La soirée orchestrale de Daniel Lanois

Daniel Lanois était bien entouré, jeudi soir, alors... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Daniel Lanois était bien entouré, jeudi soir, alors qu'il a présenté son spectacle avec l'Orchestre du CNA.

Etienne Ranger, LeDroit

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Rarement aura-t-on vu une foule aussi bigarrée devant l'Orchestre du CNA, octogénaires, boomers et adolescents s'entremêlant, le jean troué côtoyant allègrement la petite robe-cocktail et la chemise carreautée.

Jeudi soir, sous une pluie de cris et d'applaudissements, Daniel Lanois s'est avancé, le rocker ayant troqué son éternelle casquette pour un chapeau, concert symphonique oblige. Welcome home, enfant chéri de l'«Ottawa Valley», welcome home...

Grande classe il sera, présentant d'emblée David Martin, chef d'orchestre et maître d'oeuvre des orchestrations de sa musique. Deconstruction of Early Days donnera le coup d'envoi à ce qui s'impose incontestablement comme l'événement musical de l'année.

Tout au long de la soirée, le célébrissime producteur expliquera sa démarche, racontant ici et là quelques anecdotes entourant chacune de ses chansons. Chose promise, chose due, tout son attirail de studio se trouve sur scène, ses musiciens l'accompagnant parfois à la guitare et à la batterie. Des vidéos seront projetées sur un écran géant placé au-dessus de l'orchestre, certaines images ayant été captées durant la tournée européenne de Flesh and Machine, d'autres, filmées en direct, sous nos yeux, alors qu'il pose son génie sur le clavier, sa guitare.

Question de sonder les préférences du public, il interprétera sa version de Sonho Dourado, cédant ensuite la place aux virtuoses de l'OCNA, ces derniers remportant la palme de la somptuosité, les spectateurs complètement sonnés par tant de beauté. «OK, man, I got it, ils sont meilleurs. En ce qui me concerne, they're just louder», s'exclame-t-il à la blague.

Il s'accompagnera au piano sur Iceland, une superbe vidéo nous montrant une jeune fille dansant à tout vent dans un champ, enchaînant par la suite avec deux nouvelles compositions créées spécialement pour le concert - et pour se faire plaisir - le solo Crash Mountain et Senegal, inspirée notamment de sa collaboration avec Youssou N'Dour.

Viendront ensuite ses grands succès, Still Water, Jolie Louise, The Maker et Marie-Claire, la voix de Daniel Lanois coulant dans nos oreilles comme de l'or, si précieux, trop rare, beaucoup trop rare sur les scènes d'ici. Les arrangements plus rock, «dans le tapis», témoigneront des origines musicales de l'auteur-compositeur-interprète.

Au moment d'écrire ces lignes, le concert tirait à sa fin. On se sera pincé la peau à plusieurs reprises tout au long du spectacle, question de se rappeler que ce n'était pas un rêve, un trop-plein de talent nous ayant complètement renversés.

C'est à Basia Bulat que Daniel Lanois a confié la première partie du concert, les deux artistes ayant fait connaissance aux prix Juno. Peu après, la Torontoise d'origine polonaise lui avait rendu hommage au Gala des prix du Gouverneur général pour les arts de la scène.

Guitare à la main, la belle blonde a brisé la glace, entamant Heart of My Own de sa voix si distincte, parfois chevrotante, tantôt si puissante, l'émotion toujours à fleur de peau.

S'accompagnant aussi au charango et à l'autoharpe, elle prendra quelques secondes pour faire un peu d'humour. «J'ai déjà eu de la difficulté à accorder tous ces instruments, avoue-t-elle en riant. Maintenant, je le fais devant l'Orchestre du CNA. On peut dire que j'ai fait du chemin», s'est-elle exclamée, le public se laissant emporter par son rire contagieux. Bouleversante elle sera au piano Steinway avec Tall Tall Shadow, «un petit luxe qu'elle s'est payée» pour l'occasion. Chose certaine, elle en aura conquis plus d'un ce soir-là.

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