Annette fait son effet papillon

Anette Campagne fait le pari du mode rock... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Anette Campagne fait le pari du mode rock et guitares électriques.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Son nom mutin, sa taille mannequin pourraient induire en erreur. Annette n'est pas une chanteuse-potiche, mais bien une auteure-compositrice de caractère, dans le microcosme de la musique fransaskoise. Avec son nouvel album, Papillon Amiral, dont le lancement a eu lieu hier à Ottawa, Annette prend le rock de vitesse. Et poursuit sa route en solo, affirmant un peu plus sa position de femme indépendante sur le mode guitares électriques et poétiques.

On ne s'étonnera donc pas de croiser une Calamity Jane parmi les titres de ses nouvelles compositions livrées en anglais et en français.

«De peine et de misère, à travers mes galères, j'ai gagné ma réputation», chante-t-elle sur les vibrations rythmiques d'un serpent à sonnette. Annette est bien placée pour en parler. D'abord connue en tant que membre fondatrice du groupe Hart Rouge, Annette Campagne quitte cette formation familiale après dix années de vie commune pour «voler de ses propres ailes».

«Il y avait une complicité précieuse entre mes frères et soeurs que j'avais l'impression de briser en partant», raconte-t-elle en entrevue. Besoin de plus d'espace, d'exprimer sans entrave son côté rockeuse «alors que le groupe prenait une direction folk».

La sage Annette brûlerait donc d'un feu intérieur, qu'elle livre avec délicatesse, et c'est ce qui fait son charme. Le métier aidant, la quinquagénaire prend paroles et partitions à bras-le-corps et les emmène vers de nouveaux horizons avec l'aide de collaborateurs (Gabriel Yacoub, les Chic Gamine ou encore Anique Granger).

Ce qui ne l'empêche pas de dévoiler une nature contemplative; il est souvent question de grands espaces dans ses chansons, de Terre Mère, de bonne étoile ou de danse sous la pluie.

On découvre ainsi un Papillon amiral mélancolique et clair, jamais cynique, qui n'a pas forcément la prétention de toucher le ciel mais s'ancre avec volupté dans le terroir de la Saskatchewan qui l'a vu grandir. À l'infini, Annette en redessine les contours: vents et rafales, paysages, ruisseaux, aux noms familiers car déjà chantés par le passé. «Mon père était agriculteur et j'ai grandi dans une ferme. Très jeunes, il nous a appris le respect de la terre», partage-t-elle.

Tableau aux perspectives fuyantes, aux points de mire toujours changeants, ce quatrième opus prend la clé des champs en Westfalia, dernier titre à écouter sur le disque.

Mais avant cette échappée belle finale, il convoque un décor du dehors et du dedans, tel un écrin naturaliste de mots impressionnistes suggérant des embrasements, des déchirements, des sentiments incandescents. Une alternance de rock à guitare, fort en gueule, à poigne, et d'une vraie douceur d'expression. «J'aspire à écrire des chansons qui élèvent l'esprit, positives, fait valoir Annette. J'ai confiance en l'humanité et je crois que l'on existe pour s'entraider.»

Reste à espérer que ce papillon-là provoque l'effet escompté.

Mcucchi@ledroit.com

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