Bïa au long cours

La chanteuse Bia... (Archives La Presse, André Pichette)

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La chanteuse Bia

Archives La Presse, André Pichette

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Entre ses racines brésiliennes et ses ailes québécoises, Bïa continue de chanter et de se définir. Tantôt par des airs berçants liés à l'enfance, tantôt par des clins d'oeil aux poètes Gilles Vigneault et Jacques Prévert.

Son nouvel album est le fruit de ses allers-retours entre Rio et Montréal au cours des dernières années, de ses rencontres avec plusieurs musiciens inspirants (incluant son cousin Edu Krieger, virtuose de la guitare à sept cordes). Et de sa capacité à se retrousser les manches lorsque sa maison de disques, Audiogram, a laissé l'auteure-compositrice-interprète en rade, en décembre 2013. Comme un bateau ayant vogué par monts et par vaux, Navegar arrivera enfin à bon port, mardi.

«Cet album fait le pont entre mes deux pôles identitaires. Il se veut le reflet de ma navigation aussi bien physique qu'émotionnelle entre deux villes d'eau: Rio, baignée par l'Atlantique, et Montréal, par le fleuve Saint-Laurent.»

Le long hiatus entre la précédente captation de son spectacle avec Yves Desrosiers (2011) et Navegar est dû non seulement à sa participation à Danse, Lhasa Danse et à l'hommage à Jacques Brel, mais aussi à son questionnement sur la direction à donner à son opus.

«J'ai mis ma voix au service des autres pendant quelques années et toutes ces nouvelles expériences ont influencé ma création», explique Bïa.

Le travail du chorégraphe Pierre-Paul Savoie pour Danse, Lhasa Danse, surtout, a ouvert de nouveaux espaces pour sa musique.

«J'ai conçu mes chansons tels des pas de deux autour de ma voix.»

Cette voix, Bïa la dénude sur Navegar, l'entourant de deux musiciens seulement sur chacune des 13 pièces de l'album. «Cette nudité, j'ai toutefois voulu l'habiller de soie sauvage, en faire des nus artistiques, quoi!» évoque-t-elle.

Les atmosphères se font mouvantes, tour à tour chaloupantes (Beijo) et caressantes (Besame mucho). Ici, elle chante en duo avec Andrea Lyndsay (charmante Mon inventaire). Là, elle partage le micro avec Gianmaria Testa (sublime La tua voce).

Le trois quart du matériel était prêt lorsque Bïa a appris qu'Audiogram ne la suivrait pas jusqu'au terme de son aventure créatrice.

«Je ne l'avais pas vu venir, celle-là...» confie celle qui est ainsi devenue productrice par la force des choses.

Elle a donc dû trouver des partenaires pour endisquer Navegar sur sa propre étiquette.

«En ce moment, c'est l'artiste satisfaite du résultat qui te parle. Dans une heure ou deux, j'aurai toutefois remis mon chapeau de femmes d'affaires pour mettre la dernière touche au lancement!»

Par-delà le vide laissé notamment par le deuil de son amie Lhasa De Sela, de son père et de sa rupture avec Audiogram, Bïa a connu un coup de foudre amical avec Alejandra Ribera, avec qui elle propose aujourd'hui une relecture de Cucurrucucú Paloma particulièrement sentie.

La vie a également fait d'elle la maman comblée d'un Petit Voyou prénommé Carlos, qu'on entend sur la dernière piste de l'album.

«Depuis qu'il est là, tous les accommodements me semblent raisonnables!»

Pour y aller

QUAND? Le 30 avril, 20 h

OÙ? Salle Jean-Despréz

RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000; ovation.qc.ca

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