Le virus Stradivarius

Martin Chalifour... (Courtoisie)

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Martin Chalifour

Courtoisie

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Invité du festival Musique et autres mondes, les 6 et 7 juillet, Martin Chalifour n'est pas tout à fait un violoniste comme les autres. Montréalais, il choisit de s'établir en Californie où il a été promu violon solo de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles, il y a plus de 20 ans.

Jouant sur un précieux stradivarius appartenant à l'orchestre et que l'on pourra entendre au festival, Martin Chalifour n'est en rien un fétichiste de l'instrument.

Il n'a ainsi pas hésité à remiser la pièce de collection qu'on lui avait confié un an après avoir intégré l'orchestre - «à l'époque, le stradivarius n'avait pas un réglage adéquat. 

Il sonnait comme un violon plus jeune : tout dans la puissance mais peu de subtilité,» explique le musicien.   

Avec cet instrument d'exception ayant appartenu au légendaire Fritz Kreisler, c'est une histoire d'adaptation permanente. 

Datant de 1711, il a bénéficié d'une cure de jouvence cette année : un chevalet flambant neuf et une nouvelle âme, ce petit cylindre d'épicéa calé dans la caisse de résonance. Sans doute y a-t-il donc un peu de la magie du luthier dans la renaissance de l'inestimable violon : «Il sonne mieux que jamais et peut désormais libérer l'artiste».

Un apprentissage permanent

Ces violons fabriqués il y a trois cents ans par Antonio Stradivari sont-ils des oeuvres d'art ou simplement des instruments de musique exceptionnels ? 

Martin Chalifour affirme que l'instrument demeure au service du musicien, et non l'inverse. Son approche du violon répond à un questionnement permanent «pour en faire ressortir toutes les couleurs». 

Il préfère taire la valeur de l'objet, arguant lui-même ne pas en connaître le montant exact. Ces instruments sont recherchés par les meilleurs interprètes mais également convoités par les collectionneurs individuels, ainsi que par de grandes entreprises qui recherchent de fructueux investissements et une activité de mécène. Résultat : leurs prix s'envolent tellement (plusieurs millions de dollars l'unité) que les artistes ne peuvent plus les acquérir. 

Martin Chalifour reconnaît que l'instrument de luxe qu'il a le privilège d'emporter en tournée constitue le porte-parole de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles. Seul bémol : les restrictions récentes aux douanes américaines qui renforcent le règlement concernant l'importation de bois précieux et compliquent le transport de ces instruments d'époque. 

Le 6 juillet à 19 h30, on pourra apprécier le jeu de M. Chalifour accompagné du jeune pianiste belge dans un récital conviant Mozart (Sonate en sol majeur), Beethoven (Sonate n° 7 en ut mineur, op. 30 n° 2) et Fauré (Sonate n°1 en la majeur) à l'Église unie Dominion-Chalmers. Le lendemain, dès 9 h 15, on les retrouvera au même endroit pour le matinal Café-concert : une célébration de Fritz Kreisler.

Pour y aller

Quand? Les 6 et 7 juillet

Où? Église unie Dominion-Chalmers

Renseignements? 613-241-0777; musicandbeyond.ca

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