C'est le temps des récoltes pour Mastik

Le groupe Mastik: Christopher Coshall, Martin Charbonneau et... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le groupe Mastik: Christopher Coshall, Martin Charbonneau et Simon Poirier-Lachance

Patrick Woodbury, LeDroit

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Prévenez vos mandibules: le premier album officiel de Mastik, De sol et d'éther, lancé mardi dernier au Mercury Lounge, repousse plus loin la formule «rock anti-prémâché» que le sarcastique trio franco-ontarien peaufine depuis 2008.

Christopher Coshall, Simon Poirier Lachance et Martin Charbonneau - à l'époque entourés de Josée-Anne Cousineau - avaient donné un avant-goût de leur talent en 2012, avec le minialbum Mille morceaux.

L'année 2015 pourrait bien être celle de la récolte, pour le trio. La formation remportait en janvier dernier le prix Coup de foudre de Contact Ontarois, et est en lice à un prix Trille Or - le huitième gala aura lieu le 7 mai prochain au Centre des arts Shenkman - dans la catégorie Meilleur groupe. Quant à son premier extrait, Nouveau en pire, il fait partie des cinq aspirants au Prix de la chanson Radio-Canada.

«On a pris une tangente plus rock depuis que Josée-Anne est partie. C'est devenu plus cohérent, plus homogène», convient Christopher Coshall, le guitariste et chanteur.

L'autre membre fondateur de Mastik, Simon Poirier Lachance, abonde dans le même sens. «Le son a évolué, mais on est surtout plus sérieux, mieux organisés et mieux entourés: Laurence a bien su exploiter nos forces en studio.»

Le batteur fait référence à leur réalisateur, le Torontois Laurence Currie, un «incurable audiophile» qui a notamment officié pour Sloan, Hey Rosetta! et la formation électro d'Ottawa Fevers, dont est issu le claviériste Martin Charbonneau.

Les pieds sur terre...

Le «De sol» du titre, c'est parce que leur trio garde les pieds sur le plancher des vaches, jusque dans sa démarche artistique écolo-pragmatique. Mais «notre message n'est pas concret, il faut l'interpréter», laisse entendre Martin Charbonneau.

Retour de balancier, d'ether fait donc référence «aux expérimentations sonores, à la partie plus cosmique» de Mastik, explique Poirier Lachance.

C'est lui qui aime le plus jouer au «scientifique fou dans son laboratoire». Lui qui, penché sur ses «bébelles», «pas de la technologique avancée mais de la vieille machinerie analogique, que j'intègre aux samplings», applique toutes sortes de colorations aux chansons.

Pour donner du corps à la chanson Solipsisme - qui traite de schizophrénie - il intègre le son d'une bouteille de Tylenol pleine de pilules secouée.

Sur la «Frankensteinienne» Viande à chien, il s'est amusé à greffer des bribes sonores repiquées à Pierre Falardeau, au film Manhattan Project, à l'humoriste George Carlin ou au sénateur américain George Hillier.

«On a un regard un peu cynique sur le monde, la politique et la situation socio-économique. C'est notre façon de sublimer notre dégoût et conscientiser l'auditoire - ou du moins d'engager un discours», explique Christopher Coshall.

«Pour l'efficacité des images et l'économie de mots», la poésie de ses textes a été reciselée par le poète franco-ontarien Éric Charlebois, qui fut son enseignant en français.

En tournée, le trio partage souvent la scène avec ses comparses de Pandaléon. Mais pour Mastik, l'objectif est désormais de séduire le marché anglophone, laisse entendre le trio.

De la musique terre à terre

Mastik offrira De sol et d'éther sous forme de disque compact et en vinyle, mais commercialise d'ores et déjà son nouvel album sous forme de carte de téléchargement biodégradable... et «semable».

Ce n'est pas une blague: mouillez la carte et plantez-la (après avoir noté le code pour télécharger les chansons, autant que faire se peut), il en sortira... de quoi commencer un taboulé. Le carton, constitué à 100 % de fibres recyclées, contient des graines de persil et de tomates. L'encre de soya utilisée est bio. Christopher Coshall ne cache pas sa satisfaction à l'idée de pouvoir offrir une musique «comestible».

De plus, affichant leur intention de faire de Mastik un groupe «carboneutre», les membres du trio s'engagent à planter un arbre pour chaque cédé et vinyle vendu.

«C'est une question de redonner à la terre ce qui lui appartient», explique Simon Poirier Lachance qui, plus jeune, a planté des «boutures de jack pine» (pin gris) dans l'Ouest. Quant à Martin Charbonneau, pour avoir longtemps travaillé dans les serres que possède son père, il a lui aussi les pouces verts. Tous deux possèdent des terres dans les environs de Plantagenet, leur bercail.

Pour y aller

QUAND? Le 6 mars, 20 h

OÙ? École secondaire De La Salle (dans le cadre du festival Quand ça nous chante)

RENSEIGNEMENTS: 613-947-7000

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