Anique Granger explore la rupture

La Fransaskoise Anique Granger prendra la route en... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La Fransaskoise Anique Granger prendra la route en formule quintette, en compagnie de l'indispensable Rick Haworth. «Cinq personnes, c'est un band énorme, pour moi qui me suis surtout produite en solo ou en duos, ces dernières années».

Etienne Ranger, LeDroit

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Dans le coeur d'Anique Granger, les émotions étaient si fortes qu'elles se sont changées en «émeute».

Les dix pièces d'Aimer comme une émeute respirent la mélancolie en explorant la douleur ou le vide qui accompagnent la fin d'une relation amoureuse.

«Il y a aussi de la beauté et de la poésie», se dépêche de préciser la Fransaskoise, qui tenait à affirmer ces contrastes à travers un disque intimiste, mais proposant un folk nettement plus électrifié que ses deux précédents opus.

«Par pudeur», elle avait jusque-là «évité les chansons de rupture», préférant ne pas ajouter son nom à la longue liste d'âmes endolories qui étalent leur chagrin en chansons. Cette fois, le défi, c'était de plonger, «de se laisser aller à ça, sans avoir peur d'explorer [...] les gros changements qu'il y a eu dans ma vie ces dernières années». Un exercice qui demande un tout autre niveau d'ouverture», s'est aperçue l'auteure.

Son public ottavien s'en rendra compte bientôt, puisque l'auteure-compositrice-interprète procède au lancement du disque ce mercredi, au Mercury Lounge.

Entre douceur et saleté

La rupture fut aussi méthodologique. Si le polyvalent musicien Rick Haworth, fidèle complice d'Anique Granger, est toujours bien présent sur le disque, sur lequel il manie tant le pedal steel que le dobro ou l'harmonica, il a en revanche cédé à Fred Fortin sa place derrière la console de réalisation.

«Les chansons étaient toutes écrites, et je cherchais à leur donner un côté plus sale. Je voulais aussi un band, et de la pesanteur», dit la musicienne pour expliquer le changement.

Son nouveau réalisateur, elle l'a choisi pour sa réputation et pour «sa vibe, l'énergie qu'il pouvait apporter», sans le connaître personnellement. «Je sentais qu'il allait me pousser, me faire travailler différemment.» En studio, elle a accepté d'être «déstabilisée» en se laissant imposer de nouveaux musiciens - dont François Lafontaine (de Karkwa) aux claviers et Jocelyn Tellier (Dumas) aux guitares électriques - sélectionnés par Fred Fortin, parmi les complices qui gravitent autour de lui. Ce dernier a aussi prêté main forte à la basse.

«Ces gars-là sont des machines créatives: on écoutait la toune le matin ; ils prenaient des notes, et on jouait l'après-midi.» Le soir, le morceau était bouclé. Car Fortin cherchant l'authenticité du moment, plutôt que la perfection des interprétations, a astreint son équipe au principe du «one take» (une seule prise), quand les micros captent tout le monde en même temps.

Au départ, l'ex-Polly-Esther avait prévu d'apposer sa voix lors d'une seconde étape. «Je ne pensais pas chanter autant live, mais l'énergie était tellement bonne, que j'ai voulu faire partie de ce moment-là avec eux.»

L'expérience lui a permis de dompter sa «peur de ne pas avoir le contrôle».

«D'habitude, c'est moi qui dirige le bateau. [...] Avec eux, j'ai appris à lâcher prise. C'est une belle chose, la perte de contrôle.»

Elle a également appris «à être plus relax' par rapport à ce que je suis prête à accepter, d'habitude, en ce qui concerne mes performances vocales». Apprenant à se faire confiance, elle a même osé troquer quelquefois sa guitare acoustique pour une électrique.

Malgré sa «douceur», «Aimer comme une émeute constitue selon elle un album «plus chargé, plus électrique» où elle a fait preuve d'«audace». «La distorsion que je voulais obtenir vient beaucoup des claviers - et un peu des guitares. Cest drôle, parce que j'avais la phobie des claviers, avant. J'avais toujours peur qu'ils prennent trop de place. Mais François [Lafontaine] n'est pas arrêtable: il joue partout, tout le temps.»

Sur le disque, Anique Granger a aussi développé l'écriture collaborative. Fortin lui a offert une chanson, Bocal, dont le propos nourrissait la thématique du deuil amoureux. Une «vieille amie», l'Ontarienne Tricia Foster, a coécrit et co-composé avec elle l'extrait Inassouvi. Et une musicienne Belge, Géraldine Cozier, a accompagné le développement de Mes mains sont sales.

Pour y aller

OÙ? Mercury Lounge

QUAND? Mercredi 22 avril, 17h

RENSEIGNEMENTS: 613-789-5324 ; www.aniquegranger.info

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