin de prendre un nouvel envol.

L'homme derrière le robot

L'idée de rendre hommage à la science-fiction est ainsi venue de son désir de retrouver l'homme derrière le robot qu'il a eu l'impression d'être par moments devenu dans son rapport aux autres. «Depuis que je suis tout petit, je consomme de la science-fiction!» lance le trentenaire.

En littérature. Et de citer Isaac Asimov et son Cycle de Fondation. En cinéma. Et de mentionner Blade Runner de Ridley Scott. En musique, aussi. Et de rappeler Vangelis.

«Pour moi, la science-fiction n'est pas question de robots ou d'effets spéciaux, mais bien un genre qui confronte notre perception du monde, explique-t-il avec ferveur. Ce qui me fascine, dans ces histoires, c'est justement de voir comment les humains réagissent et se comportent dans un nouvel environnement.»

Son défi tenait à «mettre de la chaleur» dans cet univers souvent perçu comme froid. «Il y a quelque chose de vraiment touchant dans la physique quantique ou dans la notion de gravité, par exemple. En tout cas, il y a plus de poésie, à mes yeux, dans une équation mathématique que dans certains versets de la bible.»

Tout comme il y a de la poésie «dans le travail», surtout lorsqu'il est fait «en famille», enchaîne-t-il en riant.

Patrick Watson a donc retrouvé ses complices Mishka Stein, Robbie Kuster et Joe Grass (qui remplace Simon Angell à la guitare) pour concevoir Love Songs For Robots. Et, du coup, pour révéler «la magie étrange des mathématiques et des sciences» à travers ses désirs d'apesanteur résolument humains, en faisant se répondre l'électronique et l'organique.

«C'est le disque qui, au final, se rapproche le plus de l'esprit de gang que nous avons sur scène», mentionne-t-il.

Ensemble, ils ont notamment donné une touche de Paul Simon et de David Bowie à des pièces comme Hearts et Grace.

«Comme les trois autres, je suis fan de Bowie, mais je n'aurais jamais été capable de faire de tels arrangements tout seul!» soutient le chanteur.

Sa voix, et les choeurs, s'avèrent d'ailleurs à l'avant-plan, sur cette nouvelle galette. Patrick Watson y joue de ses cordes vocales comme d'un instrument sur In Circles et Turn Into The Noise, entre autres.

«Chanter, c'est le moyen que mon cerveau, qui n'est pas très bon avec les mots autrement, a trouvé de s'approprier une façon de parler, de m'exprimer.»

Et de projeter ses émotions dans une autre dimension.

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