Les coeurs d'enfants de Janvier et Breau

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau.... (François Roy, La Presse)

Agrandir

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau.

François Roy, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ils chantent l'enfance dans tous ses états et éclats. Sur le même disque, mais en solo, se partageant équitablement les pièces (toutes des originales, d'ailleurs).

Pour leur quatrième album à deux, Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau se repositionnent en tant que couple, individus et artistes. Autour du thème de la famille... qu'ils ne fonderont pas au cours des prochains mois, tiennent-ils d'emblée à préciser, en riant. Mais à laquelle ils appartiennent, ne serait-ce que parce qu'ils sont les fils et fille de leurs parents.

«On a voulu changer l'angle de la caméra: au lieu de se chanter l'amour l'un l'autre, on chante l'amour différemment, en explorant le lien, si fort, existant entre autres entre un parent et son enfant. En fait, on a juste voulu renouer avec nos coeurs d'enfant!» souligne Jean-François Breau.

«C'est l'album le plus émotif que j'ai fait jusqu'à maintenant. Il représente bien la femme de 30 ans que je suis devenue, qui cache encore en elle une petite fille aux grands rêves», renchérit Marie-Ève Janvier, entre deux quintes de toux qui expliquent pourquoi le couple a dû reporter à mardi prochain son spectacle Noël à deux, prévu plus tôt cette semaine au Centre des arts Shenkman.

L'idée de Libre leur est venue après avoir offert en cadeau à des amis une berceuse de leur cru pour leur nouveau-né. Ayant d'abord jonglé avec la possibilité de pousser l'exercice plus loin, ils ont plutôt «osé commander» des textes autour du thème de l'enfance aux Michel Rivard, Zachary Richard, Alex Nevsky, Ingrid St-Pierre, Diane Tell, Florence K, Vincent Vallières, Nelson Minville et compagnie.

Avec pour résultat que ces derniers leur font aujourd'hui chanter une mère demandant à son fils de toujours venir lui rendre visite Le dimanche, ou encore un futur papa parlant à son bébé dans la «bedaine» de sa blonde.

Une première pour Marie-Ève

Pendant que son amoureux composait et écrivait trois titres avec Nelson Minville, Marie-Ève Janvier prenait pour la première fois la plume pour évoquer la mort de son frère malade en se glissant dans la peau d'une mère perdant son fils.

«Ç'a fait partie de mon processus de deuil, avoue-t-elle. Il fallait que je la sorte de ma tête, cette chanson. Elle me hantait depuis longtemps, je suppose, car elle est sortie toute seule, alors qu'on reprenait la route, après un spectacle, cet été...»

Elle s'est tout à coup mise à fredonner «Mais quand tu m'souris des nuages/j'entends mon coeur qui te répond», dans l'auto. «J'ai demandé à Jean-François si ça lui faisait penser à quelque chose. Quand il m'a dit que ça ne lui disait rien, je me suis écriée: "J'pense que je suis en train d'écrire une chanson, JF!"», se souvient-elle avec émotion.

Une fois les textes et musiques glanés, encore leur a-t-il fallu déterminer qui allait chanter quoi.

«Une chanson, c'est comme un morceau de linge. Tu as beau trouvé une chemise ben belle sur un cintre, une fois que tu l'enfiles, des fois, t'es obligé de reconnaître qu'elle ne te va pas. On a donc essayé toutes les tounes, Marie-Ève et moi, pour voir à qui elles faisaient le mieux», raconte Jean-François Breau.

Avec ses mélodies plus folk et dépouillées, Libre est «un peu moins dans le divertissement que La Vie à deux ou Noël à deux, au concept vintage assumé», renchérit l'artiste de 36 ans.

Leurs interprétations sont à l'avenant: moins dans le déploiement vocal et beaucoup plus dans l'authenticité des émotions, du moment... et des mots qu'ils se sont appropriés.

Nevsky contre Zachary

Le couple a d'ailleurs procédé à au moins un échange, en cours d'«essayages»: Doux contre Dans l'abri de nos coeurs.

«Je voulais absolument chanter la pièce de Zachary Richard [Doux]. Parce que c'est un mentor, pour moi. Il est mon parrain acadien. J'ai donc laissé Marie-Ève interpréter la chanson d'Alex Nevsky», raconte le Néo-Brunswickois d'origine.

«C'était comme si on était dans une cour d'école, à troquer des cartes de hockey! lance Marie-Ève Janvier. Alex Nevsky a été le premier que j'ai appelé pour lui demander une chanson. Quand j'ai reçu le refrain, je me suis mise à pleurer et, surtout, à me demander si j'étais capable d'assumer son 'Me ferais-tu un enfant'... Quand j'ai compris que oui, il n'était plus question que Jean-François la chante!»

Pour livrer Dans l'abri de nos coeurs, la trentenaire a dû lâcher prise, se brancher sur le coeur et non sur la tête.

«On dirait que je vais casser, sur cette pièce. S'il s'agit peut-être de ma pire performance technique, sur le plan des émotions, c'est l'une de celles dont je suis le plus fière!» clame-t-elle.

À chaque fois qu'elle entrait en studio, Marie-Ève Janvier a d'ailleurs recherché cette fragilité.

«J'ai l'habitude de calculer, d'analyser: comment je devrais placer ma voix, quel pourrait être le premier extrait du disque, etc. Cette fois, nous n'avons pas du tout créé dans cet état d'esprit», fait-elle valoir.

Au point où, occupés par leurs nombreux projets télévisuels (Un air de famille pour lui, L'amour est dans le pré pour elle, et C'est ma toune dont les directs reprennent en janvier pour eux), ils ne savent pas s'ils partiront en tournée avec Libre.

«On a une grosse année télé qui s'en vient et on va se permettre de la vivre à 100%», confirme Jean-François Breau.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer