L'album «cochon» de Marie-Pierre Arthur

Toute petite, l'auteure-compositrice-interprète Marie-Pierre Arthur rêvait d'une Barbie,... (La Presse, Marco Campanozzi)

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Toute petite, l'auteure-compositrice-interprète Marie-Pierre Arthur rêvait d'une Barbie, mais c'est une basse qu'elle a reçue en cadeau.

La Presse, Marco Campanozzi

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Marie-Pierre Arthur s'en confesse sans détour: Si l'aurore - qui arrive dans les bacs mardi - est «un disque cochon».

Non, on ne trouvera rien de très impudique dans ce qu'elle raconte sur ce troisième album studio. L'auteure-compositrice-interprète a cependant délaissé les ambiances rock progressif et le folk sage de ces précédents albums pour mieux explorer une forme de volupté - annoncée par l'étreinte passionnée du couple qui s'embrasse sur la pochette.

Cette «sensualité» se ressent dans la nature des grooves langoureux, dont la «rondeur» et la «lenteur» juge-t-elle, s'opposent à l'état d'alerte plus caractéristique de l'énergie rock. «C'est cochon-sexy, particulièrement dans la façon de jouer», note la bassiste, avouant que l'«envie de jouer différemment» la démangeait. Démangeaison qu'elle grattera le 25 février, à la salle Jean-Despréz.

«Dans les rythmes et les sonorités», le nouvel album se distingue beaucoup d'Aux alentours, paru en 2012, convient-elle, hésitant toutefois à parler de métamorphose. Elle préfère évoquer la continuité, les horizons qui s'élargissent, et la recherche «d'authenticité» qui a été au coeur de sa démarche à chaque étape de sa vie artistique. Reste qu'«un créateur souhaite tout le temps être ouvert à d'autres affaires».

En compagnie de son réalisateur, François Lafontaine (Karkwa), qui partage aussi son intimité, Marie-Pierre Arthur a écouté ces trois dernières années «beaucoup de choses qui m'ont transformée de l'intérieur, qui m'ont amenée à devenir "ça". Beaucoup de Sly [Stone], de Cindy Lauper et aussi de la musique plus dark.»

En se plongeant dans le répertoire des Commodores, la formation soul-funk de Lionel Richie, dans les années 1970, elle a senti une sorte de «déclic par rapport à ce que j'avais envie de jouer avec mon instrument - avant même de savoir ce que j'avais envie de chanter. Ç'a m'a donné une direction.»

Elle a, en parallèle, partagé la scène avec de nouveaux musiciens.

«Tout cela a teinté ma musique et influencé mon projet. Quand on jammait, ça donnait quelque chose de plus groovy que rock... ce qui a changé ma façon de jouer de la basse. Et, par la bande, ma façon de chanter.»

Un nouveau «tapis» sonore appelle une autre énergie et d'autres types de mélodies. «Comme tu ressens les choses différemment, tu ne peux pas chanter avec la même intention. La voix change d'expression, ne sort plus de la même façon.»

Mais le rock progressif n'a pas complètement disparu, même s'«il y a un peu plus de "soul de Blanc"», indique-t-elle - traduction du «blue eyed soul», qu'on oppose au soul joué par les musiciens noirs.

Elle revendique d'ailleurs le «côté cheesy» de Si l'aurore. «J'assume totalement cette étiquette "gros fromage sucré" qui a souvent été accolée à la musique de Lionel Richie» et à toute «mélodie super accrocheuse [servie] sur des grooves un peu lents».

«Mais, attention: on ne fait pas un pastiche! Je ne me fais pas rire avec mes propres chansons», précise-t-elle, par précaution. Ces «évocations cheesy» lui servent de point de départ pour «construire» et aller ailleurs.

Les 10 chansons de l'album, coécrites avec sa fidèle complice Gaële, tournent autour de la thématique des histoires de couple.

«Ça parle beaucoup de désir - des désirs de toutes sortes, et en particulier celui qui n'a pas le droit d'être vécu. C'est comme s'il y avait une histoire [racontée au fil des chansons] où j'ai pris plusieurs rôles: celui de la personne qui trompe, celui qui est trompé, celui de l'ami et de toutes les personnes touchées par un bouleversement de ce genre.» Le point de vue de l'infidèle, Marie-Pierre Arthur l'adopte de multiples façons: «Bien avant qu'il ait posé le geste, [puis] lorsqu'il est sur le point de le faire, [puis] juste après.»

Le titre du disque cherche selon elle à désamorcer la situation. «Si l'aurore... ça veut dire et si tout allait bien dans pas long? Ça évoque :"Est-ce qu'on peut traverser ça avec un peu de sourire, en se convainquant que la tempête va passer et que le jour se lève bientôt, et qu'on n'aura pas les séquelles de toute la douleur qu'on vient de ressentir?"»

Pour y aller

QUAND? Mercredi 25 février, 20h

OÙ? Salle Jean-Despréz

RENSEIGNEMENTS: 819 243 8000 ; www.ovation.qc.ca

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