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Le côté Sauvage et... québécois de la Française Sophie Tapie

Sophie Tapie... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Sophie Tapie

Patrick Woodbury, LeDroit

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Découverte par le grand public en 2012, à l'émission The Voice, en France, Sophie Tapie, fille de Bernard Tapie - légendaire homme d'affaires qui fut aussi chanteur, comédien, auteur, ministre et repris de justice - a choisi le Québec pour enregistrer son premier album, Sauvage, un disque à saveur country disponible depuis le 7 avril en format numérique.

La demoiselle de 27 ans a depuis longtemps le coeur country, un genre musical dans lequel l'Hexagone n'a pas la réputation de briller.

D'ailleurs, à The Voice, «je ne pouvais pas me permettre de faire du country. On m'a dit qu'en primetime, devant neuf millions de personnes, ce n'était pas possible. Je n'ai pas insisté. C'était ma première grande expérience télé en tant que chanteuse... je n'allais pas m'imposer».

Respectant les décisions du diffuseur, elle s'est résignée à reprendre Bruno Mars et Johnny Halliday, alors qu'elle aurait préféré se frotter à Walk the Line de Johnny Cash.

Sophie Tapie ne sait pas comment le public français recevra l'exotisme de ce disque qui explore «le country-folk, le country-rock et le country-variété».

«Inch Allah! On verra!»

Mais pour cette femme qui «fonctionne toujours au feeling», les considérations stratégiques étaient cette fois secondaires, face à l'«envie de faire entendre des instruments que les Français n'entendent quasiment jamais», tels le banjo, le pedal steel, l'harmonica ou le dobro.

«Je suis peut-être la seule Française à jouer du banjo», lance sans sourciller cette guitariste et pianiste pleine de détermination. À 17 ans, elle quittait son bercail pour apprendre les ficelles du métier à l'Arts Educational School de Londres. Une fois diplômée, elle a poursuivi ses gammes sur scène, au théâtre (notamment dans Oscar, au côté de son père), au cinéma et à la télévision, en tant qu'animatrice pour la chaîne spécialisée Equidia.

Cette authenticité sonore, c'est au Québec que Sophie Tapie est venue la chercher. Elle s'est bien entourée du musicien Steve Marin, qui a coécrit et cocomposé avec elle les 12 morceaux de Sauvage, et du réalisateur Guy Tourville (France D'Amour, Roch Voisine, Annie Villeneuve, entre autres).

Un pays qui lui ressemble

«Depuis que je suis toute petite, j'adore le Québec. Comme l'album le dit, je suis un peu sauvage, j'aime les grands espaces et les vraies saisons; j'aime quand il fait vraiment froid. C'est un pays qui me ressemble. Que je respecte beaucoup parce qu'il représente pour moi le village d'Astérix. Et j'avais envie de faire partie de ce village.»

À ses yeux, la Belle Province constitue surtout, musicalement, «le parfait mélange entre l'Amérique et la francophonie. Vous avez le meilleur des deux mondes», sourit la chanteuse, biberonnée au Daniel Balavoine, Michel Berger, Johnny Halliday et Céline Dion.

«Et puis un jour, vers sept ou huit ans, j'ai entendu Johnny Cash à la radio et j'ai eu un véritable coup de coeur pour la voix, les sons, le rythme, même si je ne comprenais pas de quoi ça parlait. Ça n'avait rien à voir avec ce qu'on entendait», se souvient-elle.

C'est en juillet dernier qu'elle a posé ses valises à Montréal, à la suggestion du producteur et patron de Vega Musique, Marc Britan, qui l'avait repérée à The Voice. Il cherchait une francophone pour enregistrer un duo avec l'une des muses de son étiquette, la chanteuse anglophone Gabriella.

«Elle a une voix extraordinaire!» s'enthousiasme Sophie Tapie. La chanson, Roll On The Road, a finalement été enregistrée en français. Elle figure d'ailleurs sur l'album, en attendant que le duo la reprenne en anglais, cette fois sur le disque de Gabriella.

La Française sent qu'elle s'intègre bien à sa nouvelle terre d'adoption. Elle s'est fait «plein de nouveaux amis», a trouvé ses «repères», fait quelques belles découvertes musicales - dont le groupe 2frères et l'Acadien Hert LeBlanc, «Il me fait rire... j'adore!» - et n'est pas insensible aux idiomes régionaux.

«C'est ben l'fun!» l'entendra-t-on dire à son équipe, sourire en coin.

Un statut à la Elvis Gratton

«Sur papier, je suis une artiste québécoise. Mon passeport est français, mais mon numéro d'artiste est québécois», rappelle celle qui a intégré l'écurie Vega Musique. «Je suis donc une artiste québécoise française, mais exportée en France. C'est compliqué...» poursuit-elle en riant, sans deviner à quel point ses explications à rallonge rappellent le fameux sketch d'Elvis Gratton.

Un signe de son intégration réussie?

Éleveuse d'abord

Depuis sept mois, elle effectue pourtant d'incessants allers-retours en France. C'est qu'elle est aussi passionnée de chevaux. Cavalière accomplie, elle participe à des compétitions hippiques de saut d'obstacles. Surtout, elle en fait le commerce.

«Mon premier métier, c'est l'élevage. Je ne peux pas rester loin d'eux trop longtemps. Ils me manquent trop. Pareil pour mes chiens.» Au pluriel, puisqu'elle en a cinq.

Sophie Tapie revient tout juste de Los Angeles, où elle est allée tourner les vidéoclips de Des milliards de petits corps, le premier extrait destiné au marché français (les radios d'ici continuent de rouler avec Noël Lachance), et de J'envoie en l'air, le simple qui suivra.

La chanteuse reviendra au Québec cet été pour une tournée en festivals, dont les dates seront annoncées ultérieurement.

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