Fumiaki Miura : le violon dans la peau

Fumiaki Miura en sera à sa première prestation... (Courtoisie)

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Fumiaki Miura en sera à sa première prestation à Ottawa.

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À 23 ans, Fumiaki Miura jouera pour la première fois sous la baguette de son « mentor », le maestro Pinchas Zukerman, les 5 et 6 janvier au Centre national des arts (CNA). Pour le violoniste soliste, il s'agira également d'une première prestation accompagnée de l'Orchestre du CNA, avec lequel il interprétera l'Introduction et le Rondo Capriccioso de Saint-Saëns et la Romance en fa majeur de Beethoven lors du concert qui donnera le coup d'envoi à 2017 pour l'OCNA.

« Ce sera une occasion vraiment spéciale pour moi, confie Fumiaki Miura, récemment joint chez lui, au Japon. J'ai déjà suivi des cours privés et des classes de maître avec Pinchas Zukerman, j'ai déjà eu le privilège de jouer de la musique de chambre avec lui, aussi, mais je n'ai jamais encore été dirigé par celui que je considère comme mon deuxième père. »

Les deux musiciens se sont rencontrés au lendemain du tsunami ayant dévasté le Japon, en 2011. Alors que plusieurs invités à un festival classique nippon annulaient leur participation, M. Zukerman (lui-même violoniste et altiste) a tenu à se rendre sur place avec sa compagne, la violoncelliste solo Amanda Forsyth, pour respecter son engagement. Fumiaki Miura a joué devant lui, à cette occasion. Depuis, il a bénéficié de nombreux conseils de celui qui a été à la barre de l'OCNA pendant quelque 15 ans.

« Il m'a énormément appris, que ce soit relativement à mes interprétations ou à ma manière de me présenter sur scène. J'espère seulement avoir le talent pour jouer comme lui jusqu'à 70, voire 80 ans ! »

Talent précoce

Or, le talent du Japonais a été rapidement détecté : à 16 ans, il est devenu le plus jeune violoniste à remporter le prestigieux concours international Joseph Joachim-Hannover, en 2009. Ce prix a certes confirmé qu'il était sur la bonne voie, mais Fumiaki Miura savait depuis plus longtemps encore qu'il jouerait un jour du violon.

« La légende familiale veut que, lors d'un concert auquel ma mère assistait, elle m'ait senti bouger pour la toute première fois dans son ventre. En fait, elle m'a toujours raconté que j'avais donné mes premiers coups de pied pendant le solo d'un violoniste dans une pièce de Beethoven, au cours de ce récital ! » 

Ainsi, le jeune Fumiaki avait trois ans quand il a commencé à pratiquer avec sa mère, qui aura été sa première professeur de musique. « À ce moment-là, ça demeurait un jouet. Et ma mère a été d'une grande patience ! J'étais un mauvais élève, parce que je préférais jouer au tennis et au baseball ! »

C'est à six ans qu'il a vraiment entrepris son apprentissage musical. Tout en continuant à frapper des balles, qu'il manie la raquette ou le bâton. 

« Si j'aime encore la musique et mon instrument aujourd'hui, c'est justement parce que j'ai eu la possibilité de faire autres choses, en parallèle ! » clame le violoniste qui, à défaut d'avoir le temps de jouer au tennis depuis deux ou trois ans, s'est tourné vers la natation.

Dans la foulée de sa victoire au concours Joseph Joachim-Hannover, Fumiaki Miura a dû s'expatrier à Vienne, où il poursuit sa formation auprès de Pavel Vernikov. « Ce n'est pas toujours facile, à l'adolescence, de prendre une décision aussi importante, mais ç'aura sans contredit été la meilleure pour moi. Tout déboule, depuis », soutient le soliste qui, au cours des dernières années, a joué aux quatre coins de son pays natal, ainsi qu'en Europe, au Mexique et aux États-Unis.

Il se prépare maintenant à fouler les planches du CNA. Si l'entraînement donne « la confiance en soi pour se présenter devant le public », il n'est toutefois pas question pour lui de passer sept à huit par jour à pratiquer. « Tenir une position aussi peu naturelle sur une aussi longue période de temps serait dangereux », mentionne-t-il.

De toute façon, il maîtrise le Rondo Capriccioso de Saint-Saëns, qui faisait déjà partie de son répertoire de compétitions quand il avait... 11 ans. « Et puis, j'ai déjà étudié cette pièce, ainsi que la Romance de Beethoven, avec Pinchas Zukerman. Ce sont des oeuvres qu'il a lui-même interprétées souvent, d'ailleurs, et c'est toujours rassurant, en quelque sorte, d'être dirigé par un maestro qui connaît aussi bien le programme. Tout ça me met en confiance, pour ces concerts à Ottawa, bien que je n'ai aucune idée de comment je me sentirai, quand je me retrouverai pour la première fois devant lui, en tant que soliste ! »

Pour y aller

Quand: Les 5 et 6 janvier, 20 h

Où: Centre national des arts

Renseignements: Billetterie du CNA ; 1-888-991-2787, ticketmaster.ca

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