Marie-Élaine Thibert

Chanteuse en explosion

Marie-Élaine Thibert... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Marie-Élaine Thibert

Etienne Ranger, LeDroit

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La naissance de sa fille Marie-Félix a marqué plus d'un point tournant, dans la vie de Marie-Élaine Thibert. Non seulement la nouvelle maman a-t-elle dû apprendre à refaire une place à la femme en elle, par contre la chanteuse a lentement mais sûrement laissé elle aussi émerger une nouvelle femme... d'affaires.

Les changements s'avèrent d'abord visibles, lorsqu'on rencontre l'ex-académicienne de 32 ans. Marie-Élaine Thibert arbore une coupe de cheveux à la couleur vibrante, en plus d'avoir perdu près de 15 kilos.

« La femme en moi s'est retrouvée, s'aime de plus en plus et se découvre. Et le mari [le bassiste Rémi Malo] est loin de se plaindre ! » clame-t-elle dans un sourire rayonnant.

« Sur scène, je sais que tout ça paraît : je me sens plus légère et j'ai plus de tonus dans la voix », enchaîne-t-elle fièrement.

Mais le virage entrepris va bien au-delà de l'image que le miroir lui renvoie d'elle-même : elle a éprouvé l'envie pressante que son entourage et « [ses] enfants soient fiers » d'elle.

Marie-Élaine Thibert a donc décidé, cet été, de couper les ponts avec Musicor et Productions J, avec qui elle était associée depuis sa sortie de Star Académie, et de mettre sur pied sa propre compagnie, Met Productions.

« J'ai été la première surprise de ma réflexion et de ma prise de position, confie-t-elle. Quand Marie-Félix est entrée dans ma vie, mon instinct de protection s'est réveillé : je suis devenue une lionne. »

Cet instinct de protection, n'a-t-elle pas eu le réflexe de l'appliquer à sa propre carrière, en s'affirmant de la sorte ?

La principale intéressée prend quelques instants avant de répondre.

« J'ai sûrement voulu me protéger moi aussi, du même coup... soutient-elle, songeuse. En tout cas, c'est une démarche à laquelle je n'avais jamais songé avant l'arrivée de Marie-Félix, ça c'est certain... »

Toujours est-il qu'aujourd'hui, l'interprète cumule le chapeau de productrice et apprend les ficelles du métier « sur le tas ». C'est elle qui négocie maintenant les contrats avec ses musiciens, qui coordonne les séances de répétitions.

Son point d'équilibre tient à une répartition des charges entre productrice et interprète par laquelle elle se sent pleinement en contrôle. Au point où la première prend des notes quand la seconde fait réagir la foule.

« Je suis productrice à 60 % et artiste à 40 %. J'avais besoin de ne plus être juste chanteuse. J'avais besoin d'évoluer, d'élaborer mes projets, de prouver que j'étais capable de prendre en main les différentes 

facettes de ma carrière. »

C'est également elle qui a investi son propre argent dans les décors de son nouveau spectacle, Cent mille chansons, qu'elle viendra présenter au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, le 22 novembre prochain.

« Je me suis gâtée ! admet-elle les yeux pétillants. Tout devient tellement plus emballant quand c'est toi qui le crée ! »

Avec son équipe, elle a inventé et construit un décor avec des écrans HD qui forment le tronc et certaines feuilles d'un arbre, autant d'écrans qui serviront à divers types de projection pendant sa prestation.

À Gatineau, en plus de Mélissa Lavergne aux percussions et de Julie Themens au piano, Marie-Élaine Thibert sera accompagnée d'une violoniste et d'une violoncelliste.

« J'aime l'idée d'être entourée de filles ! » fait valoir celle qui ne montera pas sur les planches avec son mari à ses côtés.

La trentaine et la maternité ont sans contredit donné des ailes à Marie-Élaine Thibert.

« C'est en voie de devenir la décennie de l'épanouissement, de l'explosion, pour moi. »

Son actuelle tournée s'inscrit dans la foulée de son album de reprises de titres francophones ayant bercé son enfance. Cent mille chansons regroupe ainsi la pièce titre signée Eddy Marnay, Le plus beau voyage de Claude Gauthier ou encore l'hymne de La Guerre des tuques, L'amour a pris son temps.

Un tourbillon de projets

Elle entend la poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2015, en parallèle à ses spectacles de Noël, qu'elle continue à présenter. Au cours de la prochaine année, elle lancera également un album de berceuses, en lien avec le Salon de la maternité, paternité, enfants de Montréal.

« Depuis que Marie-Félix a 11 mois, elle chante, et elle le fait souvent au lieu de faire la sieste ! Au point où elle s'applaudit à la fin de chaque chanson, en attendant la suivante, raconte la maman en riant. J'ai donc eu l'idée de concevoir un album axé sur la détente, avec des ponts musicaux entre chaque chanson, histoire de déjouer ma fille et, qui sait, les enfants d'autres parents aux prises avec le même problème que moi ! »

Ce disque, elle le perçoit comme un « entre-deux ». Un projet pour lequel elle aimerait tâter de l'écriture, sans pour autant se mettre de pression.

Après ? Marie-Élaine Thibert prévoit prendre une pause de deux ans. Le temps, espère-t-elle, d'ajouter un deuxième bébé à sa famille. Et de consolider l'équipe de Met Productions pour « un projet particulier, qui ne sera ni un spectacle ni un album », dit-elle, à la fois lucide et mystérieuse.

« Je suis en train de bâtir ce qu'il faut pour créer des disques, mais je suis surtout en train de développer mon propre emploi dans un milieu en pleine mutation ».

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