Le Fred conteur en harmonie avec le chanteur

Le troisième album de Fred Pellerin, Plus tard... (Archives)

Agrandir

Le troisième album de Fred Pellerin, Plus tard qu'on pense, sortira mardi.

Archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Chanter et conter, pour Fred Pellerin, est affaire « de grosseur du boyau », soutient le plus sérieusement du monde celui qui s'apprête à lancer, mardi, Plus tard qu'on pense, son troisième album solo.

D'un côté, il sort la « hose du pompier » quand le conteur, « qui est un peu fou et gueule fort », monte sur scène.

De l'autre, il manie « le p'tit boyau du dentiste, tu sais, celui qui nettoie doucement la bouche après un traitement » quand il se retrouve en studio.

« La chanson a quelque chose de plus intime. Elle couvre des zones que je ne touche pas dans mes contes et permet d'exprimer plus de tendresse sans que ça devienne trop sirupeux. Je pense que ce côté plus doux donnerait un p'tit goût de bonbon cucul à mes contes... peut-être... »

Pourtant, l'une ne va pas sans l'autre et ce, depuis ses débuts.

« La chanson a toujours fait partie de mes contes. Elle rajoute un petit plus, par exemple quand je raconte la peine d'amour de Méo [dans De peigne et de misère] et que j'enchaîne avec Douleur, de Félix Leclerc. Le Fred qui chante est donc totalement raccord avec le Fred qui conte », fait-il valoir.

Les deux ont d'ailleurs un point en commun : « le jeu sur le mot », la création d'images pour véhiculer émotions et opinions.

Toutefois, ces voies d'expression ont une manière de s'incruster dans le temps qui diffère.

« Une chanson, c'est fixe, alors que le conte, lui, peut se moduler au gré de mes fantaisies, d'un soir à l'autre. Il faut donc en prendre soin, la faire belle, la chanson. Le souci de la forme se joue alors plus dans la précision, dans le dépassement du propos pour faire ressentir quelque chose. »

Ainsi, il se permet d'évoquer les blessures d'amour (Les couleurs de ton départ) et de prêter sa voix aux mots de René Richard Cyr, notamment sur De fils en pères.

« Pour moi, ce texte-là frôle la prière. Car j'ai beau être le fils de mon père, je suis aussi celui de tous ceux qui sont venus avant moi, que ce soit le poète qu'on enferma, une allusion à Émile Nelligan, ou encore le joueur de hockey sans aréna, qui pourrait bien être Maurice Richard. C'est une manière de dire que nous appartenons tous à une lignée, qui se poursuit par nos enfants ! »

Il reprend aussi les Cajuns de l'an 2000, écrite par Stephen Faulkner dans les années 1970 et « toujours pleine d'écho dans l'actualité d'aujourd'hui. Pour moi, cette chanson-là loge à la même enseigne que Mommy (sur l'album Silence) que j'ai reprise aussi, dans ses questionnements sur la langue, l'identité et l'appartenance ».

Chanter des personnages

S'il assume son côté plus tendre, cela ne l'empêche toutefois pas de s'amuser à se prendre pour un bum dans le western à la sauce spaghetti apprêté par David Portelance (Bang ! Bang !), ni de raconter Ovide Samson, son voisin de cour arrière aujourd'hui décédé.

« Sa maison jaune aux moulures jaunes, tu vas pouvoir la voir au coin des rues St-Paul et St-Pierre, si tu viens à St-Élie, précise-t-il. Ovide a entendu la première version de 'sa'chanson sur son lit de mort et on l'a jouée à ses funérailles. C'est devenu un hommage à ce grand homme, qui a pris toute sa charge, depuis... »

Des anecdotes ou souvenirs liés avec chacune des 12 pièces de Plus tard qu'on pense, Fred Pellerin en a. Et plus encore.

C'est combien ?, préface initialement écrite pour le collectif Libres d'apprendre - Plaidoyers pour la gratuité scolaire dirigé par Gabriel Nadeau-Dubois, a été retravaillée pour se greffer à son disque. Quand on lui fait remarquer qu'elle s'inscrit bien dans la foulée de De peigne et de misère, de par la marchandisation de l'environnement qu'elle soulève, il abonde.

« C'est vrai qu'elle pourrait être la finale du spectacle, quand je parle de la terre qui tourne autour du dollar et de la lumière qui n'appartient pourtant à personne parce qu'elle n'est pas chiffrable... »

L'artiste ne cache pas qu'il aimerait prendre la route avec ses chansons, mais son horaire ne le lui permet pas. Pas encore, du moins.

« Je commence à avoir le goût, c'est vrai, mais à court terme, c'est impossible. En même temps, ça me plaît quand même pas mal de penser que mes disques trouvent leur public sans passer par l'équation album-tournée, qu'ils ne pâtissent pas de mon absence des ondes commerciales et de la scène telle qu'on la perçoit presque comme un passage obligatoire. »

De toute façon, la chanson relève de la zone chuchotée, qu'il frôle de sa voix même s'il n'a « jamais appris à chanter », dans le studio de Jeannot Bournival, dans le noir, le soir tombé.

« Pour moi, elle n'a pas besoin de spots, ni d'une salle pleine pour briller. »

Partager

À lire aussi

  • Fred Pellerin : indicatif futur incertain

    Arts

    Fred Pellerin : indicatif futur incertain

    Il cache bien son jeu, le Fred Pellerin, avec sa paire d'yeux curieux et son sourire de vlimeux. Mais il est un « douteux ».Il a beau avoir vendu 260... »

  • Le temps est bon pour Fred Pellerin

    Week-end

    Le temps est bon pour Fred Pellerin

    À une semaine du lancement de son troisième album qui s'effectuera mardi soir à Montréal, Fred Pellerin était fébrile, en milieu de semaine, à l'idée... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer