I Lost My Talk résonne haut et fort

Tournée sur les rives de la baie Georgienne,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Tournée sur les rives de la baie Georgienne, décor naturel et spectaculaire s'il en est un, la vidéo de la danse était projetée sur des écrans et voiles installés sur les côtés, derrière les musiciens et au-dessus d'eux.

Etienne Ranger, LeDroit

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Quelque 30 ans après qu'ils aient été écrits par la regrettée poète mikmaque Rita Joe à la suite de ses années passées dans un pensionnat autochtone de la Nouvelle-Écosse, ses mots, I Lost My Talk, ont résonné haut et fort dans la salle Southam du Centre national des arts, jeudi soir.

Et ils ont été reçus par une longue et sentie ovation du public, qui incluait plusieurs dignitaires et représentants des Premiers Peuples pour cette première mondiale de la pièce inédite, dont quatre des enfants de Rita Joe, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde, l'ex-premier ministre canadien Joe Clark (dont la famille a financé la commande de l'oeuvre), le gouverneur général David Lloyd Johnston et l'une des commissaires de la Commission de vérité et réconciliation, Marie Wilson.

Si le concert présenté par l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) comprenait notamment le thème du film La Liste de Schindler de John Williams, de même que le très cinématographique Concerto pour violon de Korngold (livré avec beaucoup d'expressivité par le violoniste invité Daniel Hope), la pièce de résistance de la soirée a sans contredit été l'oeuvre inédite inspirée par le poème de Mme Joe.

Des trois pièces commandées par le nouveau directeur musical de l'OCNA Alexander Shelley depuis le début de la saison, I Lost My Talk est assurément celle qui a été le mieux servie par l'approche pluridisciplinaire et le volet multimédia préconisés par la productrice Donna Feore jusqu'à maintenant.

Par ailleurs, il faut également reconnaître que John Estacio a su composer une oeuvre d'une vingtaine de minutes plus accessible pour le public. L'Albertain a habilement su éviter les clichés dans sa façon de rendre toute la charge émotive du poème de Rita Joe, y compris dans les élans plus grandiloquents de sa musique.

La pièce misait également sur l'intensité nuancée autant que la présence affirmée de l'actrice kuna et rappanhannock Monique Mojica, qui prêtait voix (sur scène, où elle a récité son poème) et corps (dans la vidéo, dans laquelle elle l'incarne) à Rita Joe. 

La chorégraphie conçue par Santee Smith, qui met en vedette une dizaine de danseurs autochtones, a ajouté indéniablement à la puissance d'évocation d'I Lost My Talk. Tournée sur les rives de la baie Georgienne, décor naturel et spectaculaire s'il en est un, la vidéo de la danse était projetée sur des écrans et voiles installés sur les côtés, derrière les musiciens et au-dessus d'eux, créant du coup une impression de cocon enveloppant la musique, tout en lui répondant.

Ainsi, pendant que Mme Mojica faisait entendre les vers «I speak like you/I think like you/I create like you», les regards de la dizaine d'interprètes, s'inscrivant en gros plans sur les écrans, farfouillaient directement l'âme des spectateurs. Cela dit, le visuel projeté en superposition sur les rideaux côtés cour et jardin s'avérait plus difficile à apprécier à sa juste valeur pour les gens qui n'étaient pas assis au centre de la salle.

Servie en guise de solide entrée en matière, en première partie du programme de la soirée, la Symphonie no 9 de Chostakovitch avait auparavant permis à la flûtiste Joanna G'froerer ainsi qu'aux clarinettistes Kimball Sikes et Sean Rice de se faire valoir, mais, plus encore, au basson solo Christopher Millard de briller lors de ses solos.

I Lost My Talk sera de nouveau présenté lors du vendredi décontracté.

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