Laurence Jalbert à coeur ouvert

Quand elle évoque les quatre décennies passées à... (André Pichette, La Presse)

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Quand elle évoque les quatre décennies passées à partager avec le public sa passion pour la musique, Laurence Jalbert n'a qu'un mot: privilégiée.

André Pichette, La Presse

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L'auteure-compostrice-interprète Laurence Jalbert célèbre ses 40 ans de carrière cette année, en lançant À la vie, à la mer, soit un «essai autobiographique» et un album sur lequel elle revisite 12 titres de son répertoire, de l'incontournable Au nom de la raison à la moins connue Berceuse dédiée à sa mère. De plus, elle se «payera la traite» en partageant de nouveau la scène avec un orchestre symphonique, celui de Gatineau cette fois, et ce, deux soirs plutôt qu'un, la semaine prochaine. Entrevue avec une femme de coeur.

Quand elle évoque les quatre décennies passées à partager avec le public sa passion pour la musique, Laurence Jalbert n'a qu'un mot: privilégiée.

«Ça fait 40 ans que je gagne ma vie avec la musique. Je sais que c'est un réel privilège.»

La route n'a cependant pas été sans embûches pour la Gaspésienne de 55 ans qui a commencé à chanter dans les bars très jeune. «Moi, la fille gênée, j'ai dû apprendre à prendre une place dans ce milieu d'hommes. Je dis bien une place: la mienne, pas celle de quelqu'un d'autre !» soutient-elle avec fougue.

Le livre À la vie, à la mer rend compte de ce parcours. À travers la genèse de 12 de ses chansons, l'artiste témoigne de plusieurs des (é)mouvances vécues au fil des ans: fan menaçant, père alcoolique, mais aussi amitiés indéfectibles avec, toujours en toile de fond, la musique comme lieu d'échange avec le public, voire de thérapie.

De l'impact d'Au nom de la raison sur sa qualité de vie de mère monoparentale à la naissance de son fils Nathan, grand prématuré, Laurence Jalbert lève le voile sur sa vie. Sans aucun regret.

Elle aborde sa spiritualité, sa vision de l'existence et du milieu dans lequel elle évolue. Ainsi, elle évoque cette Grande Noirceur qui a contraint ses parents à enterrer leur première fille, conçue hors mariage, «une grande soeur que je n'aurai jamais connue à cause du contexte religieux de l'époque...»

«Je suis la somme des choix que j'ai faits, mais aussi du Québec dans lequel je vis», conclut-elle.

Retoucher à l'essentiel

L'idée de revisiter les 12 titres ayant servi de chapitre à son livre est venue au terme de l'exercice autobiographique. La quinquagénaire s'est attelée à la tâche avec son éternel complice, le guitariste Yves Savard.

«On a recomposé chaque pièce sans rien ajouter à ses accords et ma voix. Accumuler les couches de textures, c'est facile. On a pris le chemin inverse, pour se rapprocher de l'humble vérité des textes et des mélodies», souligne l'interprète.

Des plus connues (dont Rage, et Corridor, seule chanson de son répertoire ayant fait partie de tous ses spectacles) aux plus confidentielles (dont Berceuse, par laquelle elle rend hommage à sa mère Edna), Laurence Jalbert et Yves Savard ont délicatement remodelé chaque pièce.

«Démonter une maison sans qu'elle ne s'écroule, c'est un exercice stimulant pour tout créateur. En fait, c'est plus qu'extraordinaire, c'est nécessaire!» explique celle qui, a priori, n'aimait pas sa voix rauque. «Aujourd'hui, je la respecte et j'en prends soin, car c'est grâce à elle que je peux me dépasser, donner le meilleur de moi-même.»

Une dimension symphonique à ses «petites chansons»

Laurence Jalbert a déjà eu le «bonheur» de travailler avec plusieurs orchestres symphoniques. Ne serait-ce que pour les frissons qu'elle éprouve à chaque fois, elle ne refuse jamais une invitation de récidiver.

Elle se prépare donc avec fébrilité à partager la scène avec les musiciens de l'Orchestre symphonique de Gatineau, vendredi et samedi prochains. «C'est magique d'être ainsi soutenue par un son d'une pureté aussi extraordinaire, sans amplificateur ou gugusse technique pour le moduler de quelque façon que ce soit. J'ai la chair de poule juste à y penser!»

L'artiste accordant toujours une attention particulière à l'ordre des pièces qu'elle livre en spectacle, elle entend bien «préparer le terrain et ouvrir le coeur des spectateurs» par quelques chansons livrées guitare-voix, avant de créer des vagues d'émotions avec l'orchestre.

Pour y aller

QUAND? Les 10 et 11 avril, à 20 h

OÙ? Maison de la culture de Gatineau

RENSEIGNEMENTS: 819-243-2525; ovation.qc.ca

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