La musique sans frontières d'Élage le griot

En solo, Élage Mbaye se pique de faire... (Etienne Ranger, LeDroit)

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En solo, Élage Mbaye se pique de faire une musique qui soit à la fois authentique - grâce à l'apport des instruments traditionnels sénégalais -, modernisée et métissée.

Etienne Ranger, LeDroit

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Sur son nouvel album, Diame, qu'il lançait cette semaine au Cabaret La Basoche, le musicien Élage, a «élargi [s]a palette».

Bien connu dans la région d'Ottawa-Gatineau, ce percussionniste a monté avec son frère le duo «presque rock» Jokko, a longtemps accompagné Mighty Popo sur scène (avant que ce dernier ne reparte au Rwanda), a enregistré quatre pistes avec le Souljazz Orchestra, a flirté avec le jazz au sein de Mo Sayk, et martèle les peaux au sein du Hootenanny, un quatuor versé dans la protest songs, où figure l'ex directeur artistique du Ottawa Folkfest, Chris White.

En solo, il se pique de faire une musique qui soit à la fois authentique - grâce à l'apport des instruments traditionnels sénégalais -, modernisée et métissée.

Contrairement à son premier album, il a intégré beaucoup de cordes, khalam (guitare à quatre cordes) et kora (harpe africaine), surtout.

«Je voulais faire quelque chose de différent. J'ai emprunté plusieurs influences et cultures, des styles du Ghana, du Nigeria, et même des rythmes du Congo et d'Afrique centrale, dans le style makossa. Il y a un peu de mbalakh [une musique sénégalaise très rythmée], mais je me suis retenu, car je préfère les choses calmes. On retrouve aussi de l'afrobeat. [...] Mais c'est, avant tout, du blues africain», explique Élage Mbaye, qui dit avoir été inspiré par le mélange des genres auxquels s'adonnait le groupe sénégalais Xalam, qui a connu une carrière internationale dans les années 1980.

Parachuté à Ottawa en 1986, à l'âge de 16 ans, El Hdji Mbaye (nom qu'il transformera en Élage) a aujourd'hui trouvé l'équilibre entre son boulot de fonctionnaire - «comme toute la famille de mon père ; un statut très prestigieux» - et sa job de musicien - «comme toute la famille de ma mère ; j'ai la musique dans le sang», témoigne-t-il.

Un autre Élage, celui des «Frères Diouf», ainsi que le rappeur Mamadou Sy, tous deux d'origine sénégalaise, ont chacun participé à une chanson de cet album enregistré en partie à Aylmer, avec Claude Naubert.

Fidèle à son héritage familial, car il est issu d'une authentique dynastie de griots, l'artiste essaie de proposer des «textes réfléchis». «Je chante toujours la réalité. Je parle de ce qui ne va pas dans le monde. Mais je ne suis pas un politicien, alors je constate, je n'attaque pas.»

Ses «poèmes», Élage les chante aussi bien en wolof, qu'en français et en anglais. «C'est une façon d'exprimer la diversité et mon métissage. Et aussi pour que les autres puissent apprendre quelques mots de ma culture.»

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