Il était une fois La Nena

Dom La Nena a habité la scène de... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Dom La Nena a habité la scène de La Basoche comme la grande artiste qu'elle est en train de devenir.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Il était une fois une Dom La Nena qui, bien que malade et fin seule sur scène, a habité celle de La Basoche comme la grande artiste qu'elle est en train de devenir.

Se remettant lentement mais sûrement d'une bronchite, la violoncelliste d'origine brésilienne avait dû annuler ses deux spectacles précédents, prévus à Toronto mardi et à Burnstown mercredi. Avec pour résultat que sa prestation de jeudi à La Basoche a donné officiellement le coup d'envoi à sa nouvelle tournée, s'inscrivant dans la foulée du lancement de son deuxième album, Soyo, au début du mois.

«Vous êtes les tout premiers à écouter mes nouvelles chansons. Je me sens comme une enfant qui montre ses dessins à ses parents après y avoir travaillés très fort toute la journée!» a lancé Dominique Pinto, dite Dom La Nena, visiblement heureuse de se retrouver sur scène, et ce, malgré quelques ajustements techniques et des relents de vilaine toux.

On a certes senti les limites de sa voix tout au long de la soirée. Mais si l'interprète a éprouvé des difficultés à tenir certaines notes, surtout les plus hautes, la musicienne, elle, s'est amusée.

Les cordes sensibles

Regroupés au centre de la scène, tous ses instruments (qui incluait jeudi une essentielle bouteille d'eau) se trouvaient stratégiquement placés à proximité de sa chaise, dont son incontournable violoncelle aux cordes toujours aussi sensibles.

D'une main, la Française d'adoption pouvait donc accentuer ses intentions d'un coup de maillet sur ses percussions ou d'un coup d'archet à l'étonnant vibrato ensuite repris en boucle pour habilement texturer ses mélodies (comme sur Juste une chanson ou Golondrina). Grâce à cette technique, la magnifique Llegaré a justement pu se déployer dans une dimension à la délicatesse vraiment prenante, presque hypnotisante.

De l'autre, elle pouvait empoigner sa guitare électrique pour remonter le cours du temps jusqu'à l'enfance sur Menino ou un tambourin pour offrir un envoûtant Carnaval.

Voguant entre portugais, espagnol, français et anglais, passant d'un instrument à l'autre, Dom La Nena a entraîné les spectateurs aux quatre coins de son univers musical, empreint de mélancolie baignée de soleil. Trois courageux ont d'ailleurs répondu à son invitation de venir danser sur scène avec elle sur Sambinha. Au ukulélé et grelots aux chevilles de l'artiste se sont vite mêlé les encouragements du public, qui a apporté sa touche à la chanson en tapant des mains. Puis des doigts, en rappel, sur La Nena Soy Yo, mettant ainsi en pratique pour une deuxième fois le cours d'espagnol aussi rapide qu'efficace reçu un peu plus tôt pour entonner avec elle le refrain de cette pièce.

C'est pourtant un piano... à doigts entre les mains qu'elle s'était pointée devant un parterre affichant complet, en lever de rideau, revisitant dans une version épurée Era una vez, instaurant d'entrée de jeu une ambiance éthérée, digne d'un conte de fée.

Dont elle aura été, au final, l'artiste charmante, puisque sa présence d'un naturel désarmant et son indéniable talent ont su faire oublier les failles dans sa voix et séduire la foule.

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