Quand Dumas chante pour Steve

Dumas... (Martin Chamberland, La Presse)

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Dumas

Martin Chamberland, La Presse

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«Si je chantais pour toi/Aurais-tu moins froid?» Au-delà de l'homme et de l'artiste tendant la voix comme des bras ouverts aux siens et au public pour les réchauffer, «c'est un peu Dumas qui parle à Steve, qui le conforte dans sa voie, cette chanson-là», confie le papa et auteur-compositeur-interprète de 35 ans.

«Chanter, c'est quand même un drôle de métier, renchérit-il. Je n'aurais pas pu écrire un tel texte, parce que je n'aurais pas cru avoir le droit de chanter ça. Mais je trouve ça cool d'interpréter les mots d'Alexandre [Soublière], que j'assume comme si c'était les miens.»

Assumer: Dumas conjugue ce verbe à tous les temps, et surtout au présent, au cours de l'entrevue. Ç'a été le mot d'ordre tout au long du processus de création de son plus récent album éponyme lancé mardi, confirme celui qui, pour y parvenir, a toutefois dû accepter de se mettre en danger.

«Avoir un enfant, ça redéfinit la notion du temps et ça change nos priorités. Recentrer ma vie autour de mon fils [de trois ans] m'a donné l'énergie et le courage de me déstabiliser sur le plan professionnel. Parce que tout venait de s'équilibrer dans ma vie personnelle, j'ai eu moins peur d'aller voir ailleurs.»

Aller ailleurs, ç'a voulu dire rompre avec ses complices musicaux des débuts, dont le guitariste Jocelyn Tellier, pour repartir à neuf avec une nouvelle équipe de collaborateurs, incluant les musiciens Jonathan Dauphinais et Étienne Dupuis-Cloutier. «Me sortir ainsi de ma zone de confort, ç'a représenté une vraie montagne. Une fois rendu en haut, cependant, ça m'a permis de voir autre chose, de voir autrement.»

Et de laisser entendre la voix d'«un gars de 35 ans qui chante en assumant ses failles et ses émotions». Pour mieux, au final, se livrer en tout intimité.

Les mots du changement

Aller ailleurs a pourtant aussi signifié effectuer un retour à la pop électro de ses débuts et «embrasser totalement» une mélancolie «qui a toujours été présente mais qui aujourd'hui se tourne vers l'avant, comme en témoigne Ne me dis pas, par exemple. Même si, à 35 ans, je suis entouré de couples qui se séparent et me demandent si je suis rendu là où je voudrais être à mon âge, j'ai envie de chanter que je veux continuer à y croire, à aller de l'avant».

Ç'a également été synonyme de chanter pour la première fois ses mots mêlés à ceux d'un autre, l'auteur Alexandre Soublière (Charlotte before Christ), «pour parvenir à étrangement toucher une zone plus personnelle encore», souligne Dumas.

Pas étonnant que l'artiste ait, au final, donné son nom à ce nouvel éponyme qui atterrit dans les bacs des disquaires 10 ans après ce qu'il considère comme son premier disque, Le cours des jours.

«Quand j'ai commencé dans le métier, je n'avais pas prévu que je ferais encore ça à 35 ans. De toute façon, je me disais qu'à 30 ans, je serais vieux!, lance Dumas en riant. J'ai dû me demander si j'avais encore des choses à dire, si c'était toujours pertinent de faire un disque...»

L'an dernier, il a donc repris la route, en formule trio, avec ses nouveaux comparses de scène. Cette mini-tournée l'a d'abord mené dans de petites salles, voire dans un appartement à Victoriaville, avant que les trois se retrouvent en studio. «Au moment d'attaquer l'album, j'ai voulu préserver cet esprit du trio, qui sera aussi à la base de la prochaine tournée.»

L'avantage de la distance

Ça n'a pas empêché Dumas d'avoir une surprise, à la suite du mixage, qui a eu lieu à Londres et... sans lui.

«Stephen Sedgwick ne me connaissait pas, ne comprenait pas ce que je chantais, mais il a choisi de placer ma voix à l'avant-plan, ce que je n'aurais probablement jamais accepté de laisser faire, si j'avais été en studio, raconte le trentenaire. La voix de tête que les gens entendent dans Compte à rebours, elle aurait été "perdue" en cours de production, avant.»

Et s'il est possible d'entendre un «I can feel it» par-ci et des «Moving on» et «Carry on» par-là, ce n'est toutefois pas parce que Dumas aspire à un virage vers l'anglais.

«Pour moi, ce n'est même pas de l'anglais, précise-t-il. Ça relève plus de sonorités et de textures, des "phrases" qui viennent de mon amour pour la soul. Avant, je les effaçais de mes maquettes et de mes premiers jets. Cette fois, j'ai décidé de les garder. On assume ou pas, quoi!»

Au terme de l'exercice de renouvellement, Steve Dumas assume que la musique demeure une véritable passion. Si bien qu'il n'aspire maintenant qu'à une chose: «J'ai vraiment hâte de remonter sur scène!»

Pour y aller >

  • OÙ? Salle Jean-Despréz
  • QUAND? 21 mai 2015, 20h
  • RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000 ; ovation.qc.ca
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