Pour l'amour du jazz... et du français

Terez Montcalm... (Courtoisie)

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Terez Montcalm

Courtoisie

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L'entrevue est à peine commencée qu'un chien se met à aboyer. On sonne à la porte, Terez Montcalm ouvrira, menant alors deux discussions de front, l'une au téléphone, au sujet de son nouveau disque, Quand on s'aime, et l'autre, beaucoup moins agréable, pour régler une réparation quelconque autour de la maison.

Elle s'excuse gentiment pour cette «interruption», la voix chaleureuse et ébouriffée. «Donc, oui, poursuit-elle, le chien que tu as entendu, c'est Poupée, que l'on voit avec Pompon sur la pochette du disque; mes deux caniches royaux. J'ai une équipe du tonnerre qui s'occupe d'eux et de la maison quand je pars à l'étranger. Ma famille habite à deux coins de rue, puis mes voisins sont extraordinaires. Bon, là, tu sais tout de ma vie!»

En français dans le jazz

Terez Montcalm a le jazz dans le sang, un talent inné que toute l'Europe ne cesse d'applaudir. Elle fait partie de ces artistes qui ne cherchent pas à se mettre au-devant de la musique, tout son être et son âme étant au service de celle-ci, menant sans cesse une quête absolue pour la faire exister - à son meilleur - dans le coeur des autres.

«À chaque spectacle, je chante trois à quatre chansons en français, précise-t-elle. C'est immanquable, le public en réclame toujours d'autres. À la fin de la soirée, on me demande constamment pourquoi je ne sors pas un album jazz en français. C'est un cri du coeur que j'entends depuis des années!»

Elle s'est mise au boulot à l'été 2014, tous les jours, à faire des recherches, consulter les amis, fouiller sa mémoire et tester des chansons. «Le répertoire jazz français, ça n'existe pas, dit-elle catégoriquement. Il n'y a que trois chansons qui sont considérées comme de vrais standards jazz, notamment Les feuilles mortes, écrite en français, qu'on a par la suite traduite en anglais. Et puis il faut éviter de faire kitsch, le piège est tellement facile. Pensons aussi à La belle vie de Sacha Distel, que j'ai reprise ici, dont certaines versions sont tellement de mauvais goût, que ça lève le coeur.»

On connaît toute la puissance vocale de la jazzwoman, celle-ci sachant la doser subtilement pour laisser respirer les paroles de classiques comme L'amour c'est comme un jour de Charles Aznavour, Quand on s'aime de Michel Legrand, Que reste-t-il de nos amours de Charles Trénet ou, encore, Chagrin d'amour, un texte de Claude Nougaro, gracieuseté de son épouse, qu'elle a mis en musique.

En lisant les titres, une constante se faufile, le thème de l'amour. «Les plus belles chansons sont celles qui parlent d'amour. Nougaro, Aznavour, Ferland: tous les auteurs de cette génération-là ont porté l'amour en musique. Et puis j'adore chanter la pomme!»

L'album a été enregistré à Montréal avec des musiciens français qu'elle couvre d'éloges. Ainsi, Géraldine Laurent au saxophone, Christophe Wallemme à la contrebasse, Pierre-Alain Tocanier à la batterie et Jean-Marie Ecay à la guitare donnent vie au huitième opus de sa carrière.

Sans oublier le pianiste américain Gil Goldstein à la réalisation. «Gil, c'est le génie derrière Here's To You, l'album hommage à Shirley Horne que j'ai fait en 2011. On a travaillé exactement de la même façon: en studio, on fait deux à trois prises, maximum, puis c'est terminé. C'est souvent la toute première version qui est la meilleure. À cette étape-là, il faut dire que je suis fin prête, j'ai pioché sans bon sang depuis des mois pour trouver les harmonies vocales et peaufiner les maquettes.»

Certes, on croit au dur labeur pour arriver au succès. Mais à l'entendre fredonner spontanément au bout du fil, la voix libre de toute contrainte, on ne peut s'empêcher de penser que la grâce y est aussi pour quelque chose.

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