Le pari secret d'Émile Proulx-Cloutier

Si le fils des comédiens Danielle Proulx et... (David Boily, Archives La Presse)

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Si le fils des comédiens Danielle Proulx et Raymond Cloutier a accumulé les personnages sur scène, Émile Proulx-Cloutier a toujours fait de la musique.

David Boily, Archives La Presse

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Émile Proulx-Cloutier était en tournage de la comédie Boomerang, le 9 septembre, au moment de l'annonce des finalistes du prochain Gala de l'ADISQ.

C'est donc «par texto, à la fin d'une longue journée» que l'auteur-compositeur-interprète a appris qu'il avait récolté cinq nominations à titre personnel pour son album Aimer les monstres et le spectacle qui en découle, qu'il a lui-même scripté et mis en scène.

«J'essaie de maintenir une frontière étanche entre mes deux métiers et je m'étais délibérément coupé de toute interférence possible ce jour-là, même si je savais bien que l'annonce avait lieu... Quand j'ai reçu la très belle liste de mes nominations, c'est venu mettre un point final à ce petit doute latent quant à ma légitimité dans l'industrie: mes pairs m'ont ouvert les bras et ça me touche profondément», raconte-t-il.

Si le fils des comédiens Danielle Proulx et Raymond Cloutier a accumulé les personnages sur d'autres scènes (Toute la vérité à la télé, L'Autre Maison au cinéma, Ubu roi au théâtre, entre autres), il a toujours fait de la musique. Plus jeune, il rêvait de faire de la musique de film, rappelle celui qui sera de passage à la salle Jean-Despréz le 16 octobre.

«Peu de gens savent ça et comme je n'ai jamais voulu donner l'impression de débarquer comme un chien dans un jeu de quilles, ni de profiter d'un passe-droit médiatique, j'ai tenu à gagner ma place.»

Résultat? Sept prix au Festival en chanson de Petite-Vallée, en 2011, et quelque 80 prestations au compteur (dont plusieurs données avant d'avoir lancé son disque).

Pour le spectacle découlant d'Aimer les monstres, Émile Proulx-Cloutier a d'ailleurs fait preuve «d'autant de souci à créer des liens entre [s]es chansons qu'à les écrire». Ainsi, il cherche à mettre en contexte ses récits - par lesquels il se glisse notamment dans la peau d'une femme vieillie et amère chez qui un ancien amant vient cogner à la porte dans Le Tambour de la dernière chance - afin de stimuler l'imaginaire des spectateurs.

«Des fois, je présente une pièce en remontant à sa source d'inspiration. Des fois, en donnant un mini-indice sur le personnage dont il sera question. Je mets la table en dessinant la première image, et laisse ensuite les gens libres de se faire leur propre film.»

Entouré des versatiles contrebassiste Mathieu Désy et batteur Pascal Racine Venne, le trentenaire joue du pendule émotif, passant «du plus baveux et déconcertant au ton humoristique le plus bon enfant», mais aussi ratissant du duo acoustique piano-voix au funk, en passant par un «folk, limite country».

Autour des neuf titres d'Aimer les monstres se greffent huit inédites. Ces pièces originales, a priori «préservées pour le spectacle», histoire de permettre au public de rire, se retrouveront «peut-être» sur son deuxième album.

Artiste en garde partagée

Car «dans les minutes que la vie [lui] laisse», il travaille sur un deuxième opus, confirme-t-il, avant de préciser: «Aucune date-butoir n'est fixée!»

Entre musique et jeu, sans oublier son rôle de père, Émile Proulx-Cloutier compose avec un horaire chargé, que lui concoctent ses équipes de gérance et de relationnistes.

«Je suis chanceux: je suis un artiste en garde partagée entre des parents qui, dieu merci, s'entendent bien et qui m'aident à m'épanouir sur tous les fronts! Pour l'instant, ça m'évite donc d'avoir à choisir.»

C'est sans compter, renchérit-il, qu'il a «la chance» d'avoir une complice à la maison»: sa conjointe et cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette (Le Ring, Inch'Allah), qui «jongle» avec lui.

En lice pour cinq Félix

  • Révélation de l'année
  • Auteur ou compositeur de l'année
  • Album de l'année - Adulte contemporain
  • Scripteur de spectacle de l'année
  • Metteur en scène de l'année

Pour y aller >

  • OÙ? Salle Jean-Despréz
  • QUAND? Le 16 octobre, 20 h
  • RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000 ; www.ovation.qc.ca
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